Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #289 : Avoir un objectif élevé demande un engagement fort

Hier, en discutant avec des amis karatékas, nous avons abordé une problématique que l’on rencontre peut-être davantage dans les styles de karaté au KO que dans le karaté sans contact : le manque de professionnalisation des athlètes visant les titres les plus prestigieux de la discipline.

En observant le développement du BJJ (Jiu-Jitsu Brésilien) ces dernières années, on constate une évolution marquée. Les jeunes ceintures bleues et violettes s’entraînent comme des professionnels, avec plusieurs sessions quotidiennes et un suivi rigoureux. Grâce à la CFJJB, un pôle France a même été créé pour améliorer la qualité de l’enseignement et développer une préparation optimale pour la compétition.

Dans des disciplines comme le Kyokushin ou le Shidokan, on trouve des passionnés dotés d’un mental incroyable. Ces styles, parmi les plus douloureux aux côtés de la lutte, impliquent un apprentissage exigeant et souvent marqué par les blessures.

Le Kyokushin, en particulier, cultive un état d’esprit proche des mangas Shōnen : un dépassement de soi constant, où l’adversité devient une source de progression. Cette mentalité est sans doute influencée par le manga Karate Baka Ichidai, qui a contribué à la popularité du Kyokushin dans les années 1970.

Cependant, lorsqu’un pratiquant ambitionne de devenir le meilleur, il ne peut se contenter d’une vision romantique ou idéalisée. Il doit adopter une approche professionnelle. Aujourd’hui, tout compte. Nous ne sommes plus à l’ère de l’approximation. Un engagement total est requis, où l’on s’oublie presque au service de sa « cause ».

Pour atteindre cet objectif, il est crucial d’être entouré des bonnes personnes, capables de partager leurs expertises spécifiques. Il faut également dépasser l’imaginaire de Mas Oyama, selon lequel s’isoler des mois en montagne rendra forcément plus fort. Ce type de préparation n’est plus adapté à l’exigence des compétitions modernes.

karate #Shidokan #Kyokushin #objectif #engagement

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,
Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #289: Setting High Goals Demands Strong Commitment

Yesterday, while talking with karate friends, we discussed an issue that seems more prevalent in knockout karate styles compared to non-contact karate: the lack of professionalization among athletes aiming for the highest titles in the discipline.

In Brazilian Jiu-Jitsu (BJJ), things have evolved significantly in recent years. Young blue and purple belts train like professionals, with multiple daily sessions and quality coaching. Thanks to the CFJJB, there is even a national training center in France to further enhance teaching quality and competition preparation.

In karate styles like Kyokushin or Shidokan, passionate practitioners exhibit incredible mental toughness. These styles, alongside wrestling, are among the most painful and challenging to learn, often leading to injuries along the way.

Kyokushin, in particular, fosters a mindset akin to Shōnen manga: constant self-improvement, where adversity becomes a tool for growth. This mentality is likely influenced by the manga Karate Baka Ichidai, which propelled Kyokushin’s popularity in the 1970s.

However, when a practitioner decides to become the best, they cannot view themselves through the lens of a manga hero but as a professional. Today, every detail matters. We are no longer in the era of « good enough. » Total commitment to the goal is essential, requiring one to almost forget oneself in service of their « cause. »

Nonetheless, achieving this requires surrounding oneself with the right people who can share their specialized knowledge. It’s also important to move beyond the Mas Oyama narrative, where isolating oneself in the mountains for months is seen as the ultimate preparation. This approach is no longer suited to the demands of modern competition.

Take only what is good and right for you.

Be One,
Pank
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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #244 : La difficulté de trouver les bonnes informations

Découvrez comment les récits historiques des arts martiaux sont souvent entremêlés de mythes et de réalités difficiles à démêler. Une exploration de l’histoire du Kyokushin et des premières générations de pratiquants, et des réflexions sur la véracité des informations.

J’ai grandi en dévorant les pages de Karate Bushido et j’ai même réussi à mettre la main sur quelques exemplaires de Black Belt, à une époque où l’information ne foisonnait pas sur Internet comme aujourd’hui. Avec le recul, il est encore plus évident que cette période, ainsi que celle qui l’a précédée, était marquée par des récits et des combats bien moins impressionnants qu’on ne nous les présentait.

Un ouvrage qui m’a particulièrement marqué est l’encyclopédie des arts martiaux de Patrick Lombardo, qui était pour moi l’équivalent de Google pour les styles de combat. J’y découvrais des styles et des pratiquants dont je n’avais que rarement entendu parler. En ce moment, je travaille sur un petit essai sur le Karate Kyokushin, en essayant surtout de démêler le vrai du faux.

Comme je l’avais déjà évoqué dans mes réflexions précédentes, bien que le Kyokushin soit une formidable école de formation et que ses combattants puissent être incroyables, l’histoire de cette école est tellement intriquée au manga Karate Baka Ichidai de Kajiwara Ikki et aux livres de Sosai Oyama qu’il est difficile de distinguer la réalité de la fiction.

Depuis longtemps, je cherche des informations, si possible, de la première génération de pratiquants (Nakamura, les frères Oyama, Kurosaki, Lowe), ceux qui ont vu les débuts de l’école de Sosai Oyama. Les ouvrages existants contiennent déjà de nombreuses divergences par rapport aux récits officiels, mais le plus difficile est de retrouver des preuves « validées », comme le shodan en Shotokan sous Y. Funakoshi (même s’il est certain qu’Oyama a fréquenté le dojo Shotokan) ou le 4e dan en Judo Kodokan. Il était connu, mais était-ce pour son judo ou pour ses liens avec Kimura ?

Je réalise qu’avec une personne aussi documentée que Sosai Oyama, il est déjà difficile de savoir ce qui est réellement vérifiable. Alors, que dire de tout ce que nous entendons ou lisons sur les styles que nous aimons et qui ne sont pas modernes ? Il doit y avoir d’énormes distorsions avec la réalité, et pourtant ce sont ces récits qui sont enseignés dans les cours.

Je sais bien que, dans l’absolu, l’histoire de nos écoles n’importe pas vraiment si l’on veut simplement pratiquer. On vient au dojo, on s’entraîne, on prend du plaisir et c’est tout. Pour moi, j’aime comprendre pourquoi on s’entraîne de telle ou telle manière, pourquoi le « produit final » actuel est comme il est, alors que le produit original était différent, etc.

Et vous, comment recherchez-vous dans l’histoire de vos styles ?

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Prenez uniquement ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #244: The Difficulty of Finding the Right Information

I grew up devouring the pages of Karate Bushido, and I even managed to get my hands on a few Black Belt magazines back when information wasn’t as abundant on the internet as it is today. Looking back, it’s even clearer now that both that era and the one before it were filled with stories and fights that were far less impressive than what we were led to believe.

One book that particularly stood out to me was the Encyclopedia of Martial Arts by Patrick Lombardo, which was like Google for martial arts styles. Through it, I discovered styles and practitioners I had rarely read about. Currently, I’m working on a small essay on Kyokushin Karate, especially trying to untangle fact from fiction.

As I’ve mentioned in previous reflections, while Kyokushin is a fantastic training school and its fighters can be incredible, the history of this school is so intertwined with the manga Karate Baka Ichidai by Kajiwara Ikki and the books of Sosai Oyama that it’s hard to know what is true.

For a long time, I’ve been searching for information, preferably from the first generation (Nakamura, the Oyama brothers, Kurosaki, Lowe), those who witnessed the beginnings of Sosai Oyama’s school. Existing works already contain many discrepancies compared to the official accounts, but the hardest part is finding « validated » evidence, such as the shodan in Shotokan under Y. Funakoshi (even though it’s certain he attended the Shotokan dojo) or the 4th dan in Kodokan Judo. He was well-known, but was it for his judo or his connections with Kimura?

I realize that even with someone as well-documented as Sosai Oyama, it’s hard to know what is actually verifiable. So, what about everything we hear or read about the styles we love that aren’t modern? There must be enormous distortions from reality, yet these are the stories that are taught in classes.

I know that, in the end, the history of our schools doesn’t really matter if we just want to practice. We come to the dojo, we train, we enjoy it, and that’s it. But for me, I like to understand why we train in a certain way, why the current « final product » is as it is, whereas the original product was different, etc.

And you, how do you search the history of your styles?

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Take only what is good and right for you.

Be one,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #223 : La difficulté de la tradition

Dans les arts martiaux, il y a souvent un discours orienté vers le passé, un respect envers les anciens qui peut parfois être bénéfique, mais qui peut tout autant freiner le développement du système. Par exemple, depuis la forme de Shaolin du Wushu, nous avons évolué vers des styles aussi spécifiques que le Wing Chun.

À quand remonte la tradition ? Au Xi Yi Chuan, au Yi Chuan de Wang Xiangzhai ou au Taikiken de Sawai ? Devons-nous considérer Carlos Gracie comme le fondateur de la forme traditionnelle du Jiujitsu brésilien ou Maeda qui lui a enseigné ? Mais ce dernier représentait le Kodokan Judo. Se pourrait-il que la tradition du Jiujitsu brésilien soit en réalité la forme japonaise ?

En Kyokushin, lorsqu’on parle de tradition, met-on en avant le travail de Mas Oyama ou doit-on remonter au Goju ryu de Yamaguchi Sensei, voire à la forme d’Okinawa de Miyagi Chojun ?

Au-delà de l’origine de la tradition, nous voyons que nous respectons souvent le style, l’école comme étant traditionnels, mais en réalité ce que les fondateurs ont créé n’était pas traditionnel, c’était une évolution. Pour Ueshiba, l’Aikido n’était pas du Daito ryu Aikijutsu, ainsi il devient un non-traditionaliste…

Quand on dit aux élèves dans une forme ou un kata de faire tel ou tel mouvement parce que c’est “traditionnellement” comme ça qu’on le fait, de quoi parle-t-on ? De qui parle-t-on ?

Il est important d’avoir de la gratitude envers nos anciens qui ont partagé leurs compréhensions, mais nous ne devons surtout pas nous enfermer dans telle ou telle forme. Il est facile de revenir sur le passé comme une figure d’autorité sur la justesse de ce qui est enseigné, mais comme je vous l’ai déjà partagé, s’il y avait une forme juste, nous n’aurions pas autant de différences sur des katas communs aux différents styles.

Si nous souhaitons suivre une lignée, il est important de connaître ce qui a été fait, mais les façons de combattre évoluent. Il est donc crucial que les nouvelles générations repensent les fondamentaux pour offrir des outils qui correspondent aux besoins actuels.

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Prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #223: The Difficulty of Tradition

In martial arts, there is often a discourse oriented towards the past, a respect for the elders that can sometimes be beneficial but can also hinder the development of the system. For example, from the Shaolin form of Wushu, we have evolved to styles as specific as Wing Chun.

To when does tradition date back? To Xi Yi Chuan, to Yi Chuan by Wang Xiangzhai, or to Taikiken by Sawai? Should we consider Carlos Gracie as the founder of the traditional form of Brazilian Jiu-Jitsu or Maeda, who taught him? But the latter represented Kodokan Judo. Could it be that the tradition of Brazilian Jiu-Jitsu is, in reality, the Japanese form?

In Kyokushin, when we talk about tradition, do we highlight the work of Mas Oyama, or should we go back to the Goju Ryu of Yamaguchi Sensei, or even further to the Okinawan form of Miyagi Chojun?

Beyond the origin of the tradition, we see that we often respect the style, the school as traditional, but in reality, what the founders created was not traditional; it was an evolution. For Ueshiba, Aikido was not Daito Ryu Aikijutsu, so he becomes a non-traditionalist…

When we tell students in a form or kata to perform a particular movement because that’s « traditionally » how it is done, what are we talking about? Whom are we talking about?

We can genuinely have gratitude towards our elders who shared their understandings, but we must not lock ourselves into any particular form. It is easy to refer to the past as an authority on the correctness of what is taught, but as I have already shared with you, if there were a correct form, we would not have so many differences in common katas across different styles.

If we wish to follow a lineage, it is important to know what has been done, but the ways of fighting evolve. Therefore, it is crucial for new generations to rethink the fundamentals to offer tools that meet current needs.

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Take what is good and right for you.

Be One,

Pank

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