Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #575 : L’Illusion de la Souplesse Pure

Kano est pour moi l’un des esprits les plus brillants du $20^e$ siècle, et pas seulement dans le domaine des arts martiaux. Dans l’un de ses écrits, il précise une chose que nous avons tendance à oublier, peut-être parce que notre esprit a validé l’idée selon laquelle nous devons systématiquement « utiliser la force de l’adversaire ». Cet accompagnement passif de la force et cette surestimation de la souplesse ne correspondent pas à la pensée profonde de Kano.

Il met en avant le fait qu’une personne peut être plus forte et même — et cela, si vous pratiquez des styles de grappling, cela va vous parler — rester totalement statique. Le « Ju Yoku Go Wo Seisu » (la souplesse maîtrise la rigidité) n’est qu’une infime partie de la théorie des Jujutsu des temps anciens.

En tant que grapplers, nous comprenons tous empiriquement que oui, il faut prendre en compte les capacités physiques et la force. Il s’agit de les exploiter de manière optimale, que nous soyons tori ou uke, et par extension, d’éviter l’excès de souplesse comme réponse absolue à tout, ce qui reviendrait paradoxalement à une forme de rigidité à la fois psychique et physique.

Mais là où Kano est génial, c’est qu’il nous conseille de nous concentrer sur « le meilleur emploi de l’énergie physique et mentale » (Seiryoku Zen’yo). L’idée est bien sûr de maîtriser sa technique, mais également d’apprendre à utiliser ses propres qualités physiques de façon optimum, tant d’un point de vue technique, tactique que stratégique, l’esprit devant être en parfaite synergie avec le corps.

Nous aimons le Jiujitsu, mais les discours théoriques ont parfois tendance — car dans la réalité du monde physique, c’est souvent bien différent — à oublier le Go (le dur, le solide) dans notre dynamique.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

Martial Reflections of an Hypnofighter #574 :The Illusion of Pure Yielding

Kano is, in my view, one of the most brilliant minds of the 20th century, and his impact extends far beyond martial arts. In one of his writings, he clarifies a point that we tend to overlook, perhaps because our minds have universally accepted the cliché that we must always « use the opponent’s strength. » This passive yielding to force and the overestimation of softness do not align with Kano’s actual philosophy.

He highlights scenarios where an opponent is stronger and even—a situation that will resonate deeply with anyone practicing grappling styles—remains completely static. “Ju Yoku Go Wo Seisu” (Softness controls hardness) represents only a minuscule fraction of the ancient Jujutsu theory.

As grapplers, we all understand empirically that physical capacities and raw power must be accounted for. They must be exploited optimally, whether we act as tori or uke. By extension, we must avoid treating excessive yielding as a universal panacea, which would paradoxically lead to both mental and physical rigidity.

Where Kano’s genius truly shines is in his directive to focus on the « maximum efficient use of physical and mental energy » (Seiryoku Zen’yo). The objective is certainly to master technique, but also to learn how to utilize one’s own physical attributes optimally across technical, tactical, and strategic dimensions, ensuring the mind operates in perfect synergy with the body.

We love Jiujitsu, but theoretical discourses often tend—since the physical reality of combat is usually less accommodating—to purge the Go (the hard, the solid) from our operational dynamics.

Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

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