Réflexions martiales d’un Hypnofighter #510 : Waldemar Santana vs. Hélio Gracie

Je suis sûr que vous avez déjà entendu parler de Waldemar si vous vous intéressez à l’héritage Gracie. Waldemar était un élève des frères Gracie et plutôt bon ; il a aidé Carlson à préparer ses combats. Il a commencé à représenter l’académie Gracie pour divers combats, mais il semble qu’un doute soit apparu concernant un organisateur qui truquait les matchs (courant dans les sports de combat, les combats réels ne stimulent pas l’intérêt, cf. le catch professionnel).

Cependant, Santana est assez pauvre et cela ne le dérange pas tant qu’il gagne de l’argent. Après avoir été renvoyé par les Gracie, il défia Hélio qui ne cessait de dire qu’il était mauvais. Après une décision concernant les conditions de combat – en Gi, sous la forme du vale tudo et sans limite de temps – Hélio fut balayé par Waldemar dans un match qui dura plus de 3 heures.

Les combats longs étaient fréquents à l’époque au Brésil, mais il ne s’y passait pas grand-chose. Santana était dans la garde d’Hélio qu’il ne parvenait pas à passer, mais il ne cessait de lui asséner des coups de tête au corps et au visage. Le match se termina après s’être relevé et un gros coup de pied au visage d’Hélio.

Santana a mis à mal le discours Gracie, et Hélio a été beaucoup critiqué par George et la famille en général. Son orgueil de combattant de 42 ans a fait passer le Jiu-Jitsu pour un système où le plus fort pouvait vaincre, alors qu’il était officiellement peu technique. Et cette fois, il n’avait pas l’excuse de ne pas combattre en kimono. Pour les journalistes, les deux protagonistes n’étaient pas des combattants, mais des bagarreurs.

Santana fut un grand combattant des années cinquante. Il a ensuite combattu Carlson et d’autres bons combattants, mais il a été mis de côté par l’influence et la politique Gracie.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank.

Martial Reflections of a Hypnofighter #510: Waldemar Santana vs. Hélio Gracie

I’m sure you’ve heard of Waldemar if you’re interested in the « Gracie Legacy. » Waldemar was a student of the Gracie brothers and quite good; he helped Carlson prepare for his fights. He began representing the Gracie academy for various fights, but it seems that doubts arose about an organizer who was fixing matches (common in combat sports; real fights don’t always stimulate interest, cf. professional wrestling).

However, Santana was quite poor and didn’t mind as long as he earned money. After being fired by the Gracies, he challenged Hélio, who constantly claimed he was no good. After a decision on the fight conditions – in Gi, in a vale tudo format, and with no time limit – Hélio was swept aside by Waldemar in a match that lasted over 3 hours.

Long fights were common in Brazil at the time, but not much happened. Santana was in Hélio’s guard, which he couldn’t pass, but he repeatedly delivered headbutts to the body and face. The match ended after they stood up and Hélio received a big kick to the face.

Santana undermined the Gracie narrative, and Hélio was heavily criticized by George and the family in general. His pride as a 42-year-old fighter made Jiu-Jitsu appear as a system where the stronger person could win, even though it was officially not very technical. And this time, he didn’t have the excuse of not fighting in a kimono. For journalists, the two protagonists were not fighters but brawlers.

Santana was a great fighter in the 1950s. He later fought Carlson and other good fighters, but he was sidelined by Gracie influence and politics.

Take what is good and right for you. Be One, Pank.

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #499 : Quelques hypothèses sur la Luta Livre Esportiva issue du Catch Wrestling

Où se trouvent les chaussures en Luta Livre Esportiva ? Je me pose cette simple question : comment se fait-il qu’aujourd’hui, la Luta Livre, telle que Tatu a pu la partager, se pratique sans chaussures ? Je vous rappelle que Tatu était un élève du combattant et professeur de Catch Wrestling Manoel Rufino Dos Santos. Un style qui, lui, porte des chaussures. Je vais chercher l’information…

En tout cas, l’utilisation des chaussures, tout comme la règle du « tombé » (pinfall), explique la forme si particulière qu’a prise l’expression compétitive du Catch Wrestling. Cela a dû également influencer la Luta Livre, dont on aime dire qu’elle avait une spécialité de clés de jambe. Si on étudie un peu le CACC (Catch-As-Catch-Can), on se rend compte que les jambes étaient énormément utilisées pour mettre des crochets, les tirer ou les tordre afin de chercher le tombé.

Vous pouvez d’ailleurs le voir en Lutte universitaire, où souvent les jeunes se mettent sur le ventre (comme au judo) ou en quadrupédie pour éviter le tombé. Les nelsons (crochets de bras) ou les attaques sur les pieds sont alors les seuls moyens efficaces pour les retourner (voire, si l’on est colossal, l’arraché). La prise de dos pour étrangler n’y existe pas.

Ceci explique sûrement pourquoi les Lutadores étaient initialement moins des passeurs de garde que des attaquants de jambes. Par extension, on peut comprendre, par la forme de la lutte de Wigan, pourquoi les guillotines sont tant utilisées dans la Luta Livre. Un autre vestige du CACC que tous les élèves de Flavio Santiago Peroba (FST) ont vécu avec le mantra : « Ne mets jamais ton dos au sol, n’accepte pas ».

Nous revenons sur le danger du tombé. Pendant des décennies, dans les divers combats de lutte qui pouvaient se faire sous des règles mixtes (Judo/Jiu-jitsu, gréco, libre ou Vale Tudo), le tombé pouvait très souvent mettre fin au combat. Par conséquent, cela n’offrait pas de temps pour rester sur le dos et travailler, mais incitait à vite faire des « wrestle up » pour combattre debout.

Rappel : Les frères Gracie, et surtout Helio, avaient une garde fermée terrible, difficile à passer. Mais, et c’est une conséquence logique, elle était peu agressive, allant souvent au « Draw » (match nul) lors des combats.

Il y a certainement beaucoup de choses dans la culture de la Luta Livre Esportiva qui se font par mimétisme des générations passées, et qui sont désormais ancrées dans la culture du style, provenant de l’histoire et de son origine : le Catch Wrestling.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

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Martial Reflections of an Hypnofighter #499: Some Hypotheses on Luta Livre Esportiva derived from Catch Wrestling

Where are the shoes in Luta Livre Esportiva? I ask myself this simple question: how is it that today, Luta Livre, as Tatu shared it, is practiced without shoes? I remind you that Tatu was a student of the fighter and Catch Wrestling professor Manoel Rufino Dos Santos. A style that does wear shoes. I will look for the information…

In any case, the use of shoes, just like the « pinfall » rule, explains the very particular form that the competitive expression of Catch Wrestling took. This must have also influenced Luta Livre, which is often said to have had a specialty in leg locks. If we study CACC (Catch-As-Catch-Can) a little, we realize that legs were used enormously to place hooks, pull them, or twist them in order to seek the pinfall.

You can see this in collegiate wrestling, where young athletes often lay on their stomachs (like in Judo) or in a quadrupedal position to avoid being pinned. Nelsons (arm hooks) or attacks on the feet are then the only effective ways to turn them over (or, if one is colossal, the deadlift). Taking the back to choke does not exist there.

This surely explains why Lutadores were initially less guard passers than leg attackers. By extension, we can understand, through the form of Wigan wrestling, why guillotines are so widely used in Luta Livre. Another remnant of CACC that all students of Flavio Santiago Peroba (FST) experienced with the mantra: « Never put your back on the ground, never accept it. »

We return to the danger of the pinfall. For decades, in various grappling matches that could take place under mixed rules (Judo/Jiu-jitsu, Greco, Freestyle, or Vale Tudo), the pinfall could very often end the fight. Consequently, this did not offer time to stay on the back and work, but encouraged quickly doing « wrestle ups » to fight standing.

Reminder: The Gracie brothers, and especially Helio, had a terrible closed guard that was difficult to pass. But, and this is a logical consequence, it was not very aggressive, often leading to a « Draw » during fights.

There are certainly many things in the culture of Luta Livre Esportiva that are done by mimicking past generations, and which are now anchored in the culture of the style, coming from history and its origin: Catch Wrestling.

Take what is good and right for you. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/