Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #257 : S’éduquer à l’histoire de nos styles

 Cet article explore l'importance de connaître l’histoire de nos styles martiaux pour comprendre les techniques et la culture qui les entourent, tout en questionnant la place de cet enseignement dans la formation des pratiquants.

Nous avons tous des disciplines martiales qui ont une histoire. Même si le professeur a développé sa propre forme, il y a derrière lui un style qui lui a été enseigné et partagé. On peut créer un nouveau style de karaté ou de jiu-jitsu, mais le karaté restera une discipline d’Okinawa, avec son infinité d’histoires, tout comme le jiu-jitsu restera une école japonaise.

En observant la nouvelle génération de pratiquants qui publie sans cesse sur les réseaux sociaux, je remarque leur incroyable passion, abondamment documentée par tout ce qu’ils font lors des entraînements ou des combats en compétition. Ils parlent de défis entre écoles et styles, mais… ils ignorent tout de l’histoire de styles aussi récents que le BJJ ou le MMA.

Ils confondent lutte et judo, et critiquent les commentaires de personnes qui relatent des faits historiques, car cela ne correspond pas à la propagande des réseaux sociaux. C’est à la fois amusant et regrettable pour l’avenir des styles.

Nous avons des formes de jiu-jitsu sportif ou de combat libre actuelles grâce aux époques, aux intentions et aux récits qui les ont façonnées. De même, le Krav Maga ou les arts martiaux philippins ont évolué au gré des époques et des populations qu’ils ont rencontrées. Connaître ou, plutôt, s’intéresser à l’histoire de nos écoles et styles permet de comprendre pourquoi nous appliquons telle ou telle technique.

Ou pourquoi il est parfois tabou ou mal vu de pratiquer certaines techniques. Je pense, par exemple, aux clés de jambes, longtemps considérées comme la « clé du pauvre » en jiu-jitsu. La culture dans laquelle un style s’est développé nous éclaire également sur certaines pratiques. Par exemple, un Russe ne salue pas comme un Japonais, bien que le sambo soit issu du Kodokan Judo, en plus des luttes nationales.

Est-ce que cet enseignement, qui me paraît évident, n’intéresse pas les pratiquants ? Devrait-il néanmoins être dispensé lors des cours ? Est-il nécessaire de connaître l’histoire et les raisons pour lesquelles tel ou tel système fonctionne selon des logiques théoriques et des formes pratiques afin de rendre les pratiquants plus ouverts à leur discipline ?

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Prenez uniquement ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #257: Educating Ourselves on the History of Our Styles

All martial disciplines have a history. Even if a teacher has developed their own form, there is a style behind them that was taught and shared. One can create a new style of karate or jiu-jitsu, but karate will always be a discipline from Okinawa with its countless stories, just as jiu-jitsu remains a Japanese school.

Looking at the new generation of practitioners who constantly post on social media, I notice their incredible passion, which is heavily documented by everything they do in training or competition fights. They talk about challenges between schools and styles, but… they know nothing about the history of styles as recent as BJJ or MMA.

They confuse wrestling with judo and criticize comments from people stating historical facts because they don’t align with social media propaganda. It’s both amusing and damaging to the future of the styles.

We have modern forms of sport jiu-jitsu or free fighting today because there were different times, intentions, stories, and eras. Just as we have Krav Maga or Filipino martial arts, which have evolved through the various eras and populations they encountered. Knowing, or rather, being interested in the history of our schools and styles helps us understand why we perform certain techniques.

Or why it is sometimes taboo or frowned upon to practice certain techniques. For instance, leg locks were long considered the “poor man’s submission” in jiu-jitsu. The culture in which a style developed also helps us understand why a Russian doesn’t greet like a Japanese, even though sambo comes from Kodokan Judo along with national wrestling styles.

Does this knowledge, which I easily grasp, fail to interest practitioners? Should it still be taught in classes? Is it necessary to know the history and the reasons why certain systems work based on theoretical logic and practical forms to make practitioners more open to their disciplines?

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Take only what is good and right for you.

Be one,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #223 : La difficulté de la tradition

Dans les arts martiaux, il y a souvent un discours orienté vers le passé, un respect envers les anciens qui peut parfois être bénéfique, mais qui peut tout autant freiner le développement du système. Par exemple, depuis la forme de Shaolin du Wushu, nous avons évolué vers des styles aussi spécifiques que le Wing Chun.

À quand remonte la tradition ? Au Xi Yi Chuan, au Yi Chuan de Wang Xiangzhai ou au Taikiken de Sawai ? Devons-nous considérer Carlos Gracie comme le fondateur de la forme traditionnelle du Jiujitsu brésilien ou Maeda qui lui a enseigné ? Mais ce dernier représentait le Kodokan Judo. Se pourrait-il que la tradition du Jiujitsu brésilien soit en réalité la forme japonaise ?

En Kyokushin, lorsqu’on parle de tradition, met-on en avant le travail de Mas Oyama ou doit-on remonter au Goju ryu de Yamaguchi Sensei, voire à la forme d’Okinawa de Miyagi Chojun ?

Au-delà de l’origine de la tradition, nous voyons que nous respectons souvent le style, l’école comme étant traditionnels, mais en réalité ce que les fondateurs ont créé n’était pas traditionnel, c’était une évolution. Pour Ueshiba, l’Aikido n’était pas du Daito ryu Aikijutsu, ainsi il devient un non-traditionaliste…

Quand on dit aux élèves dans une forme ou un kata de faire tel ou tel mouvement parce que c’est “traditionnellement” comme ça qu’on le fait, de quoi parle-t-on ? De qui parle-t-on ?

Il est important d’avoir de la gratitude envers nos anciens qui ont partagé leurs compréhensions, mais nous ne devons surtout pas nous enfermer dans telle ou telle forme. Il est facile de revenir sur le passé comme une figure d’autorité sur la justesse de ce qui est enseigné, mais comme je vous l’ai déjà partagé, s’il y avait une forme juste, nous n’aurions pas autant de différences sur des katas communs aux différents styles.

Si nous souhaitons suivre une lignée, il est important de connaître ce qui a été fait, mais les façons de combattre évoluent. Il est donc crucial que les nouvelles générations repensent les fondamentaux pour offrir des outils qui correspondent aux besoins actuels.

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Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #223: The Difficulty of Tradition

In martial arts, there is often a discourse oriented towards the past, a respect for the elders that can sometimes be beneficial but can also hinder the development of the system. For example, from the Shaolin form of Wushu, we have evolved to styles as specific as Wing Chun.

To when does tradition date back? To Xi Yi Chuan, to Yi Chuan by Wang Xiangzhai, or to Taikiken by Sawai? Should we consider Carlos Gracie as the founder of the traditional form of Brazilian Jiu-Jitsu or Maeda, who taught him? But the latter represented Kodokan Judo. Could it be that the tradition of Brazilian Jiu-Jitsu is, in reality, the Japanese form?

In Kyokushin, when we talk about tradition, do we highlight the work of Mas Oyama, or should we go back to the Goju Ryu of Yamaguchi Sensei, or even further to the Okinawan form of Miyagi Chojun?

Beyond the origin of the tradition, we see that we often respect the style, the school as traditional, but in reality, what the founders created was not traditional; it was an evolution. For Ueshiba, Aikido was not Daito Ryu Aikijutsu, so he becomes a non-traditionalist…

When we tell students in a form or kata to perform a particular movement because that’s « traditionally » how it is done, what are we talking about? Whom are we talking about?

We can genuinely have gratitude towards our elders who shared their understandings, but we must not lock ourselves into any particular form. It is easy to refer to the past as an authority on the correctness of what is taught, but as I have already shared with you, if there were a correct form, we would not have so many differences in common katas across different styles.

If we wish to follow a lineage, it is important to know what has been done, but the ways of fighting evolve. Therefore, it is crucial for new generations to rethink the fundamentals to offer tools that meet current needs.

#karate #jiujitsu #MMA #tradition #modernism #difficulty #yichuan #taikiken

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #212 : Les arts martiaux traditionnels vont-ils disparaître ?

J’exagère peut-être ; il existera toujours des passionnés et des professeurs qui réussiront à transmettre la flamme qui les a guidés pendant des décennies. Cependant, dans un monde où de nombreuses personnes cherchent à obtenir rapidement des résultats concrets, les arts martiaux traditionnels, qui ne sont souvent pas uniquement axés sur le combat physique mais aussi sur la lutte intérieure, risquent de perdre encore plus de pratiquants.

Dans ma propre académie, il y a quelques années, des styles plus traditionnels tels que le Silat, le Ninpo, le Wing Chun et le Kenpo étaient enseignés. Aujourd’hui, les cours sont principalement divisés entre MMA, différentes formes de boxe, du boxing fit et d’autres arts martiaux modernes. Il reste du Kyokushin et le Taekwondo, qui attire surtout les enfants.

Les investisseurs se détournent de la logique martiale classique. Trop rigide, trop stricte, peu attrayante et souvent jugée inefficace par rapport aux sports de combat qui offrent des résultats pragmatiques et rapides. Les tenues traditionnelles ne sont pas aussi bien mises en valeur que les shorts de dernière génération portés par des champions, ou les vêtements en lycra compressif qui mettent en avant la musculature des pratiquants.

Lorsque je parle avec des sensei de styles anciens, ils confirment que leurs méthodes perdent du terrain ces dernières années, influencées par l’impact du MMA et des styles de grappling. Cela a revitalisé certains aspects de la lutte, longtemps négligés.

Aux États-Unis, le phénomène des arts martiaux modernes se manifeste aussi dans le monde des affaires. Nombre de PDG et de membres de conseils d’administration, ainsi que des acteurs, aiment mettre en avant leur pratique du Jiujitsu et parfois du MMA.

Il reste peut-être un « marché » pour le traditionnel, ce qui est pour moi essentiel pour l’avenir, surtout pour les enfants et les jeunes. De nombreux pratiquants de MMA ou de boxe me disent qu’ils hésiteraient à inscrire leurs enfants dans ces styles intenses qui pourraient les blesser.

Ils préfèrent les orienter vers des styles plus traditionnels, pour la discipline et l’apprentissage de bases physiques et philosophiques, avant de passer éventuellement aux sports de combat modernes à l’âge adulte. Il me semble que le Kyokushin et les karatés avec KO sont particulièrement adaptés aux jeunes, avec des règles maximisant leur protection.

Pour moi, les styles traditionnels sont passionnants, surtout après quelques années de pratique, car nous pouvons alors discuter de concepts anciens, excellents et possiblement adaptables à une vision sportive, ou simplement à une recherche de compréhension de l’art du combat sous toutes ses facettes.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #212: Will Traditional Martial Arts Disappear?

Perhaps I’m exaggerating; there will always be enthusiasts and teachers who manage to pass on the passion that has guided them for decades. However, in a world where many people seek quick, tangible results, traditional martial arts, which often focus not only on physical combat but also on battling one’s inner shadows, risk losing even more practitioners.

In my own academy, a few years ago, more traditional styles like Silat, Ninpo, Wing Chun, and Kenpo were taught. Today, the classes are mainly divided between MMA, various forms of boxing, boxing fit, and other modern martial arts. Kyokushin remains, and Taekwondo mainly attracts children.

Investors are moving away from classic martial logic. Too rigid, too strict, not very appealing, and often perceived as ineffective compared to combat sports that offer pragmatic and quick results. Traditional outfits are not marketed as well as the latest generation shorts worn by champions, or the compressive lycra clothing that highlights the muscles of the practitioners.

When I speak with sensei from ancient styles, they confirm that their methods have been losing ground in recent years, influenced by the impact of MMA and grappling styles. This has revitalized certain aspects of wrestling, which had been neglected for years.

In the United States, the phenomenon of modern martial arts is also apparent in the business world. Many CEOs and board members, as well as actors, like to showcase their practice of Jiujitsu and sometimes MMA.

There may still be a « market » for the traditional, which to me is crucial for the future, especially for children and youth. Many MMA or boxing practitioners tell me they would hesitate to enroll their children in these intense styles that could injure them.

They prefer to place them in more traditional styles, for discipline and the learning of physical and philosophical foundations, before potentially moving on to modern combat sports as young adults. It seems to me that Kyokushin and karates with KO are particularly suitable for young people, with rules that protect them as much as possible.

For me, traditional styles are exciting, especially after a few years of practice, because we can then discuss excellent ancient concepts, possibly adaptable to a sporting vision or simply a pursuit of understanding the art of combat in all its facets.

Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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