Réflexions martiales d’un Hypnofighter #35 : Le Jiu-Jitsu et moi

Hier, après un échange intéressant avec Loïc, je me suis souvenu que l’on me faisait souvent remarquer que je ne suis pas un pro kimono et pire encore, que je n’aime pas le gi. Clairement, cela fait près de 25 ans que je pratique le Jiu-Jitsu et il est vrai que ce n’est pas ma passion en termes de combat. J’y suis arrivé en tant que karateka pratiquant le Pancrase pour améliorer mon combat libre. Je me souviens à quel point le kimono me semblait inintéressant et dénué de toute cohérence par rapport à une logique de MMA. Pour moi le kimono est trop éloigné du combat, par contre c’est un jeu amusant.

Je lançais des heel hooks à peu près comme tous les combattants de l’époque et je ne faisais que me faire réprimander. Ce qui me frustrait, c’était de croire que le Jiu-Jitsu était un art souple alors que je ne ressentais que de la force à travers les prises. Aucune des techniques ne passait en randori, autant dire que je revenais très vite aux clés de jambes.

De plus, mon parcours en BJJ n’a pas été simple, j’ai été plus autodidacte qu’élève. Après ma ceinture bleue remise par Orla, j’ai dû m’entraîner en gi, seul ou en passant voir des potes et en adaptant avec la Luta Livre que je travaillais avec Flavio Peroba. Je n’ai obtenu ma ceinture noire que parce que je réussissais à battre des Jiu-Jitsukas de rang supérieur en randori.

Autant dire que mon Jiu-Jitsu en gi est fortement influencé par la Luta et mes rencontres lors de séminaires, ainsi que par l’apprentissage à travers des livres et des vidéos. Cela peut expliquer pourquoi je ne suis pas réellement fan du combat en BJJ. Je trouve que cela bloque, que ce n’est pas fluide. Les grips et les nœuds sont trop prédominants et peuvent gâcher les combats.
Cependant, j’ai eu la chance d’enseigner dans ma propre section de Jiu-Jitsu et de Luta Livre depuis 2011. Auparavant, je donnais déjà des cours de grappling depuis 2007 dans un cours de MMA (au NBF). Comme je souhaitais proposer une réelle différence entre la Luta et le Jiu-Jitsu, j’ai dû cogiter (et je continue) sur l’enseignement.

C’est là que j’ai retrouvé un grand plaisir avec le kimono. Je pense que pédagogiquement, le gi, avec ses prises, ses angles et ses différentes possibilités, offre plus d’outils pour l’enseignement. Je trouve même que lors des randoris (je ne parle pas des combats « durs » en compétition), les grips et la possibilité de gérer plus « facilement » les distances offrent plus de temps pour mettre en place une stratégie.

Je me suis rendu compte que même si certains de mes élèves préfèrent la Luta, ils progressent très bien grâce au Jiu-Jitsu et je pense que c’est vraiment lié aux rythmes et à la possibilité de se concentrer sur des étapes, alors qu’en nogi, ils compensent davantage avec leurs aptitudes physiques.

En compétition, pour moi, il n’y a pas photo. Le gi m’ennuie vraiment. Surtout dans la catégorie Sumo. Soyons honnêtes, à moins d’être Victor Hugo ou d’avoir des styles à la Buchecha, ce n’est pas particulièrement subtil et la force et les grips deviennent rapidement bloquantes (comme en Judo poids lourd). En grappling, le fait d’être plus mobile et glissant ouvre des opportunités, des sorties et des attaques (qui sont moins assurées qu’en gi). Il y a aussi mon état d’esprit de combattant MMA où je pense toujours aux frappes dans ma vision du sol. Cela fait que de nombreuses positions en Jiu-Jitsu, en particulier avec les lapels, les fifty-fifty, spider, Lasso, etc., me donnent l’impression d’être irréalistes dans un combat « réel ».

Je suis favorable au Jiu-Jitsu sportif, je pense que la compétition est positive. Néanmoins, au dojo, je ne veux pas suivre les logiques de l’IBJJF. Mes ceintures blanches peuvent faire des heel hooks ou des clés de cou et personne ne se blesse. Je ne leur parle pas de points (sauf pour les rares qui veulent participer en compétition) et j’inclus toujours du travail en tachi-waza.

Le Jiu-Jitsu est une superbe discipline, elle a évolué ces dernières années grâce au nombre de pratiquants, à la diffusion d’informations et au niveau incroyable du côté sportif. Je pense que je reste parfois plus critique envers le monde du gi, parce que je suis imprégné du MMA et bien sûr de la propagande Lutadorienne du XXe siècle. Je suis un fan de Jiu-Jitsu grâce à Royce, pour moi, cette école représente cette idée, une discipline qui peut poser de beaux défis en interstyle sans avoir à frapper.

Et vous, qu’aimez-vous plus ou moins dans le Jiu-Jitsu ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be one
Pank

#racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #29 : L’esprit sectaire dans les arts martiaux

Ne nous leurrons pas, les arts martiaux peuvent très facilement dévier vers des comportements assez sombres. Entre les sensei qui imposent des conditions insupportables aux élèves au nom de la tradition, les sorties ou retraites qui deviennent des moments de conntrôle physique et psychologique, les cultes de la personnalité et le besoin constant d’exercer une domination sur les apprenants, il y a de quoi s’inquiéter.

Combien de professeurs dans divers styles, en plus de leur mystique, se considèrent comme détenteurs d’un savoir unique et absolu, se permettant des humiliations constantes pour rendre les futurs bras droits ou instructeurs de leur ryu plus dociles ?
Cela s’applique également à nos arts martiaux modernes. Il est malheureusement assez récurrent d’entendre parler de professeurs d’académies qui imposent des relations sexuelles avec de très jeunes femmes, fascinées par la figure d’autorité qu’ils représentent.

Les légendes n’aident en rien. Combien de pratiquants sont perçus différemment lorsqu’ils ont eu l’occasion de s’entraîner avec le fondateur ? Comme si leur propre niveau était lié à la personne qui a créé l’école. Pourtant, dans les faits, cela n’a pas grand-chose à voir. De nombreux jiujitsukas sont d’excellents professeurs et combattants, sans avoir jamais approché de près ou de loin un membre de la famille Gracie.

Si l’on se limite aux Gracie, Rickson explique clairement que son père et son oncle ont créé une sorte de secte de combattants pour satisfaire l’ego démesuré d’Hélio. Parfois, je ris avec mes amis du Kyokushin parce que le fonctionnement y est très sectaire. On n’a jamais le droit de dire quoi que ce soit, à part « OSU ». On passe son temps à tout valider, même lorsque l’on n’est pas d’accord.
Comme dans le domaine de l’hypnose et des disciplines complémentaires, il est facile de succomber à cette sensation de « puissance ». Comme Kara l’a récemment mentionné dans un commentaire, beaucoup de pratiquants cherchent plus ou moins consciemment une figure parentale. Cela permet aux professeurs, qui ont besoin de reconnaissance et de pouvoir, de prendre une place qui leur est déjà attribuée par le groupe.

C’est encore plus flagrant avec les maîtres du Chi. Ils ont toute une armée de disciples prêts à démontrer la puissance de la technique et la maîtrise absolue de l’énergie en étant des cobayes totalement conditionnés. Si en plus, il y a une forme d’orientalisme avec les notions de senpai, sensei, hanshi, les élèves deviennent de véritables serviteurs à disposition. Tout doit être fait pour le confort du maître, qui est souvent déconnecté de la réalité, même si son niveau n’est pas vraiment extraordinaire.

Le respect pour les plus anciens ne doit pas devenir un moyen de prendre le contrôle sur des personnes qui les admirent pour leur ceinture ou leur statut. Les pratiquants sont des êtres humains et les valeurs officielles des écoles sont rarement appliquées. L’étiquette martiale est un mythe, il suffit de voir à quel point les professeurs se laissent aller à l’alcool pendant les stages ou les soirées de fin de stage, comment ils cherchent à séduire les pratiquantes pour obtenir plus que de simples sourires respectueux. On oublie vite le contrôle de soi et la maîtrise de soi, ne laissant que les instincts les plus primaires prendre le dessus.
Lorsque vous rejoignez une académie, essayez de maintenir un esprit critique autant que possible, même si cela peut être difficile, car nous projetons beaucoup et sommes en attente. C’est d’autant plus vrai lorsque le professeur est une légende ou que vous êtes fasciné par lui. Il est très facile de se retrouver sous l’emprise d’une simple passion et du désir de donner le meilleur de soi-même.

Et vous, avez-vous déjà rencontré des gourous dans les arts martiaux ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#étiquette #secte #dérivesectaire #respect #endoctrinnement #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #27 : Remettre une ceinture noire

C’est vraiment unique dans le monde de la Luta Livre et du BJJ, car nous n’avons pas d’examen fédéral comme dans les autres arts martiaux et sports de combat. Le professeur est celui qui décide si ses élèves ont atteint le niveau de ceinture noire. Dans ces disciplines brésiliennes, cette ceinture est plutôt longue à obtenir. Dans le cas de mes élèves, cela fait 15 ans qu’ils pratiquent.

Ce temps a offert des heures de combats, de partage, de voyages, de restaurants et d’amitiés. J’ai vu des vies complètement changer, d’étudiants devenir des professionnels, de célibataires devenir parents. Les années ont passé rapidement, avec tout ce que la vie apporte sur son chemin.

Le dojo reste quant à lui une salle immuable, avec ses salutations, ses répétitions et souvent des retards 😉 C’est un lieu central dans la vie des pratiquant. Après tant d’années à pratiquer la même discipline au même endroit, nous entrons dans une zone familière. Paradoxalement, elle est rarement confortable, surtout lorsque l’on progresse dans les grades, toujours chassé par les jeunes lions et lionnes.

Pour beaucoup d’arts martiaux, la ceinture noire marque le début du chemin, mais ce n’est pas le cas dans nos disciplines. J’en ai discuté il y a quelques années avec Patrick Lombardo, fondateur du Kenpokan et du Pankido. Dans les styles japonais, il est normal d’atteindre la ceinture noire après 3 à 5 ans de pratique, car cela représente une base.

En Jiu-jitsu et en Luta, nous ne sommes plus dans les bases à partir de la ceinture bleue ou violette. Nous avons un jeu qui change très rarement une fois que nous atteignons la ceinture noire. Nous connaissons suffisamment notre corps, nos forces et nos faiblesses pour affiner notre façon de pratiquer.

D’ailleurs, en BJJ, les degrés qui suivent la ceinture noire sont obtenus simplement avec le temps.
Ainsi, remettre une ceinture noire, c’est un peu se dire en tant que professeur : « J’ai accompli quelque chose. » Depuis longtemps, ils n’ont plus besoin de moi, mais le cycle est terminé. Maintenant, comme moi, ils sont ceintures noires. Ils ne sont plus des élèves, mais des codisciples. Ce qui est bien dans ce système de combat, c’est que les jeux qu’ils ont développés ne reflètent pas uniquement la spécificité du professeur, mais leur personnalité et leur style.

Donner ses premières ceintures noires est apaisant. Tu te dis que tu as terminé quelque chose, malgré toutes les difficultés que représente la pédagogie et les réflexions sur la manière de faire progresser les autres.

Pour ce passage, mes élèves ont combattu. Juste combattu, pas de techniques à démontrer, pas de points à obtenir. Juste se battre jusqu’à redevenir une ceinture blanche, tellement c’est épuisant. Terminer un cycle en prenant sa ceinture noire et, paradoxalement, se faire rouler dessus comme au début.

90 minutes de combat en kimono, en no-gi et en MMA. Parce qu’un Jiujitsuka ou un Lutador est un grappler qui doit être capable de gérer les frappes, de supporter la pression des coups et d’imposer le corps à corps et/ou le sol à son adversaire, même dans les pires conditions de fatigue. Vivre un petit enfer avec très peu de temps de récupération est un souvenir important, tout comme dans les styles nippons avec leurs 50 combats.

Bravo à eux et merci d’avoir partagé toutes ces années de tatamis et bien plus encore avec moi. Remettre une ceinture noire, c’est aussi prendre conscience qu’on a véritablement été un professeur.
Et vous, comment avez-vous obtenu votre ceinture noire ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#passagedegrade #ceinturenoire #graduation #grappling #striking #débutant #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #24 : Le Tomiki Aikido

Je voulais parler un peu de l’Aikido et surtout d’un style que nous ne connaissons pas beaucoup en France : l’école de Kenji Tomiki. J’ai remarqué que Chadi a partagé une vidéo sur le sujet (https://www.youtube.com/watch?v=XuGhKWcXXYo). L’Aikido n’est pas connu pour son efficacité, bien que des pratiquants comme Shioda aient été de solides combattants à leur époque.

Le système initial était l’Aiki Jitsu, une école qui semblait avoir été utilisée pendant l’ère Tokugawa par les bretteurs. En observant les techniques, il est difficile de croire en leur efficacité sur un champ de bataille. Il faut se rappeler que l’ère Tokugawa, qui a duré trois siècles, était pacifique, et les maîtres ont perfectionné des techniques de guerre qu’ils n’ont jamais utilisées sur un champ de bataille. Cela a néanmoins développé l’aspect « spirituel » du combat.

Ce que j’ai trouvé intéressant il y a des années lorsque j’ai découvert le Tomiki Aikido, c’est l’idée géniale de savoir si les formes aiki fonctionnent. En effet, son fondateur était un haut gradé du Judo et un élève de Kano. Il avait donc cette habitude très positive des randori. Je vous rappelle que la notion de combat souple n’existait pas au Japon, il s’agissait de répétitions techniques, et la seule réalité possible se produisait pendant les affrontements. Même le Kendo n’a commencé ses assauts qu’en 1912. C’est le génie de Jigoro Kano qui a ouvert la voie du combat d’opposition souple.

Ueshiba venait d’une école d’Aiki Jitsu Takeda, qui prônait de vieilles formes et, en plus de son orientation spirituelle pendant sa quarantaine, l’a éloigné de tout ce qui pouvait être en opposition avec l’idée de compétition. Vous pouvez imaginer qu’un Aikidoka avec une solide expérience en Judo peut avoir une sensation de manque du peu de réalisme dans les entraînements pré-établis. Il a donc mis en place sa propre tendance avec des compétitions pendant lesquelles nous pouvons voir des projections et des clés à la volée assez efficaces.

Il y a même un travail avec des armes qui peut montrer à quel point il est difficile de combattre un adversaire armé d’un couteau. La force de ce type d’expression rend certes moins gracieuse la voie de l’union des énergies, mais nous offre la possibilité de considérer les techniques réellement applicables.

C’est également ce que nous apporte le Jiu-jitsu ou le MMA. Nous pouvons facilement dresser des statistiques sur les techniques qui fonctionnent réellement et celles qui sont des exceptions. Nous savons que les coups de pied sautés peuvent fonctionner, mais en réalité, leur taux de réussite est plutôt faible. Lorsque nous étudions un style, il est utile de savoir ce qui est réellement utile. Par exemple, en Kali, certaines écoles peuvent enseigner huit angles d’attaque avec bâton et couteau. Cependant, lorsque les Dog Brothers ont développé leur « gathering », des rassemblements de combats avec des bâtons en rotin et peu de protection, il est apparu que trois angles, voire deux, étaient largement suffisants, et c’est ce que tous les participants utilisaient.

Si nous voulons être efficaces en combat, il est préférable de se concentrer sur ce qui fonctionne, puis de revenir sur le patrimoine « culturel et technique » dans un second temps. Tomiki a été un précurseur particulièrement critiqué dans le monde de l’Aikido, alors qu’il a simplement voulu permettre à ses élèves de se tester et d’entrer dans une réalité d’opposition. Le combat n’est pas chose simple, sauf si nous sommes les initiateurs de la première attaque. Apprendre à gérer le stress des compétitions et l’intensité d’une personne qui veut vous battre est un excellent moyen de se sentir prêt pour d’éventuels affrontements.

Connaissiez-vous le Tomiki Aikido ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#compétition #aikido #kenjitomiki #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #23 : Devenir un bon UKE

Le UKE, c’est-à-dire le partenaire qui aide ou reçoit la technique, est l’élément le plus important de la dynamique d’apprentissage. C’est un discours que j’ai malheureusement peu entendu pendant mon parcours dans les arts martiaux. En tant que receveur, nous avions souvent tendance à mettre trop de résistance, voire à empêcher notre partenaire de réussir pour « voir si ça passerait en réel ».

Avec les années, j’ai compris à quel point il était difficile d’apprendre à recevoir, entre le partenaire tendu, celui qui est trop mou ou celui qui réagit de manière fictive. Un UKE devrait réagir initialement comme il le ferait en combat, puis passer de 100% d’opposition à 10 ou 20% pour progressivement établir les bonnes bases de travail pour le TORI.

Répéter une technique 100 fois sur un UKE dont les réactions ou les formes ne se retrouvent pas en combat ne sert à rien. Même si nous avons l’impression de répéter la forme, le BJJ et la Luta jouent sur des pressions, des angles et des éléments subtils qui vont au-delà de la forme.

Le UKE est l’élément central de l’entraînement. Si je sais exécuter la technique mais que mon UKE ne sait pas y réagir, ce que je fais va rapidement changer de thème. Si je ne sais pas exécuter la technique et que mon UKE est également perdu, nous restons simplement dans la compréhension de la forme. Nous savons que tout le monde peut donner l’illusion d’un jab sans jamais comprendre les transferts de poids, les rotations du poing, etc. La forme n’est que notre perception de la technique, pas la compréhension des principes. Si je ne sais pas exécuter la technique mais que mon UKE sait y répondre et l’exécuter, il me guidera et m’orientera.

Le UKE est celui qui permet de réussir son apprentissage. C’est lui qui s’adapte à ce que le TORI met en place pour que cela fonctionne et lui donne des indications pour s’améliorer, lui indiquer les points qui ne vont pas, etc.

Pendant les phases de combat debout, il est important d’avoir un UKE qui ose chuter, pour donner confiance au TORI et lui montrer que ses efforts sont récompensés. Le partenaire qui n’aide pas est celui qui, lors d’une tentative de projection réussie, effectue un sprawl pour éviter de tomber. D’une part, cela n’a aucun sens car nous ne sommes pas en randori, et d’autre part, cela bloque inconsciemment le TORI et l’empêche d’aller plus loin. C’est une forme d’impuissance acquise qui sera difficile à dépasser.

Lorsque nous sommes UKE, nous devons avoir le désir de faire progresser l’autre et de comprendre au mieux la technique et ce que nous ressentons lorsque nous la subissons. Nous devenons plus ouverts aux prises, aux angles, et nous nous interrogeons sur ce qui a fonctionné et sur ce qui fait que parfois ça ne marche pas. C’est un processus d’observation et d’apprentissage.

Penser que lorsque vous êtes UKE, vous perdez votre temps à subir est une mécompréhension de votre rôle. Vous êtes en train de travailler et de développer votre jeu. Impliquer à la fois les débutants et les gradés dans le rôle d’UKE est essentiel.

C’est grâce à nos bons UKE, à nos partenaires avec qui nous aimons répéter nos exercices et nos techniques, que nous progressons et prenons conscience que nous devons également faire attention à l’autre en randori. Perdre un partenaire qui est un bon UKE à cause d’une blessure représente une perte pour la qualité des cours que nous suivons.

Et vous, comment considérez-vous votre posture d’UKE ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#UKE #TORI #apprentissage #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #22 : L’anticipation, une force stratégique

J’ai finalement compris pourquoi nous répétons autant les techniques dans des drills ou uchikomi. Bien sûr, cela nous permet de peaufiner les techniques, de prendre le temps de nous concentrer sur les détails qui nous conviennent, tels que les rythmes et les angles. Puis, petit à petit, j’ai commencé à observer l’importance du Uke. Comment allait-il réagir ? Si je change un élément, est-ce qu’il me donnera la même réponse ? Et si je répète exactement la même forme avec des critères quasi identiques, réagira-t-il de la même manière ?

Le Uke est l’élément déterminant de nos entraînements, et j’en parlerai demain. Il nous permet, dans nos répétitions, d’enregistrer des réponses. Nous continuons nos drills avec différents partenaires pour étudier et apprendre les différentes façons de réagir à nos attaques. En réalité, il n’y a pas cinquante façons de donner une réponse à une technique.

Cela nous offre la possibilité de compléter notre cartographie consciente et inconsciente de ce qui peut se passer pendant notre exécution technique. Nous pouvons dès lors travailler sur une réaction alternative ou peaufiner notre préaction. Dans les styles de préhension, la façon dont nous prenons le kumikata nous permet de préparer notre technique à venir et d’imposer des réponses, ou du moins de comprendre le type de réponse spontanée du style d’opposant que nous avons.

Une fois que nous avons pu observer les affrontements de grip et les préparations techniques de la réponse de l’adversaire, nous pouvons lancer la technique. Cependant, je n’attends pas la réaction, je la connais déjà. J’insiste sur ce point : la question n’est pas de savoir quand ou comment réagir, nous le savons grâce à la prise d’informations que nous avons mise en place pendant nos drills, puis pendant l’étude des préactions dans le randori, afin de lancer notre mouvement dès la fin de cette initiative.

Nous avons déjà une connaissance à plus de 80% de la réaction attendue, ce qui signifie que nous sommes déjà dans le début de l’exécution technique alors que notre partenaire n’est qu’à sa réaction instinctive. Nous prenons ainsi une demi-voire une pleine longueur d’avance sur lui.

Prenons l’exemple du triangle. À force de répéter mon drill, je sais que la grande majorité des défenses de triangle commence par la réaction de se mettre en colonne avec la tête droite et alignée, et qu’il y a un appui sur les jambes pour se redresser complètement. Donc, au moment où j’engage mon triangle, avant même qu’il ne se redresse, j’ai déjà effectué un hipscape, non pas pour attaquer la tête mais l’omoplate. Ce léger retard après sa réaction de s’aligner me permet d’exercer une pression sur son épaule voire de revenir à mon triangle.

Plus nous « connaissons » les réactions de nos partenaires, plus nous sommes dans une notion de fluidité, car nous sommes focalisés sur ce que nous faisons et pas réellement sur ce que l’autre va faire, sachant que nous avons suffisamment d’informations pour anticiper ses réponses. Il est évident que plus nous progressons, plus nos adversaires peuvent adopter des réponses adaptatives, jouant eux-mêmes sur cette anticipation et variant ainsi les feedbacks et les prises de données exploitables.

Que ce soit en BJJ, en Luta ou en Judo, les plus grands que j’ai pu croiser ou observer étaient des maîtres de l’anticipation, des experts de ce que les nippons nomment le sen no sen. D’ailleurs, dans les styles moins basés sur l’opposition comme l’aïkido ou le système, c’est un principe que nous pouvons voir de manière plus claire.

Et vous, où en êtes-vous ? Plutôt go no sen ou sen no sen ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#anticipation #sennosen #gonosen #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #19 : Les straps, un outil dopant ?

On en parle rarement, mais les straps pour un jiujitsuka sont un outil d’amélioration de la performance. Initialement, les grapplers se strappaient les doigts lorsqu’ils se blessaient afin de pouvoir continuer à saisir. Cependant, au fil des années, ce qui était initialement un simple pansement est devenu un outil pour éviter de se tordre les doigts, un moyen de renforcer nos mains même non blessées.

En Muay Thai, on porte des protège-tibias et des gants plus épais à l’entraînement pour ne pas blesser son partenaire et se préserver de blessures éventuelles. Jusqu’ici, tout va bien, mais ce qui me pose problème, c’est l’acceptation des straps lors des compétitions. C’est du « dopage » pour les doigts 😊. En Kyokushin, il n’est pas autorisé de porter des « pansements » ou des protections lors des premiers tours. Ensuite, c’est différent, car de toute façon, tu seras blessé (c’est fin ce style de karaté).

Mais dans notre discipline, le règlement permet aux pratiquants, qu’ils soient blessés ou non, de protéger leurs articulations des mains. Selon moi, tu devrais arriver le jour du combat « en état » et combattre (ou pas) malgré les douleurs et les blessures. Prenons l’exemple de la boxe, si tu as une blessure au tibia ou au pied, tu ne pourras pas mettre de protège-tibias.

De plus, en Jiu-Jitsu en kimono, les straps renforcent la prise. Ils sont abrasifs, ce qui rend difficile le retrait du kimono de la prise de l’adversaire. Pour moi, c’est la même chose que d’ajouter des éléments durs à tes bandages en boxe. Cela modifie la réalité physique du combat.

On critique souvent le dopage, que nous ne pouvons pas forcément détecter en raison des coûts élevés des tests, mais si l’on considère que le dopage concerne les produits qui améliorent nos performances de manière non naturelle, les straps pourraient en faire partie.

Si tu n’arrives pas à saisir le kimono parce que tu t’es blessé les mains, alors tu es comme ce boxeur qui ne peut plus boxer à cause de ses poignets fracassés ou ce coureur qui a des problèmes au genou, tu peux t’entrainer mais tu ne peux pas jouer en compétition.

Dans un style de combat, je trouve cela étonnant. Surtout que la différence est immédiate. Des prises que tu lâcherais normalement, tu les maintiens facilement. Et comme nous savons que la prise est un élément déterminant dans le match, cela devient difficile.
Alors les combattants qui ne peuvent plus utiliser leurs doigts pourraient penser qu’il serait injuste de les empêcher de concourir sans ces protections, mais c’est le cas dans presque tous les styles de combat et chacun doit prendre soin de lui-même au mieux. Si j’accepte de me faire mal aux mains lors de tamashiwari en pratiquant le karaté kyokushin, je dois assumer de combattre avec une main blessée.

Et que faisons-nous alors ? Eh bien, nous pratiquons du Luta Livre Gi 😊 (ok ça n’existe pas), c’est-à-dire que nous ne saisissons pas le kimono et nous continuons comme d’habitude en grappling (en no-gi). Certes, cela réduit l’intérêt du kimono, mais au final, chacun combat avec ses forces et ses faiblesses. Cela permettra peut-être à des athlètes de 30 ans de ne pas avoir les mains d’un octogénaire.
Comme je le disais dans l’article d’hier, il est également bon de s’interroger sur nos entraînements et sur les moyens de maintenir notre corps en bon état. La compétition (préparation et combats) peut déjà causer des dommages, mais si le règlement pousse indirectement à se strapper comme un élément de performance, peu importe les blessures, cela ne facilitera pas une pratique confortable au fil des années.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#strap #blessure #compétition #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #16 : La dangerosité des débutants


Plus tu t’entraînes et maîtrises ta discipline en BJJ/Luta ou MMA, moins tu apprécies de combattre avec des débutants. Tu connais les risques des différentes positions, tu as vu de nombreuses blessures et tu sais qu’une force appliquée dans un sens opposé à une autre peut entraîner des fractures. Après avoir passé des heures sur le tatami, tu as compris, parfois grâce à tes propres blessures, mais aussi par logique et empathie, que certaines actions peuvent très mal se terminer.


En revanche, les nouveaux venus sont remplis d’euphorie. Pour 90% d’entre eux, ils ne veulent que combattre, l’intérêt technique ne vient que lorsqu’ils ont été battus encore et encore. Ainsi, le débutant, plein de désir et d’ego, veut montrer pendant les randoris qu’il est fort. Parce qu’il a pratiqué un peu, parce que c’était toujours lui qui gagnait contre ses amis, parce qu’il regarde tous les combats de l’UFC et que par mimétisme, les techniques fonctionnent.


Alors ils affrontent des personnes plus expérimentées, des hommes et des femmes qui ont consacré du temps à apprendre et à combattre. Certains ne sont pas des combattants aguerris et viennent simplement à l’académie pour l’ambiance, la condition physique et le plaisir d’apprendre. Il arrive que les débutants les maltraitent, sans forcément les vaincre, mais ils gagnent en confiance. Cependant, ils ne se rendent pas compte du nombre de fois où ils ont été dangereux : un coude qui frôle de près l’arcade, des doigts près des yeux ou des tentatives de chevilles risquées. Quand ils rencontrent un pratiquant chevronné qui aime le combat, ils vont commencer à en prendre pour leur grade. Souvent, le pratiquant expérimenté agit avec une correction éducative, faisant attention aux autres, aux murs et aux gestes dangereux, et « protégeant » les erreurs inconnues et blessantes pour l’autre.


Cette attention que de nombreux gradés peuvent avoir constitue un véritable problème pour eux-mêmes. Prendre en compte le fait de ne pas blesser l’adversaire, qui ne connaît pas suffisamment ou ne fait pas attention, ouvre la possibilité de se blesser soi-même. Et il n’y a rien de plus frustrant. Combien de combattants se sont blessés pour protéger leur adversaire des erreurs causées par un manque d’entraînement de leur partenaire ? Malgré nos explications, la prise de conscience des dangers n’est pas encore présente. Malheureusement, j’ai également vu des débutants se blesser gravement dès les premiers mois.


Il est dommage de voir des personnes motivées ne plus pouvoir pratiquer rapidement parce qu’elles ne connaissaient pas certaines positions, mais le pire, c’est lors des soumissions, quand elles ne sont pas conscientes que leur corps n’est pas invincible et que leur souplesse a des limites. Ce moment où le jeune pratiquant réalise trop tard qu’il aurait dû abandonner au lieu de bouger dans tous les sens de manière désordonnée. C’est la première confrontation avec l’ego, refusant de céder simplement pour montrer qu’il ne peut pas être soumis.


Pour moi, s’entraîner avec des débutants est difficile. Outre le manque d’intérêt tant qu’ils n’ont pas acquis les bases, ils sont facilement blessables. Décider de s’entraîner avec eux est toujours une option où je me dis : il faut rapidement les calmer, sinon cela pourrait créer des situations délicates à gérer, tant pour eux que pour moi.


Et vous, comment vous sentez-vous avec les débutants au dojo ?


Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#début #débutant #expert #blessure #danger #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #15 : La fin de saison, un moment de combat

Après une saison d’entraînement comprenant six séances par semaine, de l’expérience a été acquise. Les élèves ont pris le temps de développer leur jeu, certains plongeant pour la première fois dans le monde du BJJ/Luta. Des heures d’entraînement où tout n’est pas toujours simple, entre les spécificités des morphologies, les techniques que l’on affectionne et celles que l’on ne parvient pas à maîtriser, etc.

L’année est une accumulation d’échéances, de victoires et de défaites, d’attentes et de déceptions. C’est une série de combats qui, pour certains, se fait ressentir au niveau des articulations ou de la fatigue qui s’accumule. En général, la fin de saison est plus calme, car nous mettons fin aux efforts de l’année avant une pause estivale.

Néanmoins, je pense que pour ceux d’entre nous qui avons la chance, comme à l’académie de la Raça (Fushan Kwoon), d’avoir le dojo ouvert pendant une partie de l’été, c’est un moment intéressant pour mettre en place des randoris. Attention, je ne parle pas de randoris intenses où l’on cherche à se déchirer, mais plutôt de combats souples.

Beaucoup souriront sûrement, car nous savons à quel point il est parfois contre-intuitif d’adopter une approche souple et que, comme en boxe, cela peut rapidement dégénérer en combat dur. Cependant, je pense que nous devons encadrer ce qu’est un randori. Il s’agit d’un exercice d’opposition où chaque protagoniste tente de placer ses techniques sans fermer complètement le jeu et en acceptant l’échec de sa stratégie.

Il faut se dire que nous pouvons maintenir un contrôle sans mouvement pendant 10 secondes, voire relâcher toute pression si nous sentons que notre partenaire n’est pas capable de s’échapper, afin de lui permettre de poursuivre son exercice et sa progression.
C’est aussi un moment pour expérimenter des échecs. Certes, je pourrais vous le dire à la manière des échecs, mais je parle vraiment de l’état d’esprit requis. Soyez prêts à essayer des choses qui pourraient ne pas fonctionner. Créez des situations dangereuses et provoquez des erreurs, car vous allez changer de rythme, trouver de nouveaux angles et explorer des directions que vous n’oseriez peut-être pas dans un combat intense.

Le randori est un cadre de combat qui offre la possibilité à tous de jouer et de progresser avec des pratiquants de tous niveaux, peu importe la différence de compétence. Car nous nous engageons dans des thèmes qui peuvent limiter l’expérience, même pour un débutant avec une ceinture blanche.

La fin de l’année est également l’occasion de réfléchir à ce que nous avons acquis et à ce qui n’a pas été complètement assimilé par notre corps. C’est un moment qui nous permet d’exprimer nos apprentissages dans une ambiance légère. Il est agréable de constater nos progrès, de voir ce qui est intégré et ce qui fait de plus en plus partie de notre jeu. Lorsque vous passez 60 ou 90 minutes à combattre quotidiennement, voire plusieurs fois par semaine, l’accumulation offre une expérience précieuse. Est-ce que mes prises sont bien placées ? Suis-je conscient de ma direction ? Ai-je de bonnes postures ? Est-ce que je réagis de la même manière avec tous les gabarits ? Préfère-je être au-dessus ou en dessous ?

C’est l’été, le dojo va être chaud (surtout lorsque l’abruti de professeur que je suis coupe les ventilations), il faut penser à se préserver, à s’arrêter pendant un ou deux combats, et s’entraîner pendant ce temps pour perfectionner les orientations des combats à venir. Profitez de ces dernières semaines avec amusement et partage avec vos partenaires d’entraînement.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#succès #réussite #amateurisme #professionnalisme #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #14 : Les défis de la transition de l’amateurisme au professionnalisme.

Il y a un mouvement de popularisation des sports de combat tels que le MMA. La Fédération FMMAF, qui s’est développée il y a 2-3 ans sous l’égide de la Fédération de Boxe, travaille à faire connaître et structurer cette discipline, merci pour leur boulot. Le MMA n’est pas nouveau, et il était déjà possible d’organiser des galas en 1998. Cependant, après de nombreux conflits avec les ministères, sa reconnaissance officielle n’est intervenue que ces dernières années.


L’un des points positifs du monde fédéral, et encore plus dans un pays où les sports associatifs sont populaires comme en France, est de permettre l’accès à ces disciplines au plus grand nombre. Nous avons eu des champions de Muay Thai dans différentes disciplines et arts martiaux grâce à notre réseau associatif. C’est également le cas pour le football.


Cette structuration du sport pour tous entraîne un fort amateurisme. Bien que les encadrants eux-mêmes obtiennent des diplômes fédéraux ou nationaux et soient des professionnels dans leur discipline respective. Plus nous aurons de pratiquants amateurs, plus nous aurons de futurs champions professionnels, s’ils sont suivis comme tels.


Cependant, le processus de transition de l’amateurisme se fait également ressentir à un niveau plus élevé. Il n’est pas facile de passer professionnel dans les sports de combat. Pour être plus précis, trouver des combats professionnels est simple, mais avoir une structure professionnelle ne l’est pas. Et c’est là l’aspect négatif de notre monde associatif. Lorsqu’un athlète se donne corps et âme dans son MMA, il peut se retrouver dans l’incapacité d’accéder à son gymnase parce que la salle est occupée par des écoles en journée et inaccessible pendant les vacances.


Il est difficile de rivaliser avec les combattants étrangers qui peuvent littéralement dormir à l’académie et se concentrer uniquement sur leur amélioration. De plus, à part quelques bouchers locaux et quelques enseignes, nous ne sommes pas un pays où il est facile d’obtenir des sponsors pour participer à des compétitions et encore moins pour ne pas avoir à travailler parallèlement.


Ce problème n’est pas spécifique qu’au MMA. Nous savons que même en judo, où la fédération est très riche, de nombreux champions internationaux arrêtent leur parcours en raison du manque de moyens et de la nécessité de trouver un emploi rémunéré décemment.


En tant que pratiquants, beaucoup n’ont pas l’idée ou les moyens de payer 100 euros par mois pour aller dans des salles privées. De plus, le caractère privé ne garantit pas que les instructeurs soient meilleurs que dans le milieu associatif. En revanche, l’avantage réside dans la disponibilité des installations sur de larges plages horaires, la possibilité de suivre plusieurs cours par jour et d’avoir des personnes qui peuvent apporter leur aide dans d’autres aspects tels que la préparation physique voire mentale.


Pour permettre l’essor des jeunes générations, il est essentiel de construire des ponts entre l’amateur et le professionnel, entre le public et le privé. Sinon, il y aura toujours un plafond infranchissable ou tellement énergivore à long terme que nos futurs champions pourraient devoir se tourner vers autre chose avant d’avoir réellement pu briller et vivre de leur profession de sportif de haut niveau.
La France compte des athlètes du calibre des professionnels d’autres pays, mais trop souvent, ils se trouvent dans des structures et des modèles de pensée trop amateurs pour obtenir ce qu’ils méritent… le succès.


Et vous, êtes-vous issu du réseau associatif ou avez-vous directement rejoint des clubs privés ?
Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.


Be one
Pank

#succès #réussite #amateurisme #professionnalisme #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate