Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #515 : Prendre en Compte les Pieds Nus

Dans la Luta Livre ou le BJJ Nogi, nous combattons pieds nus. La différence avec le format en Gi est que notre combat debout s’apparente davantage à de la lutte qu’à du judo, et nous allons souvent chercher les jambes. Nous répétons des techniques issues de la lutte libre ou du catch wrestling, à la différence près que nous n’avons pas de chaussures.

Et ce n’est pas un détail : sur les changements d’angle, la puissance, la prise d’appui et même l’enroulé du pied, la façon de pratiquer la Luta Livre/Nogi sera différente et ne donnera pas les mêmes résultats. Lorsque des amis lutteurs nous corrigent, ils ne prennent pas toujours en compte cette différence, et ce n’est que lorsqu’on leur demande d’enlever leurs chaussures qu’ils comprennent.

Bien sûr, nous pouvons lutter sans chaussures, mais comme tout système conçu avec un « outil », la manière d’apprendre et les sensations intégreront cet élément supplémentaire comme la norme. C’est ce qui arrive aux pratiquants de Jiu-Jitsu qui découvrent le Nogi et qui doivent s’adapter, en prenant en compte ce que cela peut changer.

On pourrait observer une différence entre un Ko Uchi en mode Judo/Jiu-Jitsu et le même en lutte ; si la forme est proche, le fait qu’il n’y ait pas de kimono et que la chaussure puisse ne pas glisser peut faire penser à un crochetage.

Il est important de prendre en compte que ce que nous voyons en lutte est conçu avec des chaussures, et si la forme est nette pour un lutador, gardez à l’esprit que les appuis et les relais ne sont pas les mêmes, imposant parfois un temps supplémentaire qui rendra plus difficile la réalisation du takedown.

Prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be One, Pank. https://www.passioncombat.net/

Barefoot Martial Reflections of an Hypnofighter #515

In Luta Livre or BJJ Nogi, we fight barefoot. The difference with the Gi format is that our standing combat is more akin to wrestling than judo, and we often target the legs. We repeat techniques from freestyle wrestling or catch wrestling, with the distinction that we don’t wear shoes.

And this is not a minor detail: regarding angle changes, power, foot placement, and even foot wraps, the way of doing Luta Livre/Nogi will be different and will not yield the same results. When wrestler friends correct us, they themselves don’t always take this difference into account, and it’s only when we ask them to take off their shoes that they understand.

Of course, we can wrestle without shoes, but like any system designed with a « tool, » the way of learning and the sensations will incorporate this additional element as the norm. This is what happens to Jiu-Jitsu practitioners who discover Nogi and have to adapt, taking into account what it can change.

One could observe a difference between a Ko Uchi in Judo/Jiu-Jitsu mode and the same in wrestling; if the form is similar, the fact that there is no kimono and that the shoe might not slip can make it resemble a trip.

It is important to consider that what we see in wrestling is designed with shoes, and even if the form is clean for a wrestler, keep in mind that the footwork and transitions are not the same, sometimes imposing an extra timing that will make it more difficult to achieve the takedown.

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #499 : Quelques hypothèses sur la Luta Livre Esportiva issue du Catch Wrestling

Où se trouvent les chaussures en Luta Livre Esportiva ? Je me pose cette simple question : comment se fait-il qu’aujourd’hui, la Luta Livre, telle que Tatu a pu la partager, se pratique sans chaussures ? Je vous rappelle que Tatu était un élève du combattant et professeur de Catch Wrestling Manoel Rufino Dos Santos. Un style qui, lui, porte des chaussures. Je vais chercher l’information…

En tout cas, l’utilisation des chaussures, tout comme la règle du « tombé » (pinfall), explique la forme si particulière qu’a prise l’expression compétitive du Catch Wrestling. Cela a dû également influencer la Luta Livre, dont on aime dire qu’elle avait une spécialité de clés de jambe. Si on étudie un peu le CACC (Catch-As-Catch-Can), on se rend compte que les jambes étaient énormément utilisées pour mettre des crochets, les tirer ou les tordre afin de chercher le tombé.

Vous pouvez d’ailleurs le voir en Lutte universitaire, où souvent les jeunes se mettent sur le ventre (comme au judo) ou en quadrupédie pour éviter le tombé. Les nelsons (crochets de bras) ou les attaques sur les pieds sont alors les seuls moyens efficaces pour les retourner (voire, si l’on est colossal, l’arraché). La prise de dos pour étrangler n’y existe pas.

Ceci explique sûrement pourquoi les Lutadores étaient initialement moins des passeurs de garde que des attaquants de jambes. Par extension, on peut comprendre, par la forme de la lutte de Wigan, pourquoi les guillotines sont tant utilisées dans la Luta Livre. Un autre vestige du CACC que tous les élèves de Flavio Santiago Peroba (FST) ont vécu avec le mantra : « Ne mets jamais ton dos au sol, n’accepte pas ».

Nous revenons sur le danger du tombé. Pendant des décennies, dans les divers combats de lutte qui pouvaient se faire sous des règles mixtes (Judo/Jiu-jitsu, gréco, libre ou Vale Tudo), le tombé pouvait très souvent mettre fin au combat. Par conséquent, cela n’offrait pas de temps pour rester sur le dos et travailler, mais incitait à vite faire des « wrestle up » pour combattre debout.

Rappel : Les frères Gracie, et surtout Helio, avaient une garde fermée terrible, difficile à passer. Mais, et c’est une conséquence logique, elle était peu agressive, allant souvent au « Draw » (match nul) lors des combats.

Il y a certainement beaucoup de choses dans la culture de la Luta Livre Esportiva qui se font par mimétisme des générations passées, et qui sont désormais ancrées dans la culture du style, provenant de l’histoire et de son origine : le Catch Wrestling.

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Martial Reflections of an Hypnofighter #499: Some Hypotheses on Luta Livre Esportiva derived from Catch Wrestling

Where are the shoes in Luta Livre Esportiva? I ask myself this simple question: how is it that today, Luta Livre, as Tatu shared it, is practiced without shoes? I remind you that Tatu was a student of the fighter and Catch Wrestling professor Manoel Rufino Dos Santos. A style that does wear shoes. I will look for the information…

In any case, the use of shoes, just like the « pinfall » rule, explains the very particular form that the competitive expression of Catch Wrestling took. This must have also influenced Luta Livre, which is often said to have had a specialty in leg locks. If we study CACC (Catch-As-Catch-Can) a little, we realize that legs were used enormously to place hooks, pull them, or twist them in order to seek the pinfall.

You can see this in collegiate wrestling, where young athletes often lay on their stomachs (like in Judo) or in a quadrupedal position to avoid being pinned. Nelsons (arm hooks) or attacks on the feet are then the only effective ways to turn them over (or, if one is colossal, the deadlift). Taking the back to choke does not exist there.

This surely explains why Lutadores were initially less guard passers than leg attackers. By extension, we can understand, through the form of Wigan wrestling, why guillotines are so widely used in Luta Livre. Another remnant of CACC that all students of Flavio Santiago Peroba (FST) experienced with the mantra: « Never put your back on the ground, never accept it. »

We return to the danger of the pinfall. For decades, in various grappling matches that could take place under mixed rules (Judo/Jiu-jitsu, Greco, Freestyle, or Vale Tudo), the pinfall could very often end the fight. Consequently, this did not offer time to stay on the back and work, but encouraged quickly doing « wrestle ups » to fight standing.

Reminder: The Gracie brothers, and especially Helio, had a terrible closed guard that was difficult to pass. But, and this is a logical consequence, it was not very aggressive, often leading to a « Draw » during fights.

There are certainly many things in the culture of Luta Livre Esportiva that are done by mimicking past generations, and which are now anchored in the culture of the style, coming from history and its origin: Catch Wrestling.

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