Réseaux sociaux vs Médias

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Le titre n’est pas le plus parlant, néanmoins je ne souhaitais pas faire un article qui accroche sur la politique après cette période de surabondance de posts ou de tweets orientés pour/contre un candidat voire un mouvement.

Je partage une réflexion sur le peu d’influence que les réseaux sociaux ont pu avoir sur les choix politiques et plus généralement dans nos vies, au travers du filtre des leviers de manipulation de Cialdini.

Au regard des différents résultats des deux tours et de l’ensemble des e-diatribes que j’ai pu lire grâce à mes deux compte FB (+3500 liens), j’ai constaté que l’impact des réseaux  par rapport à la télévision, radio ou presse, est vraiment très relatif.

Sur les réseaux sociaux, ce que vos proches et les personnes qui vous sont plus distantes (les connexions) expriment, vous n’y prenez que peu d’attention (cause de saturation de l’information), tout au plus vous êtes en posture d’enfant et vous réagissez (principe de non-choix). Pour celui qui poste, il obtiendra un stroke avec des interactions virtuelles, néanmoins peu nourrissant pour l’être, cela peut d’ailleurs entraîner à en vouloir toujours plus, quitte à en devenir addict. Et pour le lecteur, c’est encore une information supplémentaire dans son quotidien. Cela devient plus rarement une suggestion, la transe FB n’étant pas vraiment la plus ouverte et équilibrée.

Le réseau social fonctionne sur l’effet mouton (principe de consensus), c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il nous propose de voir le nombre de partages et de vues. Plus le nombre est élevé et plus il y a de chance que nous partagions, simplement parce que nous validons le groupe et nous le suivons. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a des buzz. Combien parmi nous, ont relayés des informations, des vidéos qui étaient des hoax, sans avoir pris quelques minutes pour vérifier l’information ? S’il y a eu 10 000 partages, c’est que ça peut ( doit ?) être vrai donc je clique. Nous l’avons vu pendant cette période électorale avec son nombre de vidéos ou textes superbement réalisés dans une optique de propagande. Ces contenus seront relayés par des ‘community manager’ qui l’enverront d’abord à ses soldats qui eux mêmes les propageront, augmentant ainsi le nombre visible de relais. Le document arrivera sur notre flux d’actualité, par le biais d’un de nos ‘amis’, si en plus s’il y a rajoute un petit commentaire, il y a des chances que l’on se penche sur l’information, ce qui donnera une vue en plus. Si cela touche notre émotionnel, alors on partage, soit pour critiquer, soit pour valider… et nous faisons le jeu de la propagande. Pensez à ce concept marketing. Que ce soit en bien ou en mal, l’important est que l’on parle de vous.

L’effet de masse est certes important sur internet, mais il reste extrêmement fragmenté, comme tout le monde peut s’exprimer, il y a de nombreux groupes et tendances, les informations se contredisant en fonction des factions. La télévision et les médias majeurs, eux par contre ont un discours commun et touchent des millions de personnes avec un seeding constant. Un message ‘unique’ vers un groupe important vs multiple messages vers un groupe moins important, il est facile de savoir qui sera le plus influant.

Le paradoxe du réseau social, c’est de faire croire que tout le monde peut devenir une figure d’influence alors que le fait que chaque personne puisse dire ce qu’elle pense, diminue la valorisation de ceux qui peuvent être considérés comme tel. En somme, les véritables experts et spécialistes de différents domaines sont remis en question par des personnes qui pensent connaitre sans le savoir qui va avec. Les commentaires, les blogs et tous les merveilleux outils que nous avons à disposition, confusionnent voire saturent les lecteurs et l’émotion reprenant le dessus, les arguments s’effilochent pour finir en insultes de l’autre et de ses mots. Sur les médias majeurs, nous avons des spécialistes (ou vendu comme tel) qui permettent d’avoir une figure d’autorité reconnue ( le fameux ‘vu à la tv’ ou un CV impressionnant), offrant des suggestions fortes et posées. Entre 1000 points de vues et un ou deux posés puis relayés, notre cerveau qui cherche le minimum d’effort pour le maximum d’efficacité, va certainement se tourner vers le référent. Si vous en doutez, combien de fois pensiez vous avoir tout compris en lisant un ouvrage d’un sujet, ce dernier devenant votre référence de réflexions et de pensées. La référence est ce qui fait que nous respectons une médecin avec sa blouse par exemple.

Les réseaux sociaux nous saturent, on le voit avec le nombre de messages post élection qui soulignent qu’on n’entendra plus parler en boucle de politique pendant 5 ans sur FB. Il y a un levier puissant qui est la rareté. Les réseaux offrent de quoi se gaver. Si on prend un travailleur lambda, il regardera peut être une fois les informations à la télévision (le 13h ou le 20h) pour peut être 5-10 fois sur facebook ou twitter pour lire les notifications et les flux d’actualité. On pourrait penser que la répétition serait un élément fort pour faire rentrer dans le subconscient des informations (seeding), cependant je pense que la transe du quotidien FB n’est pas suffisamment ouverte et surtout les nouvelles ‘informations’ sont trop nombreuses, sans rareté pour nous mettre en état de réceptivité.

J’étais vraiment curieux de savoir si les appels à l’abstention que je voyais dans tous les sens allaient jouer sur les statistiques et pourtant, elle n’a pas été supérieure à 1969, c’est à dire bien avant l’internet. Je sais bien que de nombreux autres facteurs sont à prendre en compte, seulement, je pense que la plupart des vrais leviers d’influence ne sont pas mis en pratique. Cela démontre également que les grands médias restent bien dirigés avec une connaissance de la psychologie sociale. Deux hypnothérapeutes (Kevin Finel et Jean Dupré) de l’Arche avaient proposé l’idée que ‘la démocratie est sous hypnose‘, ils ont certainement raison. A mes yeux, si nous souhaitons utiliser les réseaux à plein potentiel, nous devrions reprendre les bases des leviers d’influence ou de nos motivations de partage.

Be One

Pank

 

 

 

 

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