Extrait de l’essai 35- le pouvoir de la louze : et pourquoi ne pas devenir un bon loser ?

L’image contient peut-être : chat, texte qui dit ’Et pourquoi ne pas devenir un bon loser? LE POUVOIR DE LA LOUZE* CHRISTOPHE PANK’


Fev-2018
Disponible : https://cutt.ly/zhQ9IIx
2/ L’apprentissage
Comme vous avez pu le constater, je ne suis ni doué, ni plein d’aptitudes. Avec les années, je me suis rendu compte qu’au travers de ces ‘défauts’ j’ai pu développer mes plus grandes qualités. J’ai commencé à me sortir de ces blocages lorsque j’ai compris que l’on ne me demandait pas de réfléchir, mais simplement de ressortir ce qui avait été proposé par un auteur ou un professeur. La plupart des grandes réussites scolaires appartiennent à des élèves qui parviennent à faire des copier-coller de ce que les enseignants proposent. C’est d’ailleurs une chose qui m’agace encore aujourd’hui quand j’enseigne, que ce soit en psychopratique ou dans les arts martiaux. Notre système actuel n’ouvre pas les jeunes et les moins jeunes à intégrer les éléments avec ce qu’ils sont et ce qu’ils ont comme qualités spécifiques. Nous sommes dans une démarche d’uniformisation des systèmes de pensée. En PnL, ils cherchent à modéliser, c’est-à-dire à comprendre les stratégies internes des individus dans la réussite, pour les apprendre et les répéter. La confusion la plus régulièrement faite, à la fois dans notre système d’apprentissage et dans la PnL, c’est de singer et répéter sans comprendre les concepts et les stratégies. Étant inapte à un apprentissage par coeur, voire même à une compréhension des choses trop longues, j’ai pu apprendre à synthétiser, en quelques mots ou phrases, des notions données sur plusieurs pages.
Le problème, c’est que durant ma scolarité cela n’a pas trouvé de valeur jusqu’aux études supérieures, où là c’est devenu une qualité. Un des éléments bloquants pour un apprenant est le ‘devoir’ de bien faire (dans la norme proposée).
Nous sommes depuis notre enfance dans cette fonction binaire : bien et mal. L’ensemble de nos processus de vie sont binaires, d’ailleurs mêmes les messages que nous avons envoyés dans l’univers, pour éventuellement se faire comprendre par une autre forme de vie, sont codés en binaire. Tout est basé en zéro et un, le jour et la nuit, le chaud et le froid… Bien sur, il existe des variations qui naissent de ces constances premières. Tout comme la spiritualité/religion met la pression à ses adeptes avec le paradis et l’enfer, le sain et le malsain, le dieu et le démon, nous sommes conditionnés à nous orienter vers la lumière, vers le bon, vers le bien. Cela va donc pousser l’enfant, puis l’adulte, à la réussite, au succès, et toujours à une accumulation de plus, voire de mieux. Il y a la conséquence naturelle de cette démarche : la compétition. Être, faire ou avoir mieux que son voisin, jalouser, désirer… Nous avons donc singé le succès, les premiers de classes, les majeurs de promotion, les élites de nos systèmes. Puis en s’ouvrant un peu aux success stories de nombreuses personnes, il y a une récurrence, dont on ne nous parle que très peu pendant nos apprentissages et nos notations, le nombre d’échecs subis par ces ‘grands hommes’. Dans notre recherche d’avoir une ‘bonne’ note, d’être dans les ‘meilleurs’ de notre classe, nous n’avons pas donné de valeur et de qualité aux échecs. Nous n’avons que rarement eu un enseignement sur comment chuter, comment se relever.
C’est intéressant, parce que Sensei Kano, un génie de l’éducation, qui a entre autres créé le Judo, a mis très tôt dans son école de Jiujitsu, un système qui n’a pas été enseigné jusqu’au début du 20e siècle, nommé Ukemi. C’est l’équivalent d’un brise chute. Apprendre à tomber, dans ce cas-là, celui des arts martiaux, suite à une projection. Comprenez bien l’idée de la projection, c’est entraîner de la façon la plus violente possible un partenaire pour qu’il aille s’écraser au sol.
Nous ne sommes pas dans une simple chute, mais dans un impact qui recherche une blessure. En enseignant, comme technique de base, à ses élèves à ‘chuter’ sans se faire mal et donc leur permettre de se relever, Kano a offert un superbe cadeau à ses élèves. Aujourd’hui, tomber, chuter, perdre, ne pas réussir, se faire battre, semblent être des passages particulièrement difficiles pour de nombreux contemporains. Ils ont appris à toujours aller vers le succès, la réussite, le bien, le bon et le positif. A aucun moment, ils ont intégré le programme d’échec et surtout à tomber ‘en douceur’. Quand on est tombé ou que la vie ou un partenaire nous a projeté mille fois, et que nous sommes toujours capables de nous relever, nous avons de fortes chances de toujours pouvoir revenir sur le terrain. Gamin, je me battais souvent, un jour j’ai rencontré un judoka et physiquement il était en tout point supérieur à moi, même techniquement il n’y avait pas photo. Je lui ai proposé un combat au premier qui abandonne… Je me suis fait projeté un nombre incalculable de fois sur le béton, et dans ma tête (de mini catcheur), je me relèverai tant que je pourrai. Après un long moment, il abandonna… il en avait raz le bol de me projeter et que je me relève.
C’est un apprentissage particulièrement utile de savoir que chuter, s’écrouler ou tomber, ce n’est pas une fin, juste une étape…
Pank

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