Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #68 : Le Mumonkai de Yoshimoto Togashi #1 – Une Plongée dans l’Univers du Karaté

En tant que passionné du karaté, je suis toujours intrigué par la multitude de mythes qui entourent ce domaine, bien plus qu’on ne le voit dans le monde du BJJ ou de la Luta. Les Japonais semblent particulièrement enclins à créer tout un engouement autour de pratiquants qui, parfois, ne brillent que sur le papier.

Un exemple marquant de cette tendance est apparu lorsque le défi de combattre Rickson Gracie a été lancé, à l’époque, et que le nom de Nobuhiko Takada a été avancé comme le combattant le plus redoutable pour relever ce défi. Les souvenirs de cette époque m’amènent à l’époque des balbutiements d’Internet dans les années 90, où la quête d’informations sur des figures telles que Takada se résumait à des recherches fastidieuses sur des forums et des sites obscurs, laissant beaucoup d’entre nous perplexes quant à ses origines et à son parcours.

Ce qui distingue magnifiquement le Jiujitsu, la Luta et les MMA, c’est que dans l’ère d’Internet, les mystères sont moins nombreux. Lorsque nous assistons à l’émergence d’un prodige comme Helena Crevar, formée par Danaher, et la voyons écraser la concurrence sur le circuit, ses prouesses sont déjà partagées abondamment sur les réseaux sociaux.

Dans ce premier volet consacré à Yoshimoto Togashi, je souhaite partager les informations que j’ai pu récolter. Actuellement, je me plonge dans sa biographie (rédigée en japonais, ce qui ajoute une touche de complexité à la tâche). Pourquoi ai-je choisi de parler de lui ? Parce que dans l’univers du karaté full contact, celui qui trouve son origine chez Oyama (et peut-être chez Motobu, bien que sous une forme de compétition différente de celle que nous connaissons aujourd’hui), Togashi occupe une place singulière.

Autodidacte, il n’a jamais eu de maître (sensei). Suite à la lecture d’un livre (dont je vous fournirai le titre ultérieurement, dès que possible), il s’est engagé dans l’apprentissage du karaté. Doté d’une grande athléticité dès son enfance et ayant grandi à proximité d’une montagne, il a décidé d’emboîter le pas à Mas Oyama en s’isolant pour s’entraîner en solitaire en pleine nature montagneuse.

Après un laps de temps significatif, il a relevé le défi de se mesurer au karaté Kyokushin sur son propre terrain, en participant à des tournois de ce style. D’après les vidéos que j’ai visionnées, ses performances ne sont pas époustouflantes, car il enfreint fréquemment les règles en utilisant des saisies et même des frappes au visage avec les poings.

Cependant, ce qui dépasse l’entendement, c’est qu’il parvient à se hisser à un niveau respectable pour l’époque en terminant cinquième lors du All Japan de 1973. Il s’incline face à celui qui deviendra le premier champion du monde en 1975, après une prolongation intense et un score de 2 à 1. Ce qui étonne davantage, c’est l’éloge d’Oyama lui-même, commentateur de l’événement, qui trouve Togashi impressionnant, bien que les faits sur le tatami ne penchent pas en sa faveur, et Sato le domine clairement.

Toutefois, la reconnaissance d’Oyama et la réussite de Togashi à élaborer de toutes pièces, ou presque, un système pédagogique et technique pour son propre style, sont des victoires en soi. À l’opposé de nombreux adeptes du karaté centrés sur le knockout, Togashi explore les possibilités des frappes au poing.

En effet, son approche se focalise sur les ichigeki, ces coups capables de conclure un combat en une seule frappe, comme nous avons pu le voir récemment avec O’Malley. Sa stratégie s’appuie moins sur les contre-attaques que sur des principes offensifs, avec une emphase claire sur le sen no sen. Ses frappes dégagent une énergie totale, évoquant presque des superman punches.
Les combats se déroulent avec les mêmes casques que ceux utilisés en daido juku. L’aspect fascinant réside dans sa recherche d’une symbiose entre défense et contre-attaque. À l’heure actuelle, alors que j’explore plusieurs styles moins populaires de karaté au Japon, je remarque fréquemment cette idée, qui bien que classique, trouve peu d’application concrète.

Mon exploration de sa vie se poursuit, et je ne manquerai pas de rédiger un prochain article pour vous en faire part.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#karate #masoyama #kyokushin #momunkai #yoshimototogashi #fullcontact #sato #alljapan #creation

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #64 : Pas de pitié à l’académie.

Un titre aussi percutant pourrait laisser croire que mon dojo est une émanation de Cobra Kai. Et c’est précisément ce que c’est ! Récemment, après une séance d’entraînement à la bagarre avec Guillaume, nous avons évoqué ces hommes qui se montrent un peu trop agressifs envers les femmes pendant les séances. Étant moi-même un de ces gars-là, je trouve que c’est une observation intéressante. Cela m’a rappelé pourquoi je n’éprouve aucune pitié lors de l’entraînement avec les femmes ou les autres. J’ai grandi dans le monde du karaté où le symbolisme du gi et du salut revêt une grande importance à mes yeux.

Lorsque l’on franchit les portes du dojo, notre gi ou tenue de combat symbolise la neutralité. C’est d’ailleurs pourquoi, de saison en saison, je me dis qu’un jour je pourrais simplifier les choses en imposant une seule couleur de gi et une tenue similaire en Luta. Lorsque nous enfilons notre gi et que nous saluons pour débuter le cours, nous laissons derrière nous nos opinions politiques, religieuses, genrées, etc. Cela me pousse simplement à prendre en compte un aspect : le gabarit avec lequel je vais évoluer. Néanmoins, je conserve une approche martiale du karaté : celui qui possède le grade le plus bas donne le niveau d’intensité de son adversaire, au risque d’avoir un retour intense. L’idée sous-jacente est de travailler dans un esprit de coopération et d’intelligence.

Lorsqu’une femme m’invite à un combat ou que je m’entraîne avec elle en randori, je la considère comme une combattante. Elle est une personne qui cherche à me vaincre et à me soumettre, et je vais respecter cette intention et y répondre en conséquence. Personne n’est fragile, et si c’est le cas, normalement après quelques séances, ces individus ne persévèrent pas dans la discipline. Mettre K.O. une femme n’est pas un souci non plus. Toutefois, selon moi, le K.O. doit se faire en visant le corps ou les jambes, pour éviter d’infliger des blessures sévères à l’autre.

Les clés et étranglements, comme avec tout autre combattant, sont recherchés, et s’il y a une situation de danger, on signale martialement que cela pourrait provoquer une douleur réelle ou une blessure (rappelez-vous, on ne parle pas en randori).

L’avantage du Luta et du Bjj, c’est que si nous souhaitons nous investir pleinement dans chaque combat, il est possible de s’orienter vers des thèmes spécifiques lorsque les gabarits ou les niveaux diffèrent trop. Cela permet de focaliser sur des techniques spécifiques, des sorties ou des mouvements. Cela ajoute de la complexité et permet également aux partenaires de donner leur maximum.

Une fois le cours terminé, chacun retourne au monde civil du quotidien. Chacun est ce qu’il souhaite être, comme il le souhaite. Les précieux moments passés lors des séances sont uniques. C’est un monde exceptionnel qui dépend bien sûr de l’académie, des senseis et  surtout des élèves qui y participent. Dans certaines académies, les hommes peuvent se limiter à combattre entre eux, ou bien il y a des catégories de poids inférieures à 80 kg d’un côté et +80 de l’autre. Chacun a sa propre manière d’appréhender les choses, et comme je crois que chaque dojo est unique, une discipline que nous avons adorée en un endroit peut ne pas nous convenir dans un autre.

Dans mon dojo, garder à l’esprit que nous sommes simplement des combattants, réunis dans un esprit de discipline et de dépassement, est essentiel. Peu importe qui vous êtes, vous prendrez et donnerez autant que les autres. Si cela ne vous convient pas, il existe une multitude de dojos qui pourraient répondre à vos attentes. Cependant, cela m’amène à revenir à l’article que j’ai écrit sur mon dojo, ma propre dictature.

Et vous, avez-vous déjà ressenti que les gens vous traitaient différemment en fonction de votre sexe, de votre genre, de votre taille ou de votre poids ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#femme #homme #combat #dureté #équité #discrimination #inclusivité #exclusivité

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #61 : Quand l’Administration Étouffe un Style de Combat.

Comme vous le savez sûrement, ma passion pour les arts martiaux trouve son origine dans le Karaté. Pour moi, c’est une discipline aux approches anachroniques de l’entraînement qui offre un moyen de développement physique et mental.

J’ai exploré des styles traditionnels tels que le Shito Ryu et le Goju Ryu, ainsi que des styles plus modernes comme le Kyokushin et le Daido Juku. J’ai apprécié chaque facette que ces différentes périodes de ma vie m’ont offerte. Il est remarquable que Mas Oyama ait pu accomplir peut-être plus que tous les autres sensei avant lui.

Le Kyokushin et ses dérivés comptent parmi les styles les plus pratiqués à travers le monde. Bien que beaucoup en France aient l’impression que l’école Shotokan, prédominante dans le karaté, soit répandue, c’est en réalité spécifique à l’Hexagone.

En observant diverses compétitions et en lisant sur les participants des premiers et seconds championnats du monde de l’IKO, j’ai pris le temps d’étudier les parcours de ces champions. La plupart des premières générations de Kyokushin, tels que Saeno, S. Oyama, Ashihara, Azuma, ont quitté Oyama au début des années 80 pour fonder leurs propres écoles. Le co-fondateur du Kyokushin, Kurosaki, est même parti créer le Meijiro Gym, ce qui souligne l’ampleur du phénomène.

En cherchant les raisons derrière ces séparations, on découvre souvent des problèmes liés à la gestion administrative des écoles. L’exemple le plus intéressant est celui de S. Oyama, qui a non seulement été un combattant, mais également un instructeur ayant propulsé le karaté jusqu’aux États-Unis, à New York. Des anecdotes amusantes subsistent, comme son voyage aux États-Unis quelques jours après avoir réussi son défi des 100 combats. Malgré une blessure, pour ne pas être perçu comme faible, il a combattu avec toute sa puissance contre tous les pratiquants du dojo où il enseignait.

Il expliquait avoir quitté l’IKO (l’organisation de M. Oyama) en raison de l’accumulation croissante de règles et d’interdictions. Un schéma similaire s’est reproduit plus tard, en 2016, bien après la disparition de Sosai, avec Nakamura, le champion des deux premiers championnats du monde IKO.

Pour Kurosaki, il semble que M. Oyama, qui s’occupait activement de la communication publique (grâce aux mythes ultérieurement déboulonnés par Bluming), commençait à politiser excessivement l’organisation, mais avait le mérite de la faire exploser.
Nous sommes conscients que les grands groupes, tels que l’IBJJF qui gère le BJJ, sont confrontés à la difficulté d’intégrer les pratiquants dans des structures réglementaires strictes. Il n’y a qu’à penser qu’il y a quelques années, lors de l’obtention de ma ceinture noire, une ceinture noire de 2e dan/grau devait attester de ma compétence. Ces dernières années, par des décisions davantage politiques et administratives, seules les ceintures noires de 3e dan validées par la fédération peuvent décerner ce grade. Cela entraine une complexité administrative sans intérêt quand on sait que le pratiquant à le niveau.

Nous constatons également des changements dans les uniformes de combat ainsi que dans les règlements, que ce soit en BJJ ou en Kyokushin. Ces évolutions s’éloignent de plus en plus, selon les opinions, des origines et des idées des précurseurs du système de compétition.

Si le Kyokushin n’avait pas connu une telle expansion, si les choses étaient restées plus simples, il y aurait probablement eu moins de scissions et moins de prolifération d’organisations qui, bien souvent, répètent les mêmes erreurs une fois qu’elles ont atteint une taille critique.

Et vous, avez-vous observé l’influence des obligations administratives dans vos pratiques martiales ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

#karate #BJJ #SosaiOyama #IKO #Kyokushin #IBJJF #séparation #histoire #administration #politique

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #51 : Se focaliser au travers des arts martiaux

Les sports et plus spécifiquement les arts martiaux nous permettent de revenir dans le monde réel, dans l’instant présent. Nous ne pouvons pas baisser notre garde trop longtemps, de peur de recevoir un coup ou de nous retrouver dans une posture délicate.

Dans une ère où nous percevons tout à travers des écrans de téléphone, que ce soit en filmant notre nourriture, un lieu que nous venons à peine de découvrir ou un événement que nous observons (concerts, rassemblements), les arts martiaux nous aident à être davantage présents et connectés.

Cette connexion est probablement liée au danger qui nous oblige à rester attentifs. Si nous nous laissons distraire par d’autres idées ou événements pendant un match, nous serons physiquement sanctionnés. Ce n’est pas forcément le cas dans de nombreux autres sports.

Ici, nous faisons face à un danger de blessure, indirectement recherché par notre adversaire. Si un partenaire ou un adversaire est distrait, nous en profitons pour frapper plus fort ou passer une garde. Nous ne sommes pas dans un processus empathique, mais plutôt antagoniste. Bien sûr, dans une société qui cherche de plus en plus à gommer cette notion d’agressivité, celle-ci reste positive pour retrouver un sens du réel.

Les arts martiaux peuvent aussi être projetés lors de la mise en place de scénarios de combats urbains. Cependant, une fois que l’agression est définie, il n’y a plus de fantasme quant à ce que nous allons faire ou à ce que les observateurs vont penser. Nous sommes engagés dans une action avec un investissement total.

Pratiquer les arts martiaux nous déconnecte complètement des écrans et nous impose une discipline martiale. De nombreux clubs interdisent de parler pendant de longs moments, et tout manquement à ce silence entraîne des sanctions pour toute la salle. Cet aspect un peu militaire peut également être exploité de manière positive pour favoriser la concentration et éviter la saturation de l’esprit des participants avec des échanges inutiles.

En répétant une technique, un exercice, avec des temps définis, les pratiquants ne se retrouvent pas engagés dans une interaction sociale ordinaire, remplie de bavardages. Il n’y a que l’effort et la concentration sur l’exercice. Il n’y a pas de porte de sortie, ce qui est commencé doit être terminé.

Ces nombreuses facettes permettent de conditionner ou reconditionner de nombreuses personnes qui sont parfois prisonnières d’automatismes de zapping. Contrairement à la salle de sport habituelle, il n’y a pas de temps de repos, d’attente, d’observation ou de retour sur son téléphone entre les exercices. Tout s’enchaîne rapidement, laissant parfois très peu de temps pour changer de partenaire ou prendre une pause.

Bien que les séances restent courtes, cette compétence de focalisation se répète et peut devenir une ressource précieuse pour affronter les moments quotidiens contraignants et difficiles, où nous aimerions simplement passer à autre chose. Comme au dojo, nous continuons de serrer les dents pour mener à bien les choses et nous offrir un vrai moment de détente et de récupération par la suite.

Seriez-vous prêt à entrer dans une salle de sport de combat pour mieux vous focaliser au quotidien ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#artsmartiaux #sports #concentration #présence #réalité #déconnexion #discipline #automatismes #focalisation #dojo #Hypnofighter

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #47 : Le combat armé


Nous constatons de moins en moins l’utilisation de systèmes de combat traditionnels sur les champs de bataille, comme en témoigne la guerre en Ukraine où les drones causent plus de pertes que des chokes ou les coups de poing en série.
Dans les zones urbaines, les confrontations sans armes sont encore fréquentes, mais tout dépend du type d’affrontement.

Lorsqu’un malandrin est déterminé à attaquer, il est souvent préparé et donc armé, principalement de couteaux pour le moment, plutôt que d’armes à feu. Les écoles de self-defense prennent en compte le combat armé, en mettant délibérément de côté les styles traditionnels qui ne sont plus adaptés en raison de leurs formes figées.

Affronter un adversaire armé est particulièrement difficile, et les écoles qui enseignent des techniques de réponse essaient d’offrir des méthodes efficientes malgré le faible taux de réussite réel. On espère souvent que l’agresseur attaquera de manière spectaculaire, comme dans les films, avec un coup de couteau vertical de haut en bas, mais malheureusement, cela n’arrive que rarement.

Beaucoup d’attaques se font en coupant horizontalement, des slash ou en essayant de transpercer ou avec, avec un mouvement rappelant celui d’une machine à coudre, ce qui explique les chiffres de 10 à 15 coups de couteau.

La logique nous suggérerait de fuir ou de céder lorsque nous sommes confrontés à un adversaire armé, mais parfois l’intention de l’agresseur, ou du groupe d’agresseurs, est simplement de faire du mal, et il y a malheureusement de fortes chances qu’ils y parviennent.

Récemment, un couple a été agressé avec un tesson de bouteille, et la jeune femme a été gravement blessée au visage.
L’objectif était clairement de blesser, ce qui indique que cette agression n’était pas motivée par un vol, mais par la volonté de
causer des dégâts.

Si nous ne pouvons pas fuir en fonction du contexte, du lieu ou des personnes qui nous accompagnent, nous devons nous
préparer à affronter l’agresseur, même si cela signifie que nous serons blessés. Parfois, nous ne pourrons même pas voir l’objet tranchant avant le premier coup porté, ce qui rend la situation encore plus délicate.

Affronter des individus déterminés à nous faire du mal, sans être préparé ou armé, nous place en situation de désavantage
psychologique, émotionnel et surtout physique. Tous les pratiquants savent qu’il faut quelques minutes d’échauffement pour se sentir réellement prêt, avoir le bon réflexe et le bon timing, ce qui n’est pas possible en situation d’urgence.

Donc, face à des personnes déterminées (et imaginons si l’agresseur est conditionné comme certains terroristes), le combat sera extrêmement difficile et nos chances de survie diminueront considérablement. Si nous réussissons à réagir plutôt que de fuir, si nous trouvons un objet long que nous sommes prêts à utiliser de manière agressive, alors nous pouvons essayer d’utiliser nos
techniques de combat. Cependant, cela demande une série d’étapes psychologiques qui se déroulent en quelques secondes seulement, tout en essayant de rester lucide malgré la peur (limiter le sentiment de tunnel).

L’esprit des anciens sur les champs de bataille ou lors de duels à l’épée et au sabre pour des défis ou des guerres doit être cultivé : vivre chaque jour comme si c’était le dernier, prêt à accepter la mort.
Il incombe aux instructeurs de self-defense de préparer leurs élèves à la possibilité de blessures voire de mort, sachant que le pire n’est pas motivé par une cause noble, mais résulte simplement de la stupidité et de la violence internes des agresseurs qui projettent leur haine et leurs problèmes sur de simples badauds.
Comment avez-vous vécu une agression au couteau, ou comment imaginez-vous une telle situation ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank

#selfdefense #combatarmé #agression #sécuritépersonnelle #couteau #réflexionsmartiales

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #46: Le retour du K1

Il est bien connu que les arts martiaux au Japon sont associés à un monde mafieux et à des activités de blanchiment d’argent. En 2004, Ishii lui-même a d’ailleurs fait un petit séjour en prison pour fraude fiscale liée à son entreprise K1. Hier, Antonio (Champion d’Europe de Kyokushin et classé dans le top 20 mondial) m’a signalé que le K1 est de retour.

Pour les passionnés de sports de combat, cette compétition est mythique. Il s’agit d’un tournoi de Kickboxing qui avait pour objectif de réunir les pratiquants de Karaté, Kung Fu et Kickboxing afin de déterminer quel style de boxe était le plus performant. Ishii, quant à lui, cherchait à promouvoir le Karaté, et c’est ainsi qu’il a créé le Seidokaikan, issu de l’Ashihara Karate, lui-même héritier du Kyokushin.

Et comme la vie semble aimer les cycles, le K1 renaît avec l’IKO de Matsui. On peut comprendre la stratégie de Matsui, qui voit l’influence du karaté plein contact diminuer depuis l’avènement des arts martiaux mixtes, et le temps qu’il a fallu pour envoyer des athlètes de Kyokushin dans les rings et les cages du monde entier.

C’est une des singularités du Kyokushin : Oyama voulait créer un karaté fort à sa manière, tout comme Ishii l’a fait avec le K1 pour promouvoir son karaté comme étant le plus performant. Puis, comme cela a bien fonctionné et qu’il a pu établir les règles que nous connaissons aujourd’hui, il a cessé sa quête martiale. Cela a entraîné la perte de combattants tels que Kurosaki et de grands noms comme Azuma, qui ont fondé le Daido, parce que le style ne permettait plus suffisamment d’expression. Pire encore, Oyama a interdit à de nombreux athlètes de combattre dans d’autres organisations.

C’est grâce à cette erreur, en plus de l’arnaque de la finale des championnats du monde de Kyokushin, qu’Andy Hug s’est tourné vers le Seidokaikan d’Ishii et est devenu une légende dans ce style, puis le champion de K1 que nous connaissons. Le karaté d’Oyama a perdu de son éclat, même si j’aime beaucoup le Kyokushin, mon image de ce style a complètement changé depuis l’avènement des arts martiaux modernes.

Voir que la concurrence en karaté (KWU) s’est réveillée avec des tournois de Kickboxing pour les athlètes Kyokushin est une bonne chose, car cela pousse la maison mère à investir et à s’améliorer. Paradoxalement, la légende de ce style l’a également sclérosé, car ils n’ont pas pris en compte les évolutions du marché.

Avec ce retour, nous pourrons revoir les grands noms du Kickboxing, même s’ils sont actuellement au Glory. Peut-être verrons-nous la filiale Kick, autrefois dirigée par Filho (parti dans une autre organisation), former de beaux athlètes polyvalents.
Quand on pense que Tenshin était un jeune Kyokushin avant de se tourner vers le Kick et le Thai, on peut comprendre le nombre de potentiels qui ont disparu vers d’autres sphères, alors qu’ils étaient éduqués dans la philosophie de l’Ultime Vérité.

J’ai hâte de voir les premiers tournois et de découvrir les talents que le karaté pourra transférer en Kick et peut-être un jour, comme Pereira, Mirko ou Hunt, ils iront vers les cages du MMA.
Et vous, comment percevez-vous le retour du K1 ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

#arts martiaux #K1 #Kyokushin #Kickboxing #compétition #Seidokaikan #AndyHug #arts martiaux mixtes #MMA #tournois #athlètes #légende #championnat #évolutions #concurrents #sportsdecombat #passion #hypnofighter #réflexionsmartiales #beone #philosophie #UltimeVérité #entraînement #marché #investissement #évolution

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #45: Être zen ou énervé

Avez-vous l’idée du combattant ultime comme un être particulièrement en paix, prêt au combat et à la mort ? Je pense que les films d’arts martiaux et les fantasmes sur les combattants zen d’Asie nous ont donné une idée fausse. Comme pendant la période Tokugawa, les combattants étaient en paix, ils sont facilement associés à la spiritualité du mouvement zen pour trouver, à travers les rigueurs martiales, une voie d’accomplissement.

C’est en grande partie à cause de cette culture que nous pensons que le combat est un chemin de développement de soi. Alors qu’en réalité, un combat, qu’il soit urbain ou sur un champ de bataille, n’est rien d’autre qu’une bagarre avec la possibilité de blessures et de mort. Lorsque vous pratiquez dans la paix, comme nous avons la chance de le vivre dans de nombreuses sociétés occidentales, vous pouvez emprunter le chemin de l' »éveil ».

Cependant, lorsque vous devez vous battre contre l’envahisseur, chercher à survivre et potentiellement éliminer les menaces, la mystique du combattant zen disparaît quelque peu. Bien sûr, nous avons également eu des chevaliers spirituels en Europe, comme les Templiers, mais apparemment, l’agressivité pour combattre les mécréants était loin des paraboles de l’union de son esprit à l’essence de l’univers.

Nous avons donc développé une croyance commune qu’il était préférable d’être zen lors d’un affrontement. Mais sans forcément entrer en mode berserker, la folie, la colère, l’envie de combattre voire de tuer sont certainement bien plus utiles et performantes que cette option de sang-froid. C’est clairement moins glamour et cela donne l’image d’une bête sauvage plutôt que celle d’un combattant de la voie. Cependant, ce côté bestial, sans limite, qui suit ses instincts plutôt que des stratégies, offre un avantage psychique et parfois physique, qui met un temps de retard sur les réactions et l’application du gameplan.

Dans la rue, une personne en colère qui frappe en premier a de fortes chances de mettre fin au conflit en quelques secondes, bien plus qu’un homme qui joue la carte de la zen attitude et de l’apaisement. Une grosse claque ou un coup de tête en mode furie n’est certes pas valable dans le cadre de la légitime défense, mais sans rituels d’agression ou d’escalade de la pression, il peut être difficile de prendre l’avantage.

Certes, il y a des moments où foncer tête baissée sur des opposants n’est pas la meilleure idée ; le nombre, la possibilité d’une arme, les réactions, les qualités athlétiques, tout cela entre en jeu. Dans le cadre de la rue, il est assez rare de voir le plus calme prendre l’avantage, c’est d’ailleurs pourquoi des rituels de coqs sont mis en place. Il y a quelques jours, j’ai vu une vidéo où un individu zen a pu sortir un coup de pied spectaculaire et mettre son adversaire KO. Il a eu la présence d’esprit de ne pas avancer et de reculer, attendant l’autre qui revenait à la charge.

Dans ce cas, il a pu « gagner du temps », ce qui est impossible avec un individu furieux qui t’attaque directement. Maintenant, si nous reprenons nos cadres et contextes actuels, la pratique des sports de combat ne nous amène pas nécessairement au calme, surtout dans le cas des compétiteurs, on entraîne à exploiter les flux d’agressivité à travers les frappes et autres techniques. Cela reste néanmoins un conditionnement de domination plutôt qu’une recherche d’apaisement.

En revanche, si votre chemin vous guide vers une voie peut-être plus orientale, ou si vous avez envie de vous construire psychologiquement autant que physiquement dans les arts martiaux, il y a de nombreux ponts que vous pouvez découvrir et exploiter pour maîtriser l’animal en vous et devenir plus zen.
Et vous, cherchez-vous à apaiser les pulsions de combat ou au contraire à les exacerber ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

zen #énervé #combat #arts martiaux #paixintérieure #spiritualité #réflexionsmartiales #psychothérapie #apaisement #domination #selfdefense #arts martiaux #psychologie #sportsdecombat #pratiquant #beone #hypnofighter

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #35 : Le Jiu-Jitsu et moi

Hier, après un échange intéressant avec Loïc, je me suis souvenu que l’on me faisait souvent remarquer que je ne suis pas un pro kimono et pire encore, que je n’aime pas le gi. Clairement, cela fait près de 25 ans que je pratique le Jiu-Jitsu et il est vrai que ce n’est pas ma passion en termes de combat. J’y suis arrivé en tant que karateka pratiquant le Pancrase pour améliorer mon combat libre. Je me souviens à quel point le kimono me semblait inintéressant et dénué de toute cohérence par rapport à une logique de MMA. Pour moi le kimono est trop éloigné du combat, par contre c’est un jeu amusant.

Je lançais des heel hooks à peu près comme tous les combattants de l’époque et je ne faisais que me faire réprimander. Ce qui me frustrait, c’était de croire que le Jiu-Jitsu était un art souple alors que je ne ressentais que de la force à travers les prises. Aucune des techniques ne passait en randori, autant dire que je revenais très vite aux clés de jambes.

De plus, mon parcours en BJJ n’a pas été simple, j’ai été plus autodidacte qu’élève. Après ma ceinture bleue remise par Orla, j’ai dû m’entraîner en gi, seul ou en passant voir des potes et en adaptant avec la Luta Livre que je travaillais avec Flavio Peroba. Je n’ai obtenu ma ceinture noire que parce que je réussissais à battre des Jiu-Jitsukas de rang supérieur en randori.

Autant dire que mon Jiu-Jitsu en gi est fortement influencé par la Luta et mes rencontres lors de séminaires, ainsi que par l’apprentissage à travers des livres et des vidéos. Cela peut expliquer pourquoi je ne suis pas réellement fan du combat en BJJ. Je trouve que cela bloque, que ce n’est pas fluide. Les grips et les nœuds sont trop prédominants et peuvent gâcher les combats.
Cependant, j’ai eu la chance d’enseigner dans ma propre section de Jiu-Jitsu et de Luta Livre depuis 2011. Auparavant, je donnais déjà des cours de grappling depuis 2007 dans un cours de MMA (au NBF). Comme je souhaitais proposer une réelle différence entre la Luta et le Jiu-Jitsu, j’ai dû cogiter (et je continue) sur l’enseignement.

C’est là que j’ai retrouvé un grand plaisir avec le kimono. Je pense que pédagogiquement, le gi, avec ses prises, ses angles et ses différentes possibilités, offre plus d’outils pour l’enseignement. Je trouve même que lors des randoris (je ne parle pas des combats « durs » en compétition), les grips et la possibilité de gérer plus « facilement » les distances offrent plus de temps pour mettre en place une stratégie.

Je me suis rendu compte que même si certains de mes élèves préfèrent la Luta, ils progressent très bien grâce au Jiu-Jitsu et je pense que c’est vraiment lié aux rythmes et à la possibilité de se concentrer sur des étapes, alors qu’en nogi, ils compensent davantage avec leurs aptitudes physiques.

En compétition, pour moi, il n’y a pas photo. Le gi m’ennuie vraiment. Surtout dans la catégorie Sumo. Soyons honnêtes, à moins d’être Victor Hugo ou d’avoir des styles à la Buchecha, ce n’est pas particulièrement subtil et la force et les grips deviennent rapidement bloquantes (comme en Judo poids lourd). En grappling, le fait d’être plus mobile et glissant ouvre des opportunités, des sorties et des attaques (qui sont moins assurées qu’en gi). Il y a aussi mon état d’esprit de combattant MMA où je pense toujours aux frappes dans ma vision du sol. Cela fait que de nombreuses positions en Jiu-Jitsu, en particulier avec les lapels, les fifty-fifty, spider, Lasso, etc., me donnent l’impression d’être irréalistes dans un combat « réel ».

Je suis favorable au Jiu-Jitsu sportif, je pense que la compétition est positive. Néanmoins, au dojo, je ne veux pas suivre les logiques de l’IBJJF. Mes ceintures blanches peuvent faire des heel hooks ou des clés de cou et personne ne se blesse. Je ne leur parle pas de points (sauf pour les rares qui veulent participer en compétition) et j’inclus toujours du travail en tachi-waza.

Le Jiu-Jitsu est une superbe discipline, elle a évolué ces dernières années grâce au nombre de pratiquants, à la diffusion d’informations et au niveau incroyable du côté sportif. Je pense que je reste parfois plus critique envers le monde du gi, parce que je suis imprégné du MMA et bien sûr de la propagande Lutadorienne du XXe siècle. Je suis un fan de Jiu-Jitsu grâce à Royce, pour moi, cette école représente cette idée, une discipline qui peut poser de beaux défis en interstyle sans avoir à frapper.

Et vous, qu’aimez-vous plus ou moins dans le Jiu-Jitsu ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous. Be one
Pank

#racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #29 : L’esprit sectaire dans les arts martiaux

Ne nous leurrons pas, les arts martiaux peuvent très facilement dévier vers des comportements assez sombres. Entre les sensei qui imposent des conditions insupportables aux élèves au nom de la tradition, les sorties ou retraites qui deviennent des moments de conntrôle physique et psychologique, les cultes de la personnalité et le besoin constant d’exercer une domination sur les apprenants, il y a de quoi s’inquiéter.

Combien de professeurs dans divers styles, en plus de leur mystique, se considèrent comme détenteurs d’un savoir unique et absolu, se permettant des humiliations constantes pour rendre les futurs bras droits ou instructeurs de leur ryu plus dociles ?
Cela s’applique également à nos arts martiaux modernes. Il est malheureusement assez récurrent d’entendre parler de professeurs d’académies qui imposent des relations sexuelles avec de très jeunes femmes, fascinées par la figure d’autorité qu’ils représentent.

Les légendes n’aident en rien. Combien de pratiquants sont perçus différemment lorsqu’ils ont eu l’occasion de s’entraîner avec le fondateur ? Comme si leur propre niveau était lié à la personne qui a créé l’école. Pourtant, dans les faits, cela n’a pas grand-chose à voir. De nombreux jiujitsukas sont d’excellents professeurs et combattants, sans avoir jamais approché de près ou de loin un membre de la famille Gracie.

Si l’on se limite aux Gracie, Rickson explique clairement que son père et son oncle ont créé une sorte de secte de combattants pour satisfaire l’ego démesuré d’Hélio. Parfois, je ris avec mes amis du Kyokushin parce que le fonctionnement y est très sectaire. On n’a jamais le droit de dire quoi que ce soit, à part « OSU ». On passe son temps à tout valider, même lorsque l’on n’est pas d’accord.
Comme dans le domaine de l’hypnose et des disciplines complémentaires, il est facile de succomber à cette sensation de « puissance ». Comme Kara l’a récemment mentionné dans un commentaire, beaucoup de pratiquants cherchent plus ou moins consciemment une figure parentale. Cela permet aux professeurs, qui ont besoin de reconnaissance et de pouvoir, de prendre une place qui leur est déjà attribuée par le groupe.

C’est encore plus flagrant avec les maîtres du Chi. Ils ont toute une armée de disciples prêts à démontrer la puissance de la technique et la maîtrise absolue de l’énergie en étant des cobayes totalement conditionnés. Si en plus, il y a une forme d’orientalisme avec les notions de senpai, sensei, hanshi, les élèves deviennent de véritables serviteurs à disposition. Tout doit être fait pour le confort du maître, qui est souvent déconnecté de la réalité, même si son niveau n’est pas vraiment extraordinaire.

Le respect pour les plus anciens ne doit pas devenir un moyen de prendre le contrôle sur des personnes qui les admirent pour leur ceinture ou leur statut. Les pratiquants sont des êtres humains et les valeurs officielles des écoles sont rarement appliquées. L’étiquette martiale est un mythe, il suffit de voir à quel point les professeurs se laissent aller à l’alcool pendant les stages ou les soirées de fin de stage, comment ils cherchent à séduire les pratiquantes pour obtenir plus que de simples sourires respectueux. On oublie vite le contrôle de soi et la maîtrise de soi, ne laissant que les instincts les plus primaires prendre le dessus.
Lorsque vous rejoignez une académie, essayez de maintenir un esprit critique autant que possible, même si cela peut être difficile, car nous projetons beaucoup et sommes en attente. C’est d’autant plus vrai lorsque le professeur est une légende ou que vous êtes fasciné par lui. Il est très facile de se retrouver sous l’emprise d’une simple passion et du désir de donner le meilleur de soi-même.

Et vous, avez-vous déjà rencontré des gourous dans les arts martiaux ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#étiquette #secte #dérivesectaire #respect #endoctrinnement #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #27 : Remettre une ceinture noire

C’est vraiment unique dans le monde de la Luta Livre et du BJJ, car nous n’avons pas d’examen fédéral comme dans les autres arts martiaux et sports de combat. Le professeur est celui qui décide si ses élèves ont atteint le niveau de ceinture noire. Dans ces disciplines brésiliennes, cette ceinture est plutôt longue à obtenir. Dans le cas de mes élèves, cela fait 15 ans qu’ils pratiquent.

Ce temps a offert des heures de combats, de partage, de voyages, de restaurants et d’amitiés. J’ai vu des vies complètement changer, d’étudiants devenir des professionnels, de célibataires devenir parents. Les années ont passé rapidement, avec tout ce que la vie apporte sur son chemin.

Le dojo reste quant à lui une salle immuable, avec ses salutations, ses répétitions et souvent des retards 😉 C’est un lieu central dans la vie des pratiquant. Après tant d’années à pratiquer la même discipline au même endroit, nous entrons dans une zone familière. Paradoxalement, elle est rarement confortable, surtout lorsque l’on progresse dans les grades, toujours chassé par les jeunes lions et lionnes.

Pour beaucoup d’arts martiaux, la ceinture noire marque le début du chemin, mais ce n’est pas le cas dans nos disciplines. J’en ai discuté il y a quelques années avec Patrick Lombardo, fondateur du Kenpokan et du Pankido. Dans les styles japonais, il est normal d’atteindre la ceinture noire après 3 à 5 ans de pratique, car cela représente une base.

En Jiu-jitsu et en Luta, nous ne sommes plus dans les bases à partir de la ceinture bleue ou violette. Nous avons un jeu qui change très rarement une fois que nous atteignons la ceinture noire. Nous connaissons suffisamment notre corps, nos forces et nos faiblesses pour affiner notre façon de pratiquer.

D’ailleurs, en BJJ, les degrés qui suivent la ceinture noire sont obtenus simplement avec le temps.
Ainsi, remettre une ceinture noire, c’est un peu se dire en tant que professeur : « J’ai accompli quelque chose. » Depuis longtemps, ils n’ont plus besoin de moi, mais le cycle est terminé. Maintenant, comme moi, ils sont ceintures noires. Ils ne sont plus des élèves, mais des codisciples. Ce qui est bien dans ce système de combat, c’est que les jeux qu’ils ont développés ne reflètent pas uniquement la spécificité du professeur, mais leur personnalité et leur style.

Donner ses premières ceintures noires est apaisant. Tu te dis que tu as terminé quelque chose, malgré toutes les difficultés que représente la pédagogie et les réflexions sur la manière de faire progresser les autres.

Pour ce passage, mes élèves ont combattu. Juste combattu, pas de techniques à démontrer, pas de points à obtenir. Juste se battre jusqu’à redevenir une ceinture blanche, tellement c’est épuisant. Terminer un cycle en prenant sa ceinture noire et, paradoxalement, se faire rouler dessus comme au début.

90 minutes de combat en kimono, en no-gi et en MMA. Parce qu’un Jiujitsuka ou un Lutador est un grappler qui doit être capable de gérer les frappes, de supporter la pression des coups et d’imposer le corps à corps et/ou le sol à son adversaire, même dans les pires conditions de fatigue. Vivre un petit enfer avec très peu de temps de récupération est un souvenir important, tout comme dans les styles nippons avec leurs 50 combats.

Bravo à eux et merci d’avoir partagé toutes ces années de tatamis et bien plus encore avec moi. Remettre une ceinture noire, c’est aussi prendre conscience qu’on a véritablement été un professeur.
Et vous, comment avez-vous obtenu votre ceinture noire ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be one
Pank

#passagedegrade #ceinturenoire #graduation #grappling #striking #débutant #racalutabjj #asile #jiujitsu #bjj #blackbelt #lutalivre #nopainhappiness #whitebeltitude #mma #karate