Réflexion sur le Rapport

planete

 

Je voudrais revenir sur le sacro saint rapport. Dans ma réflexion je ne pars que sur mes expériences et de quelques échanges que j’ai eu avec des praticiens et ‘thérapeutes’.

Je sais que dans la majeure partie des systèmes que j’étudie et pratique, les enseignants nous expliquent à quel point le rapport est la clef. En énergétique, ils préfèrent parler d’intention.

Je me suis aperçu que le rapport est par définition en place dès que nous avons un contact avec notre client.

Après nous pourrions catégoriser en :

  • Rapport Bienveillant
  • Rapport Malveillant

Le terme Malveillant est un peu fort mais je vais quand même le garder.

La plupart des thérapeutes mettent en avant le Rapport Bien veillant comme étant le moteur de la thérapie, la clef de voûte.

On m’a même dit que des études révélaient que même des praticiens ‘techniquement peu compétents’ mais ayant une ‘intention positive’ et un rapport positif avec son client, avaient des résultats positifs.

Beaucoup de mes confrères mettent avant même les techniques sont d’un importance mineure parce que un bon rapport pourra apporter la clef du mieux être.

Même en Provovatif, mes professeurs mettaient en avant ce point clef, créer un rapport bienveillant pour se permettre d’aller à bousculer le monde des croyances de notre partenaire.

J’ai testé avec certains de mes patients, très souvent réfractaires à venir, envoyés par la familles ou les amis et étant dans la défiance, un rapport ‘malveillant’. Je suis parti du principe que le gars vient me faire perdre mon temps, qu’il est juste là parce qu’il fait plaisir à du monde, je n’allais pas me prendre la tête avec.

J’imagine que là, il y a un paquet de ‘thérapeutes’ qui doivent me trouver lamentables. Et je peux vous comprendre, mais quitte à perdre sa séance autant que je puisse utiliser ce temps pour l’étude, et sortir des dogmes que trop peu remettent en cause.

Je partais du principe du médecin, nombres d’entre eux se fichent royalement de leurs clients, il y en a un autre qui va arriver dans 20 min… 15 min en général. Pourtant, l’impact sur les patients, en bien ou en mal, est flagrant.

Combien de médecins insèrent des idées ( suggestions) à leurs clients qui parfois construiront une maladie ou inversement retireront son mal avec un simple placebo.

Donc pendant mes rapports ‘non conformes’, je ne suis pas du tout dans l’accueil, très souvent le transfert se fait souvent, je représente la personne la plus ‘dégueulasse’ de leurs vies. Je ne suis pas empathique à ces moments là et juste dans une analyse.

Il y a bel et bien rapport, pourtant rien de doux, rien de forcement très respectueux. Je me souviens même plus jeune d’avoir été très dénigrant envers la pathologie.

Pourtant sur les feed backs que j’ai eu, soit avec la personne qui me l’avait envoyé, soit parfois même avec le client, quelques années plus tard, étaient positifs. La plupart ont réglé leurs problèmes mais me disaient que je leurs faisais peur.

Dernièrement, une personne que j’ai régulièrement n’avait pas fait le moindre le travail proposé et revenait parce que son problème était revenu. Comme la plupart du temps j’allais la virer de mon cabinet, en l’orientant vers une personne qui lui correspondrait plus. Puis, je me suis dit que j’allais ‘tester’. Mon rapport était très agressif. Et toute la séance, la personne m’expliquait qu’elle ne comprenait plus rien, qu’elle voulait partir, je l’invitais même à le faire. Elle a fait une crise émotionnelle intense, puis après avoir orienter cette transe vers une transe apaisante. Elle m’a regardé et m’a signifié que quelque chose de très fort venait de sortir d’elle.

Pourtant je ne répondais en aucun cas aux critères du thérapeute.

J’accepte l’idée que le rapport bienveillant est un point important et facilitateur du changement de l’autre. Par contre ce dogme de bienveillance je le trouve très hypocrite. C’est également estimer qu’en enchaînant ses journées de travail, en vivant les maux et les malheurs des autres, qu’en vivant aussi sa vie et ses maux, nous praticiens nous réussissons à être dans une énergie d’amour et de bienveillance avec tout le monde.

Vous arrivez à être dans la même énergie avec une personne en phase terminale du cancer et une autre qui vient de rompre avec son ami qu’elle fréquentait depuis 2 semaines ?

Nous aimons donner l’image des thérapeutes zen, bons, justes et dans la bienveillance. Pourtant quand nous sommes entre nous, entre praticiens en formation, nous voyons bien nos failles, nos faiblesses, nos maux encore ouvertes. Pourtant nos blessures sont là, nous vivons des séances dans lesquelles nous avons mal, nous avons des retours émotionnels. Quand nous ‘estimons’ que la séance qui suit, dans notre monde de ‘valeurs’, est ‘moins’ importante, ne sommes nous pas dans un état de ‘bienveillance’ bien différent ?

Je reviendrai plus tard sur une réflexion à ce sujet.

Ces quelques mots pour partager des réflexions et surtout des retours d’expérience sur ce qu’est le rapport. Je ne dis pas que la posture à prendre doit manquer de bienveillance…Avez vous déjà été dans cette posture ‘malveillante’ ?

Pank

 

La peur

scooby

 

La peur est un élément qui bloquera facilement une session d’hypnose.
La peur nous impose à vouloir contrôler, à se mettre en dissociation vis à vis de la séance, à se saboter.
La peur est là des le départ dans une rencontre hypnotique. Même les clients qui viennent avec une belle image de l’hypnose garde une grande peur. Combien de fois avez vous remarqué que votre partenaire tremble ?
La peur empêche d’entrer dans des états profonds comme le somnambulisme ou le coma.
Nous n’avons pas confiance, en l’autre, en l’environnement, en nous même et en ce qui pourrait ressortir de la séance.
Si nous reprenons les notions Elmaniennes, il n’y a de session juste que lorsque notre partenaire est au niveau somnambulique. Hors beaucoup de personnes se ‘retiendront’ pour ne pas lâcher et se lâcher. Pour ne pas prendre cette reprogrammation. Menant à un sabotage d’une partie de la session.
La peur du changement, la peur de se rendre compte qu’ il faut rendre les bénéfices secondaires d’une pathologie. La peur d’admettre que l’on a changé, parfois la peur même d’être ‘comme tout le monde’.
Cela peut être tellement flatteur pour l’égo, de ne pas pouvoir s’en sortir. Cela fait peur de changer de comportements, d’apprendre à devoir s’adapter à de nouvelles interactions avec le monde.
La peur est un beau levier de l’immobilisme. En ce cas le rapport devient l’outil choisi par de nombreux praticiens pour retirer cette peur. Une confiance de ‘confier’ son subconscient au praticien, une confiance que le changement se fera à un rythme gérable par le client. Un bon rapport permet une séance réussie, m’expliquaient certains de mes professeurs.
Peut-être… En tout cas il joue sur la peur…