Extrait de l’essai 15-Apprendre le Système TPA / Chapitre 3 : Permettre

Extrait de l’essai 15-Apprendre le Système TPA
2014
Disponible sur https://goo.gl/ovXu5C
Chapitre 3 : Permettre

La permission est possible si nous avons pris conscience de différents éléments, comment pourrait-on être acceptant d’une situation si nous n’avons même pas la pensée qu’elle puisse poser un blocage.
Je reprends des réactions de patients qui en cabinet, dans un premier temps, viennent parce que tout va bien et qu’ils n’ont aucun problème spécifique, mais qui ne se sentent pas au top à cette période ci.
Pour eux la vie est normale, il n’y a pas de quoi se prendre la tête, et c’est sûrement passager. Je le sais d’autant plus que j’ai encore ce type de réaction même en travaillant sur moi.
Seulement après quelques minutes d’écoute et de questionnements, il commence à donner différents éléments, qui, une fois prononcés hors du cadre habituel des amis et de la famille, semblent plus dissonants.
Cette phase de ‘tout va bien’, se clôt souvent en fin de première séance avec un ‘il y a du boulot avec moi’. Cette première idée est le départ d’une démarche, parfois qui ne sera continuée que des années plus tard.
En effet, s’il y a une chose que je peux affirmer maintenant c’est que si nous commençons à nous poser des questions… nous ouvrons la boîte de Pandore.
C’est assez désagréable de s’en rendre compte, de se rendre compte que nous étions persuadés que tout était au mieux dans le meilleur des mondes, pour en arrivé à … moi aussi je ne suis pas au mieux.
Il ne faut pas voir cette dynamique comme négative, par contre elle est assez contraignante. Nous n’avons plus d’échappatoire avec nous-mêmes.
Il y a donc cette compréhension qu’il y a des choses à travailler.
Prenons du concret, hier j’ai eu un patient qui, venant en cabinet sur le conseil d’un ami, s’est retrouvé à me dire qu’on lui a envoyé un sort pour que sa vie ne soit qu’échecs.
Après lui avoir expliqué ce que représentent l’hypnosophie et les différentes méthodes de Crosstherapy, j’ai compris que la personne était perdue.
Elle commençait à angoisser, ce qu’elle m’a confirmé, parce que pour elle, ça n’avait rien à voir avec ses problèmes.
Après un long moment de questions réponses, la personne s’est arrêtée, surprise d’avoir exprimé autant de choses qu’elle n’avait jamais exprimées avant, parce que personne ne l’avait jamais écoutée.
Cette prise de conscience, l’a entraînée directement dans une tolérance de l’idée que son mal-être provenait certainement d’autres choses.
Son visage et ses postures ont complètement changé. Elle avait ouvert sa boîte de Pandore et en même temps au travers de ce qui lui semblait si minime, s’est offert le droit de se découvrir aussi.
Cette première phase allant certainement se poser dans les séances à venir, nous pouvons penser qu’elle approchera la tolérance d’avoir, entre autres, jamais été écoutée.
Vous comprenez bien que cette idée, une fois comprise, n’est pas directement acceptable.
Se laisser le droit de se voir comme effacé, jamais pris au sérieux, jamais cru, puis celle de ne jamais avoir osé prendre sa place, éveillent des perceptions qui peuvent paraître très destructrices dans un premier temps.
C’est dans ce cas que la tolérance de l’idée, la juste possibilité que cela puisse faire partie de lui, est une possibilité psychique apaisante, parce que l’on peut se dire que l’on s’est trompé, que ce n’est pas réellement ça, mais que l’on peut aussi garder un oeil dessus.
Selon le type de thérapie que nous proposons, soit le praticien, soit le patient prendra la décision de venir dessus.
D’après ce que j’ai pu observer, la permission est possible quand il y a une juste représentation de ce que nous vivons.
Sans excès, sans déni, dans une présence plus équilibrée.
De la distance excessive que nous avions prise sur cet aspect de nous, qui pouvait troubler, nous nous sommes rapprochés pour davantage l’apprendre.
C’est un peu comme si vous imaginiez une soucoupe volante qui tombe dans votre jardin. On peut être curieux et se dire que c’est sûrement intéressant, il y a comme une hésitation quant aux réactions à avoir.
Dans cette situation nous savons que nous avons un ‘truc’ au fond du jardin, ce n’est pas pour autant que nous nous précipitons, surtout si vous pouvez imaginer des bruits étranges, des ombres étranges et des voix.
Nous sommes dans cette première étape dont nous ‘tolérons’ autant que possible le problème. Puis après nous être armé d’une poêle, d’un club de golf au d’anti-moustiques, nous nous décidons à sortir.
Nous arrivons symboliquement à la permission. Nous nous approchons, nous prenons en compte que de toute façon, nous y sommes et nous ne pouvons pas éviter. Vous comprenez aussi que cela peut mettre en avant un paquet d’évitements.
Nous trouver des excuses, appeler la police, nous faire un sandwich (on ne sait jamais on pourrait se faire enlever).
Cette approche pour se retrouver en face et se permettre d’y aller, comme permettre l’existence de cette soucoupe, offre un nombre de possibilités extraordinaires.
Je l’admets aussi, nous pouvons nous faire pulvériser par le blaster laser… au pire, dans la thérapie, cela signifiera que nous restons dans nos schémas et nos schémas passés. Rien de méchant par rapport à nos Extra-terrestres de jardin.
La permission est un rapport plus neutre, ce n’est pas regarder de haut les choses où les prendre à distance, mais réussir à ne plus se laisser entraîner dans des émotions excessives.
Nous ne nous perdons pas dans nos peurs, nos angoisses, mais également dans nos fausses croyances, comme tout le monde il est beau et gentil, tout le monde devrait s’aimer.
Dans un réalisme accueillant nous avançons et nous permettons d’autres façons de fonctionner.
Il y a de nombreuses prises de conscience et des droits de devenir qui nous sommes. Nous sommes passés de la phase du juge terrible et difficile avec nous-mêmes à un être plus clément et plus défendant.
C’est une forme de délivrance qui peut vraiment offrir l’image d’une sortie de notre prison intérieure, d’une tension et d’une oppression. Il peut y avoir des larmes, des cris, des rires, de la joie, mais parfois aussi une peur de se rendre compte que son principal ennemi a pu être soi.
A ce niveau, le patient a ouvert une porte, celle de la prison est symboliquement intéressante, parce que pour beaucoup nous sommes les principaux bourreaux de nos vies. Mais aussi les gardiens de notre geôle intérieure.
En effet, il est facile de s’imaginer constamment persécuté ou blessé par un père ou une mère, un frère ou une sœur, une femme ou un mari, un fils ou une fille.
Pourtant en les voyant comme les responsables de vos maux, vous ne vous permettez pas de découvrir que même s’ils ont pu vous mettre dans une situation empoisonnante, c’est vous qui faites le choix, au quotidien de rester dans cette cellule intérieure.
Cette voie de changement est une permission à LA vie et à la liberté. Celle de devenir responsable de sa vie et de ses choix.

Be One
Pank

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