Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #211 : La peur du combat

Combattre est assez peu naturel. Bien que nous le fassions depuis la nuit des temps, et que beaucoup d’entre nous jouent à se battre dès l’enfance, blesser et être blessé n’est pas dans notre nature. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous ritualisons les conflits physiques. Vous avez certainement déjà entendu des personnes étrangères aux arts martiaux traiter de fous ceux qui pratiquent la boxe ou la lutte.

Cette attitude semble, d’une certaine manière, contre nature. C’est comme si le combattant allait à l’encontre de son instinct de protection, risquant ainsi de se faire blesser. Lorsqu’on entre en compétition, ou que nos protégés montent sur le tatami pour la première fois, cela est difficile. La gestion de cette peur s’apprend. Plus nous y sommes confrontés, plus nous apprenons à la faire devenir un partenaire.

Ce n’est certes pas le partenaire idéal, mais il nous rappelle que ce qui va se passer exige notre pleine attention, bien qu’en faisant cela, il puisse réduire certaines de nos compétences. Si c’était un être vivant, ce serait un peu comme ce chien qui aboie pour nous protéger, puis qui, une seconde plus tard, nous regarde et nous saute dessus pour jouer.

Dans une confrontation de rue, le niveau de stress monte rapidement sans que nous soyons prêts. Dans le sport, même si c’est déjà difficile, nous avons un temps de préparation. Dans la rue, nous passons de zéro à 100 % de stress en quelques secondes. Nos réponses typiques sont : combattre, se figer ou fuir.

Nous pouvons essayer de préparer le type de réponse que nous souhaiterions avoir, mais soyons honnêtes, ce n’est pas facile. Je pense sincèrement que l’on peut adopter des comportements de confiance comme un masque, mais au fond, nous restons terrifiés et tremblants. Si nous parvenons à éviter la pire réponse en cas d’agression, à savoir se figer…

Entrer dans une confrontation physique est effrayant, surtout lorsqu’il n’y a pas de règles, pas d’arbitre et que des armes peuvent être impliquées. Aller au combat est véritablement dangereux, il est normal d’éprouver de la peur. Ne pas en ressentir est risqué pour nous, même si parfois nos comportements impulsifs peuvent réduire drastiquement les blessures et les problèmes.

Ne soyez pas trop dur avec vous-même lorsque vous devez combattre, que ce soit en sport ou lors d’une agression. Il est important que vous puissiez sortir de cette torpeur et prendre les décisions les plus justes pour l’emporter, ou simplement survivre sans blessure.

#peur #agression #gestiondesémotions #combat #sportdecombat #combaturbain #combatderue #psychologieducombat

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be One,

Pank

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Martial Reflections of a Hypnofighter #211: The Fear of Combat

Fighting is somewhat unnatural. Although we have been doing it since time immemorial, and many of us have played at fighting since childhood, hurting and being hurt is not in our nature. This is precisely why we ritualize physical conflicts. You have undoubtedly heard people unfamiliar with martial arts consider those who box or wrestle as crazy.

This attitude seems, in a way, against nature. It’s as if the fighter is going against their instinct of protection, thus risking injury. When entering a competition, or when our proteges step onto the tatami for the first time, it is difficult. Managing this fear is something that can be learned. The more we face it, the more we learn to make it a partner.

It’s certainly not the ideal partner, but it reminds us that what is about to happen requires our full attention, even though it may impair some of our skills. If it were a living being, it would be like that dog that barks to protect us, then a second later looks at us and jumps on us to play.

In a street confrontation, the level of stress quickly rises without us being ready. In sports, even though it’s already tough, we have a preparation time. On the street, we go from zero to 100% stress in a few seconds. Our typical responses are: fight, freeze, or flee.

We can try to prepare the type of response we would like to have, but let’s be honest, it’s not easy. I truly believe that we can adopt behaviors of confidence like a mask, but deep down, we remain terrified and trembling. If we manage to avoid the worst response in case of aggression, namely freezing…

Entering a physical confrontation is frightening, especially when there are no rules, no referee, and weapons can be involved. Going into combat is truly dangerous, it is normal to feel fear. Not feeling it is risky for us, even though sometimes our impulsive behaviors can drastically reduce injuries and problems.

Don’t be too hard on yourself when you have to fight, whether in sport or in a situation of aggression. It is important that you can come out of this stupor and make the fairest decisions to prevail, or simply survive without injury.

#fear #aggression #emotionmanagement #combat #combat sports #urbanfight #streetfight #combatpsychology

Take only what is good and right for you.

Be One,

Pank

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Réflexions de Pank / Instantané #173 : Lutter pour ce qui semble juste

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de la femme. De nombreuses luttes féministes sont en cours, avec l’espoir de remporter des victoires. Bien que je ne me considère pas spécialement féministe, voire que je sois conservateur sur de nombreux points, je soutiens pleinement le droit des personnes à avoir des opinions, des revendications et à se battre pour elles.

Je ne crois pas en l’universalisme et, par conséquent, il existe une multitude de tendances. Cela peut conduire à la recherche d’imposition de son point de vue. Même si, théoriquement, nous pourrions coexister avec de multiples perspectives, notre tendance à comparer et à promouvoir notre vision entraîne inévitablement des conflits.

Après avoir lu de nombreux retours sur les communautés volontaires des années passées, comme The Farm, j’ai constaté que des valeurs fondamentales et utopiques peuvent finir par être éclipsées par des dynamiques individuelles et des luttes de pouvoir. C’est un défi qui, jusqu’à présent, n’a pas connu de succès sur le long terme.

Les luttes, les combats, les oppositions et les prises de pouvoir seront toujours d’actualité. Il n’est pas possible de mettre tout le monde d’accord, et tout le monde ne souhaite pas être sur un pied d’égalité. Dans le contexte du féminisme, lorsque j’entends des hommes se plaindre, je leur dis simplement : battez-vous, poursuivez ce que vous jugez juste.

Si vous estimez que ce que revendiquent certaines personnes ne vous convient pas, arrêtez de vous poser en victime et proposez des contre-arguments, des mouvements, etc. Certains peuvent adopter des positions extrêmes et devenir fanatiques. Cependant, il ne faut pas prendre ces cas extrêmes pour le cœur des oppositions, et rester ouvert aux autres opinions, ne serait-ce que pour trouver des arguments ou des actions pour influencer les choses.

Que chacun lutte pour ce qu’il veut ; nous verrons plus tard les résultats, bons ou mauvais.

#lutte #domination #pouvoir #combat #journéedelafemme #féminisme #masculinisme #progressisme #conservatisme #action #force

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Pank’s Reflections / Snapshot #173: Fighting for What Seems Right

Today is International Women’s Day. There are many ongoing feminist struggles, with hopes for victories. While I may not particularly identify as a feminist and might be conservative on many issues, I wholeheartedly support the right for individuals to have opinions, claims, and to fight for them.

I do not believe in universalism, and as a result, there are a multitude of trends. This can lead to an attempt to impose one’s point of view. Even though, in theory, we could coexist with multiple perspectives, our tendency to compare and promote our own vision inevitably leads to conflicts.

After reading numerous accounts from voluntary communities over the years, such as The Farm, I’ve observed that fundamental and utopian values can end up being overshadowed by individual dynamics and power struggles. This is a challenge that, so far, has not seen long-term success.

Struggles, fights, oppositions, and power grabs will always exist. It’s not possible to get everyone to agree, and not everyone wants to be on an equal footing. In the context of feminism, when I hear men complain, I simply tell them: fight, pursue what you believe is right.

If you feel that what some are demanding and claiming does not suit you, stop playing the victim and present counterarguments, movements, etc. Some may take extreme positions and become fanatics in one camp or another. However, we should not take these extreme cases as the heart of the opposition, and remain open to other opinions, if only to find arguments or actions to influence things.

Let everyone fight for what they want; we will see the results, good or bad, later.

#struggle #domination #power #fight #internationalwomensday #feminism #masculinism #progressivism #conservatism #action #force

Take only what is good and right for you.

Be one,

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #137 : L’agressivité en combat, un avantage ou pas?

Il est fréquent d’être influencé par les films d’action où le héros, souvent calme et confiant en ses compétences de combat à mains nues ou armé, a l’avantage. On peut penser que les combattants calmes, adoptant une posture de “défense” ou de contre-attaque, font preuve d’un sang-froid remarquable. Cependant, l’agressivité naturelle et les invectives ont depuis longtemps prouvé l’efficacité d’une dynamique proactive, où attaquer le premier est avantageux.

Nous confondons parfois le fantasme du combattant ultime, qui aurait accompli un travail sur soi, avec la réalité. Le mythe des Shaolin en est un exemple. Si Bodhidharma a introduit l’exercice physique aux moines, c’était pour équilibrer le négligement du corps. Néanmoins, ces individus étaient avant tout des moines, et non des combattants. Notre vision occidentalisée du combat nous amène à croire que le zen bouddhique est un élément intrinsèque des arts martiaux, ce qui n’est pas forcément le cas.

Les Templiers, combattant au nom de Dieu, n’utilisaient pas une approche calme et apaisée de la spiritualité. Il est donc important de réévaluer la notion mystique des arts martiaux en la confrontant à la brutalité du combat réel.

Être calme peut permettre de mieux comprendre la situation et de trouver des stratégies adaptées. Toutefois, même les personnes expérimentées peuvent réagir de manière agressive sous le stress, parfois de façon excessive.

En définitive, se battre vise à survivre et à rentrer indemne chez soi. Si l’agressivité permet de neutraliser rapidement un adversaire, il peut être préférable d’agir ainsi plutôt que d’attendre en défense et risquer de subir des coups incapacitants.

#Agressivité #Zen #Apaisement #Moine #Shaolin #SelfDefense #CombatUrbain #DéfensePersonnelle

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.

Be one,

Pank

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #108 : Retour aux Bases des Combats Professionnels

Vous le savez, je n’apprécie pas le MMA lorsqu’il se rapproche trop de la promotion à la manière du catch. Je comprends que le trash-talk, les vues, les likes et les followers sont désormais monnaie courante. Cependant, ce qui m’intéresse, c’est le combat en lui-même. Je n’ai peut-être jamais été professionnel, mais j’ai participé à des centaines de compétitions. Lorsqu’il fallait être prêt pour un jour J, nous l’étions, sans détour.

Aujourd’hui, certains combattants se perdent dans la création de vlogs, donnent des cours de philosophie et veulent montrer leurs efforts. Mais ils oublient parfois que l’essentiel est d’être prêt à se retrouver face à face au début de l’affrontement.

Je suis conscient que les réseaux sociaux amplifient les émotions, les croyances et les projections. Les combattants peuvent facilement se laisser distraire entre satisfaire leurs fans, en gagner de nouveaux, contenter les sponsors, et répondre aux attentes des organisations qui préfèrent un buzz à un investissement conséquent.

Viser haut est louable, mais il est primordial de prouver ses capacités à son propre niveau. Même si parfois des passe-droits sont accordés sur des critères externes au combat, ne pas paraître professionnel peut entraver la progression.

Ne pas faire le poids ou se blesser peu avant une échéance, ce n’est pas être un guerrier, mais plutôt rester un amateur rêvant de gloire et de succès. Revenir aux fondamentaux, avec sérieux et discipline par rapport à ses échéances, est le minimum que l’on puisse attendre. Les fans et spectateurs ne s’intéresseront pas si tout ce « show » ne débouche sur aucun résultat concret, ni même sur un combat.

#Professionnel #Amateur #MMA #FMMAF #UFC #RéseauxSociaux #Ares #Poids #Championnat #Discipline #Bases

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous,
Be One
Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #79: Le Vale Tudo

Vous vous souvenez certainement de ces débuts du MMA, que les Brésiliens avaient nommés « Vale Tudo ». Un combat en ring sans gants, avec des coups de tête et des frappes aux parties autorisées ? On y avait également droit aux stomps, ou ce que l’on aime appeler les « soccer kicks ».

C’était plutôt sanglant, et les combattants étaient vraiment solides. Je suis en train de relire un ouvrage que Budo International avait publié il y a quelques années, et dans la première interview du livre avec Helio, ce dernier met en avant le Vale Tudo. Il estime que c’est ce qu’il enseigne, plutôt que du Jiu-Jitsu sportif. Il souhaite montrer que le Jiu-Jitsu est un bon système interstyle et que le Vale Tudo n’est que sa forme d’expression. Le défaut reconnu de la famille Gracie est le fait qu’elle n’ait pas vraiment voulu se plonger dans les autres styles, tels que la boxe ou la lutte, pendant au moins la première décennie du MMA.

Helio voyait dans la notion de Vale Tudo la notion de liberté, mais aussi de temps illimité. C’est un point que de nombreux Jiujitsuka avaient critiqué lorsque l’UFC avait commencé, pour des raisons visuelles et commerciales, en introduisant des rounds, devenant ainsi de plus en plus un divertissement sportif plutôt qu’un combat « pur ».

Il est vrai que des combats comme Kerr vs. Gurgel, même s’ils n’étaient pas illimités et clairement ennuyeux pour les passionnés actuels de MMA, offraient 30 minutes d’affrontement sans temps mort. Par conséquent, les dynamiques de combat étaient très différentes. Le Vale Tudo a également été repris par les Japonais avec des rounds de 10 minutes pour des événements comme Pride et Rizin. Cette notion de ne pas intervenir modifie considérablement la perspective du combat. Imaginez des lutteurs bloquer un combattant dans la cage pendant 30 ou 60 minutes, cela changerait beaucoup de choses, tout comme les strikers pourraient fuir et contre-attaquer pendant de longues périodes.

Pour Helio, le Jiu-Jitsu de compétition ne représente pas son Jiu-Jitsu. Lui était dans l’idée de ne pas avoir de temps limité et voulait compenser l’athlétisme des combattants par la gestion du combat et les erreurs possibles. Je comprends sa notion, mais les Jiujitsukas actuels, grâce à l’aspect sportif, sont infiniment plus compétents que les générations de Helio, Carlson ou Rickson.

Le seul inconvénient, comme nous l’avons déjà mentionné à plusieurs reprises ici, est que plus un système devient sportif, plus il se spécialise et moins il est ouvert à un « vale tudo ». En Jiu-Jitsu et Luta, nous sommes peut-être moins aptes à gérer les percussion, de la même manière qu’un kickboxeur ou un boxeur anglais ne serait pas apte à lutter.

La semaine dernière, j’ai vu que Werdum et Dos Santos, deux anciens champions de l’UFC, se sont affrontés dans un combat MMA à mains nues : le Gamebred Bareknuckle MMA. Cela reste du MMA avec les règles que nous connaissons, mais l’idée sur le papier est intéressante. Cependant, on sait que pour l’intégrité du visage, en raison des coupures, ce n’est pas terrible. Est-ce que simplement retirer les gants a du sens ? Je n’en suis pas sûr. S’ils reproduisaient ce que les événements passés proposaient, peut-être que nous verrions quelque chose de différent.

En tout cas, ce livre montre aussi à quel point Helio pouvait être à la fois génial et complètement stupide, comme le montre également le livre de Rickson : « Breath ». Avez-vous suivi le Vale Tudo à l’époque où nous avions accès à ces événements ?

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be one

Pank 

#ValeTudo #Jiujitsu #GracieJiujitsu #HelioGracie #MMA #Règles #compétitions

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #75 : Arts Martiaux et Racisme ?

Il est assez rare de penser aux discriminations lorsque nous sommes au dojo. Nous portons un Gi et nous combattons avec un apprenti comme nous. Le karaté et mes instructeurs m’ont rapidement expliqué qu’une fois dans le dojo, toutes nos convictions idéologiques et autres sont laissées à la porte, le temps de l’entraînement.

Pourtant, nous sommes des êtres humains, et il est donc fort possible que certaines personnes puissent généraliser leurs pensées au sein du lieu d’entraînement. C’est regrettable, mais je pense que c’est à nous, les professeurs, de tenter de régler le problème. Et si cela n’est pas possible, il faut envisager de renvoyer du club ceux qui ne correspondent pas à l’étiquette.

C’est d’ailleurs l’un des avantages des clubs privés non subventionnés, qui peuvent avoir une politique d’exclusion plus souple que les clubs associatifs.

Dans mes recherches actuelles, je constate à quel point le monde du karaté japonais peut être marqué par le racisme. Certains vont même jusqu’à critiquer de manière incessante Oyama et Matsui du Kyokushin parce qu’ils sont d’origine coréenne. Il semble que la mafia coréenne soit particulièrement présente dans les arts martiaux japonais, alors que je pensais que ce problème était réservé aux yakuzas.

Il est étonnant d’entendre des Shihan plaisanter en disant que tel athlète de Taiwan ou de Corée n’est pas digne de confiance parce qu’il n’est pas japonais, que les non-Japonais ne peuvent pas vraiment comprendre les arts martiaux, et ainsi de suite. Ces remarques sont faites avec une tranquillité déconcertante, alors que nous savons que le Japon est un pays aux tendances politiques d’extrême droite, voire d’ultra-droite. Ce que nous, étrangers dans ce pays, aimons particulièrement, c’est précisément le mélange entre la culture et la modernité, même si cela a un coût social élevé.

Imaginez quand un Willy Williams est venu aux premiers et seconds championnats du monde de Kyokushinkai, comment il a été perçu : Afro-Américain, imposant, pratiquant la boxe japonaise. C’était à une époque où Sosai clamait tranquillement que jamais de son vivant un étranger ne deviendrait champion du monde, et Andy Hug en a payé le prix.

Nous aimons parler de l’universalisme des arts martiaux, mais heureusement, c’est le marketing et le besoin d’argent ont permis à ces disciplines de se propager, créant ainsi un véritable métissage culturel dans le karaté.

Oyama n’était pas Kano, qui voyait le monde, l’éducation, le partage. Sosai était un diffuseur, un excellent commercial, qui s’est brouillé avec de nombreux élèves pour des questions d’argent. Quand les représentants de la World Oyama Federation expliquent que c’était principalement un problème administratif, avec plus d’informations, il apparaît que l’argent était surtout le vrai souci.

Le racisme est profondément enraciné dans le pays du soleil levant, et nous, occidentaux qui aimons l’orientalisme, pouvons facilement ne pas y prêter attention, car notre séjour est souvent de passage, et l’éducation de façade ne laisse entrevoir qu’une image courtoise du peuple nippon. Pourtant, au dojo, la réalité est paradoxalement différente, et il arrive parfois que les Gaijin, les étrangers, soient refusés dans des dojos (j’ai pu le constater une année en cherchant des académies de karaté plein contact qui m’ont dit « Japanese only »).

Il est utile de remettre en question nos croyances et de prendre conscience des réalités culturelles associées à l’histoire des différents pays où nos disciplines sont nées. Helio Gracie, au Brésil, a lui aussi fait partie de l’AIB pendant une période.

Pour nous, génération d’enseignants et de pratiquants, il est essentiel de créer un lieu aussi neutre que possible pour se concentrer sur une seule chose : le combat.

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be one

Pank 

#Kyokushin #Karate #Oyama #Coréen #Japonais #Racisme #BJJ

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #64 : Pas de pitié à l’académie.

Un titre aussi percutant pourrait laisser croire que mon dojo est une émanation de Cobra Kai. Et c’est précisément ce que c’est ! Récemment, après une séance d’entraînement à la bagarre avec Guillaume, nous avons évoqué ces hommes qui se montrent un peu trop agressifs envers les femmes pendant les séances. Étant moi-même un de ces gars-là, je trouve que c’est une observation intéressante. Cela m’a rappelé pourquoi je n’éprouve aucune pitié lors de l’entraînement avec les femmes ou les autres. J’ai grandi dans le monde du karaté où le symbolisme du gi et du salut revêt une grande importance à mes yeux.

Lorsque l’on franchit les portes du dojo, notre gi ou tenue de combat symbolise la neutralité. C’est d’ailleurs pourquoi, de saison en saison, je me dis qu’un jour je pourrais simplifier les choses en imposant une seule couleur de gi et une tenue similaire en Luta. Lorsque nous enfilons notre gi et que nous saluons pour débuter le cours, nous laissons derrière nous nos opinions politiques, religieuses, genrées, etc. Cela me pousse simplement à prendre en compte un aspect : le gabarit avec lequel je vais évoluer. Néanmoins, je conserve une approche martiale du karaté : celui qui possède le grade le plus bas donne le niveau d’intensité de son adversaire, au risque d’avoir un retour intense. L’idée sous-jacente est de travailler dans un esprit de coopération et d’intelligence.

Lorsqu’une femme m’invite à un combat ou que je m’entraîne avec elle en randori, je la considère comme une combattante. Elle est une personne qui cherche à me vaincre et à me soumettre, et je vais respecter cette intention et y répondre en conséquence. Personne n’est fragile, et si c’est le cas, normalement après quelques séances, ces individus ne persévèrent pas dans la discipline. Mettre K.O. une femme n’est pas un souci non plus. Toutefois, selon moi, le K.O. doit se faire en visant le corps ou les jambes, pour éviter d’infliger des blessures sévères à l’autre.

Les clés et étranglements, comme avec tout autre combattant, sont recherchés, et s’il y a une situation de danger, on signale martialement que cela pourrait provoquer une douleur réelle ou une blessure (rappelez-vous, on ne parle pas en randori).

L’avantage du Luta et du Bjj, c’est que si nous souhaitons nous investir pleinement dans chaque combat, il est possible de s’orienter vers des thèmes spécifiques lorsque les gabarits ou les niveaux diffèrent trop. Cela permet de focaliser sur des techniques spécifiques, des sorties ou des mouvements. Cela ajoute de la complexité et permet également aux partenaires de donner leur maximum.

Une fois le cours terminé, chacun retourne au monde civil du quotidien. Chacun est ce qu’il souhaite être, comme il le souhaite. Les précieux moments passés lors des séances sont uniques. C’est un monde exceptionnel qui dépend bien sûr de l’académie, des senseis et  surtout des élèves qui y participent. Dans certaines académies, les hommes peuvent se limiter à combattre entre eux, ou bien il y a des catégories de poids inférieures à 80 kg d’un côté et +80 de l’autre. Chacun a sa propre manière d’appréhender les choses, et comme je crois que chaque dojo est unique, une discipline que nous avons adorée en un endroit peut ne pas nous convenir dans un autre.

Dans mon dojo, garder à l’esprit que nous sommes simplement des combattants, réunis dans un esprit de discipline et de dépassement, est essentiel. Peu importe qui vous êtes, vous prendrez et donnerez autant que les autres. Si cela ne vous convient pas, il existe une multitude de dojos qui pourraient répondre à vos attentes. Cependant, cela m’amène à revenir à l’article que j’ai écrit sur mon dojo, ma propre dictature.

Et vous, avez-vous déjà ressenti que les gens vous traitaient différemment en fonction de votre sexe, de votre genre, de votre taille ou de votre poids ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#femme #homme #combat #dureté #équité #discrimination #inclusivité #exclusivité

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #52 : Faire des centaines de randori

Depuis 6 semaines, à l’académie, c’est la période des randoris. En Gi ou en Luta, avec et sans frappes. L’idée en fin de saison est de permettre aux élèves de ne plus cogiter et d’assimiler de nouvelles données, mais simplement de s’exprimer et de se tester. Comme je m’entraîne 6 jours par semaine, cela revient à avoir fait plus de 400 randoris.

Hier, je me faisais la réflexion que c’est quand même extraordinaire les styles de préhension axés au sol pour cela. On peut combattre des centaines de fois, face à des adversaires qui vont à pleine puissance sans jamais se blesser. Certes, parfois, il y a des douleurs et des maux, mais rien de bien méchant.

Pour un débutant qui vient s’entraîner 3 fois par semaine, admettons avec 10 randoris par semaine pendant 45 semaines, cela revient à 450 combats. Ce qui est absolument énorme et fait qu’une saison à une autre, une ceinture blanche avec juste une année de pratique puisse battre 90% des personnes néophytes ayant le même rapport taille-poids qui entrent pour débuter le BJJ ou la Luta.

En une année, tu fais plus de sparring à 100% que tu n’en feras peut-être en 5 ou 10 ans en boxe, avec possiblement des blessures. Les frappes traumatisent et rapidement, il faut soit limiter le nombre de combats, soit limiter l’impact de nos frappes. D’une façon ou d’une autre, la seule place où tu te donnes à fond, c’est pendant une compétition.

En BJJ, tu peux avoir l’esprit de compétition sur tous tes randoris. Te donner la misère avec tes partenaires et si tu es malin, en gros, pas un abruti égotique qui ne veut pas taper, tu finis vide et essoufflé, c’est tout.

Même si aujourd’hui le grappling n’est pas spécialement reconnu en défense personnelle, ça reste un système où physiquement l’opposition et la pression de quelqu’un sont connues, voire se faire éclater pendant des mois et des années par des plus gradés est une chose courante. Il est même étonnant que même si les agresseurs soient athlétiques, ils n’aient en réalité jamais vécu la pression physique d’un grappler.

Quand on s’y oppose, il y a tellement un écart que tu as l’impression de jouer avec un enfant, le stress et l’envie d’en finir rapidement en plus. C’est la même sensation que lorsque tu as des nouveaux, bien chauds et costauds, qui entrent dans ton dojo et que tu les vois se faire exécuter par un petit gabarit.

Nous avons un style qui est vraiment ludique et même s’il reste assez frustrant dans plein de circonstances et que les aptitudes physiques jouent beaucoup, le fait de pouvoir se découvrir sans se limiter donne aussi une meilleure compréhension de soi, de sa façon d’être, de ce que nous « traitons » de nous pendant les combats.

Nos personnalités, nos failles et nos forces sont là, au quotidien, pour nous rappeler ce que nous sommes dans cette expression primitive de soi, dans un contexte assez ouvert.

Enfin, l’abandon est une bonne chose, il nous rappelle que nous pouvons gagner ou perdre n’importe où et n’importe quand, puis nous remettre à nouveau à la tâche.

Et vous, aimez-vous les randoris ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.
Pank

#ArtsMartiaux #Hypnose #Entraînement #Combat #BJJ #Grappling #CeintureBlanche #Compétition #DécouverteDeSoi #Abandon

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #15 : La fin de saison, un moment de combat

Après une saison d’entraînement comprenant six séances par semaine, de l’expérience a été acquise. Les élèves ont pris le temps de développer leur jeu, certains plongeant pour la première fois dans le monde du BJJ/Luta. Des heures d’entraînement où tout n’est pas toujours simple, entre les spécificités des morphologies, les techniques que l’on affectionne et celles que l’on ne parvient pas à maîtriser, etc.

L’année est une accumulation d’échéances, de victoires et de défaites, d’attentes et de déceptions. C’est une série de combats qui, pour certains, se fait ressentir au niveau des articulations ou de la fatigue qui s’accumule. En général, la fin de saison est plus calme, car nous mettons fin aux efforts de l’année avant une pause estivale.

Néanmoins, je pense que pour ceux d’entre nous qui avons la chance, comme à l’académie de la Raça (Fushan Kwoon), d’avoir le dojo ouvert pendant une partie de l’été, c’est un moment intéressant pour mettre en place des randoris. Attention, je ne parle pas de randoris intenses où l’on cherche à se déchirer, mais plutôt de combats souples.

Beaucoup souriront sûrement, car nous savons à quel point il est parfois contre-intuitif d’adopter une approche souple et que, comme en boxe, cela peut rapidement dégénérer en combat dur. Cependant, je pense que nous devons encadrer ce qu’est un randori. Il s’agit d’un exercice d’opposition où chaque protagoniste tente de placer ses techniques sans fermer complètement le jeu et en acceptant l’échec de sa stratégie.

Il faut se dire que nous pouvons maintenir un contrôle sans mouvement pendant 10 secondes, voire relâcher toute pression si nous sentons que notre partenaire n’est pas capable de s’échapper, afin de lui permettre de poursuivre son exercice et sa progression.
C’est aussi un moment pour expérimenter des échecs. Certes, je pourrais vous le dire à la manière des échecs, mais je parle vraiment de l’état d’esprit requis. Soyez prêts à essayer des choses qui pourraient ne pas fonctionner. Créez des situations dangereuses et provoquez des erreurs, car vous allez changer de rythme, trouver de nouveaux angles et explorer des directions que vous n’oseriez peut-être pas dans un combat intense.

Le randori est un cadre de combat qui offre la possibilité à tous de jouer et de progresser avec des pratiquants de tous niveaux, peu importe la différence de compétence. Car nous nous engageons dans des thèmes qui peuvent limiter l’expérience, même pour un débutant avec une ceinture blanche.

La fin de l’année est également l’occasion de réfléchir à ce que nous avons acquis et à ce qui n’a pas été complètement assimilé par notre corps. C’est un moment qui nous permet d’exprimer nos apprentissages dans une ambiance légère. Il est agréable de constater nos progrès, de voir ce qui est intégré et ce qui fait de plus en plus partie de notre jeu. Lorsque vous passez 60 ou 90 minutes à combattre quotidiennement, voire plusieurs fois par semaine, l’accumulation offre une expérience précieuse. Est-ce que mes prises sont bien placées ? Suis-je conscient de ma direction ? Ai-je de bonnes postures ? Est-ce que je réagis de la même manière avec tous les gabarits ? Préfère-je être au-dessus ou en dessous ?

C’est l’été, le dojo va être chaud (surtout lorsque l’abruti de professeur que je suis coupe les ventilations), il faut penser à se préserver, à s’arrêter pendant un ou deux combats, et s’entraîner pendant ce temps pour perfectionner les orientations des combats à venir. Profitez de ces dernières semaines avec amusement et partage avec vos partenaires d’entraînement.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

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