Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #97 : Les décisions de l’arbitre

Lors de l’UFC 294, une décision d’arbitrage a suscité la controverse parmi les spectateurs et, plus encore, chez les combattants. Johnny Walker a été arrêté à la suite d’un coup de genou au sol, considéré comme illégal. Ce qui nous a contrariés, c’est de voir que le combattant paraissait bien.

Toutefois, face à l’incompréhension générale de la décision, les commentateurs américains ont essayé de saisir ce que le médecin disait au combattant. Il semblerait que ce dernier ait demandé à quel round ils étaient. Après l’arrêt du combat, alors qu’il regarde l’arbitre mettre fin au match, il semble désorienté, revenant en position pour continuer le combat.

Cela peut sembler insignifiant, mais il est probable qu’il ait subi une grave commotion altérant temporairement ses fonctions cognitives. Avec l’adrénaline et la volonté de gagner, il est possible qu’il n’ait pas été conscient de son état réel.

Même si cela peut être frustrant pour les spectateurs et d’autant plus pour les combattants qui se préparent ardemment, l’arrêt d’un combat suite à un coup qui ne semble pas avoir causé de dégâts visibles (absence de sang ou de coupures) montre que, malgré la violence du MMA, certains médecins ne cèdent pas à l’aspect spectacle du sport.

Il se pourrait que ce médecin ne soit plus sollicité pour officier lors des combats de l’UFC. Néanmoins, il a pris une décision pour protéger le combattant. Connaissant l’adversaire de Walker, les rounds suivants auraient sans doute été intenses, avec probablement de nombreux coups au visage. Ce qui aurait pu être perçu comme une simple confusion aurait pu dégénérer en complications plus graves. Rappelons que Johnny a déjà été mis à terre 3-4 fois lors de précédents combats, ce qui signifie que son cerveau a déjà été mis à rude épreuve. De plus, les rigueurs du poids et de la déshydratation réduisent le liquide cérébro-spinal, offrant moins de protection à notre organe vital.

Être arbitre ou médecin est une tâche ingrate : être critiqué et détesté pour une décision qui peut potentiellement “sauver” une vie.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #95 : L’évolution de la population martiale

Récemment, j’ai eu une discussion avec Nicolas, le professeur de Taekwondo au Fushan Kwoon. Selon lui, le TKD pourrait suivre le chemin du Judo, qui attire majoritairement des enfants. Les styles traditionnels orientaux, empreints de rituels, semblent de moins en moins en phase avec l’époque actuelle.

J’avais déjà évoqué le sujet avec Gregot, le fondateur du Fushan. Ancien instructeur de Wing Chun, il a observé que, mis à part les sursauts d’inscriptions suite à la sortie de films comme « Ip Man », les écoles axées sur la répétition de mouvements dans le vide ou sur des formes attirent de moins en moins de monde à l’ère des arts martiaux modernes.

Aujourd’hui, le MMA, ainsi que la boxe et diverses formes de lutte, incarnent l’efficacité en combat. L’ambiance traditionnelle des dojos cède la place à des salles de sport pluridisciplinaires, plus axées sur le jeu et la performance que sur la quête intérieure à travers le combat.

Les attentes ont changé. Beaucoup s’adonnent aux sports de combat pour rester en forme plutôt que pour combattre sur un ring ou dans une cage. Certains, soucieux de leur sécurité personnelle, préfèrent les écoles modernes aux techniques désuètes du vieux goshin jutsu.

Il est probable que les styles traditionnels s’estompent avec le temps, sauf s’ils s’adaptent, comme l’a fait le Judo, pour devenir principalement des outils de développement physique et de discipline pour la jeunesse, sans chercher à être spécifiquement efficaces en combat.

Les époques changent, et les disciplines doivent évoluer, même si certains regrettent le bon vieux temps. C’est un autre défi à relever : accepter l’impermanence des choses.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #94 : La résilience en combat

Ce week-end, lors du combat principal de l’UFN opposant Yusuff à Barbosa, nous avons assisté à un affrontement spectaculaire. Le premier round a clairement démontré à quel point être un bon combattant ne se limite pas à la technique, mais englobe également la dimension psychologique.

Si vous avez vu le match, vous avez constaté que Yusuff a sévèrement mis en difficulté Barbosa, qui semblait à deux doigts de chuter sous ses coups. Pourtant, Barbosa a réussi à rester debout, à garder ses distances et, en bon grappler qu’il est, à limiter les impacts. Il est parvenu à revenir en clinch et à mettre le combat au sol. Malgré la pression et des coups puissants encaissés, il a su récupérer suffisamment pour éviter une défaite prématurée.

En combat, il est courant de subir des coups ou d’être dominé. Si l’on n’est pas capable d’absorber ces moments difficiles et de se remettre, il devient compliqué de continuer le combat ou de résister à ce que l’on endure. La préparation mentale est alors un avantage non négligeable.

Les ajustements que nous pouvons effectuer durant l’affrontement nous offrent, avant toute chose, un retour à la réalité. Cela signifie que nos efforts peuvent sembler vains et que peu de gens seront au courant de nos exploits, et même s’ils le sont, ils vont rapidement les oublier. La capacité à suggérer des idées et concepts pendant le combat est parfaitement envisageable, d’autant plus que le cadre temporel est clairement défini.

Plus nous explorons la dimension psychologique du combat, plus nous sommes en mesure d’aider notre combattant entre les rounds à passer à autre chose, à laisser derrière lui ce qui est révolu. En favorisant une présence ancrée dans le moment présent et en encourageant des projections positives vers l’avenir, l’athlète peut mieux gérer les adversités. Dans certains moments, cela peut même l’aider à entrer dans une sorte d’analgésie, lui permettant d’oublier ses douleurs.

Il est crucial de travailler la résilience non seulement pendant le combat, mais également après, que le résultat soit une victoire ou une défaite.

#résilience #combat #psyché #mindset #apprentissage #suggestion #préparationmentale 

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #93 : Le Jiu-jitsu coûte cher

Depuis quelques années, le Jiu-jitsu est devenu de plus en plus cher. En France, nous avons encore une culture associative qui permet à de nombreux néophytes de pratiquer cette superbe discipline. Cependant, le modèle que nous suivons en France est celui de l’IBJJF, qui fonctionne selon un modèle économique coûteux, particulièrement pour ce qui concerne les compétitions.

Hier, en discutant avec Dorane du peu d’intérêt qu’il avait à participer aux championnats d’Europe, nous avons abordé la problématique économique de notre sport. Quand j’ai commencé à combattre, les compétitions au sein de la FFkarate, dans les compétitions de Pancrase ou de Grappling, ne coûtaient rien ou juste une poignée d’euros.

Maintenant, nous devons débourser entre 50 et 150 euros pour participer à une compétition. Mes amis de la fédération ont raison de dire que les organisations sont devenues très professionnelles, ce qui implique des coûts élevés pour rémunérer les arbitres et le personnel de qualité. Certes, c’est vrai. Cependant, il s’agit toujours d’un sport. De plus, cela ne nous mène généralement à rien de spécial. Il est rare de participer à des compétitions où nous gagnons de l’argent en cas de victoire.

En 30 ans de compétition, je n’ai été rémunéré qu’une seule fois en remportant un tournoi. Cela semble dérisoire comparé aux milliers d’euros que j’ai dépensés simplement pour pratiquer. Avoir un t-shirt et une organisation de qualité, c’est bien, mais de mémoire en karaté, je ne payais rien et les compétitions étaient tout aussi professionnelles et bien organisées.

Alors, est-ce parce que nous sommes passés d’une organisation moins développée (plus ghetto) en grappling que au niveau des fédérations nationales en 20 ans ? Je pousse un peu, mais nous payons un prix qui a peu d’intérêt en pratique. Tout ce que nous voulons, c’est monter sur le tatami, être correctement arbitré (et même lorsque cela coûte cher, il y a encore des erreurs), et repartir avec une médaille en cas de victoire.

Je reviendrai plus en détail sur ce sujet, mais le sport et les fédérations restent un monde de business et de profit, comme une entreprise avec des règles que chacun utilise à sa manière, et rarement pour le bien des adhérents.

#Prix #Jiu-jitsu #Inflation #Abus #Argent #Bénéfice #Fun #Participation #Association #Fédération #IBJJF

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #90 : La question du niveau de sol en MMA

J’ai récemment eu une discussion avec Hamou, un de mes ceintures noires, à propos du MMA au sol. Il s’interrogeait sur le niveau réel au sol de Cedric Doumbé. Je lui ai clarifié qu’on n’était plus à l’époque du Jiu-Jitsu où des grapplers terminaient des combats après plusieurs transitions.

De nos jours, la plupart des soumissions résultent d’une transition depuis une position debout, souvent à la suite d’un coup puissant, d’un knock-down, ou encore d’une soumission consécutive à un takedown bien exécuté. Ce weekend, à l’UFN, nous avons pu observer cela lors du combat entre Pyfer et Alhassan.

Ainsi, évaluer le niveau au sol d’un striker en contexte MMA revient en réalité à se demander si ce striker est suffisamment compétent pour revenir en position debout. Lors du dernier UFC, nous avons constaté à quel point Fiziev était difficile à projeter au sol, et encore plus, à quel point le maintenir au sol était compliqué, même pour un combattant tel que Gamrot.

Le niveau au sol d’un MMAiste spécialisé en percussion n’est pas tant mesuré par sa capacité à grappiller selon les règles traditionnelles, mais plutôt par sa capacité à mettre en œuvre de l’antigrappling pour éviter d’être contrôlé ou soumis.

Ainsi, quand on dit vouloir évaluer le niveau au sol de Cedric, c’est souvent dans un contexte classique de Grappling, c’est-à-dire sans les coups et avec une intention purement au sol. Cette question est pertinente en soi, mais aujourd’hui, être ceinture noire en BJJ n’est plus forcément synonyme d’excellence au sol en MMA, surtout quand la stratégie repose principalement sur la lutte debout ou les frappes.

En tant que spécialistes d’une discipline, nous avons parfois le biais de voir le MMA uniquement à travers le prisme de notre spécialité, sans vraiment considérer le MMA dans sa globalité tridimensionnelle. Il est essentiel de recontextualiser notre expertise dans le cadre plus large du MMA.

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#MMA #Frappeur #Lutteur #Grappling #antigrappling  #UFC #CedricDoumbé

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #84 : Quand il s’agit de vraiment se battre

J’écoutais un podcast sur Gong avec la Fine équipe qui parlaient du fait qu’il est quasiment impossible de se préparer à ce qui pourrait se passer pendant une agression. Je suis assez d’accord avec ce que Cyrille et Daniel disent, quand il s’agit de combattre, nous ne savons jamais réellement comment nous allons pouvoir réagir.

Il est difficile de recréer des conditions qui peuvent se rapprocher de la phase de stress que nous pouvons vivre lorsque quelqu’un souhaite nous blesser voire même nous attaquer. Nous entrons dans un mélange de tremblements, de peurs, de stimulations, de colère et de multiples sensations qui ne sont pas facilement digérables.

Vous l’avez certainement déjà vécu lorsque vous avez été impliqué dans un accident assez violent, un imprévu qui vous met dans un état extrêmement intense de stress. À ce moment, nous pouvons être préparés à beaucoup de choses, mais la chimie de notre corps peut avoir d’autres intentions.

Si nous ne pouvons pas arriver à recréer ce type de contexte, nous pouvons toujours nous en approcher. Et ce qui se rapproche le plus d’un affrontement de rue est le combat ritualisé, celui que nous pratiquons en compétition, avec un adversaire qui, dans un cadre « confortable », veut nous mettre en difficulté.

Bien sûr, tout est différent de ce qui se passe dans le cadre urbain. Nous sommes échauffés, nous connaissons le début et la durée possible du combat, nous savons qu’il n’y a pas d’armes ni même de groupe qui peuvent entrer en jeu. Nous sommes donc potentiellement prêts à ce moment-là, même si nous ne pouvons pas assurer que nous pourrons nous exprimer pleinement.

Il est d’ailleurs fréquent que les premières secondes ne soient pas faciles pour donner le meilleur de nous-mêmes. Nous avons la sensation d’être lents, d’être moins performants qu’à l’entraînement. Imaginez si un jour où nous avons pu nous conditionner et nous préparer, nous ne sommes pas au top, que se passe-t-il quand nous ne sommes pas du tout connectés à la violence qui peut surgir sans que nous nous y attendions.

Nous pouvons sentir que nous n’avons pas les bons gestes, voire même que nous ne bougeons pas le moins du monde. Ce n’est rien d’autre qu’une phase de Freeze. Le pire, c’est que même si des dizaines de fois vous avez été très réactifs, il est possible que la prochaine fois, vous ne le soyez pas.

C’est comme les jours où nous ne le ressentons pas pendant une compétition. Seulement dans un sport, au pire, ça pique un peu, mais dans la rue, cela peut avoir des conséquences assez compliquées à gérer. Entre les blessures graves et les divers traumatismes physiques et psychiques, que ce soit pour nous ou pour les personnes qui auront été attaquées.

Les cours qui souhaitent enseigner la self-défense ne pourront travailler que quelques facettes de ce qu’est la réalité d’une agression. Plus ils parviendront à entraîner dans des conditions stressantes, plus il pourra potentiellement y avoir des réponses. Cela passera par une phase de combat proche de la compétition, avec des inconnus qui souhaitent vraiment en découdre.

Cette facette de la self-défense doit être sérieusement considérée dans nos styles, et ce qui est raconté pendant ces séquences doit être pris avec du recul et bien encadré par rapport à la gestion du stress.

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#Selfdefense #stress #pattern #automatisme #traumatisme #fight #flight #freeze

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #82 : Carlos Gracie, le Kano Brésilien

Je m’égare peut-être un peu en comparant Carlos à Jigoro, mais il est indéniable que tous les deux étaient des génies de la pédagogie et du marketing à leur manière. Carlos, en particulier, a joué un rôle majeur dans la structuration du Jiu-Jitsu et la création d’un véritable style de vie associé. Entre la Gracie Diet et les comportements qu’il attendait de ses élèves en dehors du dojo, il a façonné une approche holistique de la discipline.

Il convient de rappeler que Carlos était l’élève direct de Maeda, un disciple du Kodokan et du célèbre Kano Jiu-Jitsu, qui est officiellement devenu le Judo en 1925. Lorsque Maeda est arrivé au Brésil pour diverses raisons, il a proposé une méthode de combat qu’il appelait encore Jiu-Jitsu, mais qu’il avait modifiée pour s’adapter aux exigences du Prizefighting.

Carlos est donc l’un des frères Gracie qui a acquis des compétences auprès de ce professeur, et après avoir lui-même testé sa méthode contre d’autres styles, il s’est principalement orienté vers l’enseignement et la diffusion de leur méthode de Jiu-Jitsu. Avec l’aide de Hélio, cette discipline a réussi à se faire reconnaître grâce à l’introduction des Vale Tudo (combats où tout est permis). 

Carlos, issu d’une famille aisée, avait une compréhension profonde des rouages de la communication et a mis en lumière sa discipline. Il était capable d’organiser des tournois de Vale Tudo qui étaient relayés dans des journaux tels que le Globo. C’était l’équivalent des gros titres dans des journaux de renom en France, comme Le Monde ou Le Figaro.

Carlos avait une vision globale à travers le Jiu-Jitsu. Il a mis en place des exercices et des techniques visant à développer des compétences applicables dans la vie quotidienne. Il a également mis l’accent sur la self-défense, ce qui différait de l’approche de Maeda.

Malheureusement, Carlos est souvent oublié, et c’est Hélio qui est généralement mis en avant, voire même considéré comme le fondateur de ce style de Jiu-Jitsu. Cependant, il n’était pas le cerveau de la famille. En revanche, il était un praticien exceptionnel qui a affiné les techniques pour les adapter à son propre gabarit.

Le fils de Carlos, Carlos Jr (le père avait 21 enfants), a également révolutionné le Jiu-Jitsu en le développant du point de vue sportif, un peu à l’image de ce que Kano a fait pour l’intégration du Judo aux Jeux Olympiques. Il a réussi à faire du Jiu-Jitsu ce que nous connaissons aujourd’hui, avec la CFJJ devenue l’IBJJF.

Carlos Sr aurait pu être témoin de la victoire de son Jiu-Jitsu lors de l’UFC 1, un événement qui a propulsé cette discipline vers de nouveaux sommets. Sans le travail considérable de Carlos, jamais nous n’aurions vu cette discipline s’étendre au-delà du Brésil et s’affirmer comme un art de combat efficace dans le monde de la compétition interstyle.

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#CarlosGracie #Heritage #Technique #légende #Maitre #Jiujitsu #GracieJiujitsu #HelioGracie #MMA #Règles #compétitions #IBJJF #Kano

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #81 : Quand le Karaté Japonais Influence le Karaté d’Okinawa

Nous savons tous que le Karaté est né sur les îles RyuKyu au Sud du Japon. Il existe de nombreuses théories sur la manière dont ce style est arrivé, mais nous pouvons être certains qu’il trouve ses origines dans le Sud de la Chine. Jesse Enkamp, un passionné d’arts martiaux et de Karaté, explique qu’il est possible que des influences philippines aient également intégré le style de combat d’Okinawa.

On aime créer des légendes autour des grands combattants de l’île, mais factuellement, à part Motobu qui semblait être le « badass » de la première période connue du Karaté, ou plutôt du Kenpo, il n’y a pas eu de gros combattants reconnus.

L’un de ses élèves, ou du moins un pratiquant influencé par son travail, Shigeru Nakamura, a mis en place un style d’Okinawa Kenpo avec des protections pour permettre aux combattants de s’affronter à pleine puissance. Parmi ses élèves, il y avait un ancien pratiquant de Judo, Kenichi Kinjo. Il s’entraînait avec Nakamura et puis un jour, il découvre le Kyokushin à travers une annonce.

En effet, à l’époque, Oyama promettait aux vainqueurs des All Japan un poste d’instructeur à l’étranger. Il faut se souvenir que ce dernier a davantage développé le Kyokushin à l’étranger qu’au Japon. En 1971, il n’y avait qu’environ 80 dojos nippons contre près de 400 dans le monde.

Kinjo, jeune et vaillant, se rend au Hombu Dojo d’Oyama et défie les pratiquants. C’est Shigeru Oyama, le head instructeur, qui relève le défi. Et il met Kinjo à sa place. Ce dernier est tellement frustré du temps qu’il a passé à répéter les katas et autres méthodes traditionnelles d’Okinawa qu’il décide de rester à Tokyo.

Il s’entraîne quelques mois en tant qu’ushi deshi, est sélectionné par le Hombu pour participer au 3e championnat du Japon, et se classe 5e. Ce qui est remarquable pour un pratiquant qui ne pratiquait le Kyokushin que depuis quelques mois.

Après cette période, il décide de retourner sur son île natale et de créer son propre style de Karaté : le RyuSeikan, entre la tradition et le combat au Ko du Kyokushin. C’est Kinjo qui a importé la forme japonaise du combat sur l’île. D’ailleurs, il a été très critique du fait que les pratiquants d’Okinawa étaient faibles et que la forme de Karaté sans combat dur n’avait pas de sens.

C’est pour cette raison que maintenant nous avons des dojos comme le Goju-ryu Meibu-kan des Yagi qui offrent des entraînements en combat en forme de plein contact.

Il est intéressant de se dire que le Karaté qui a été exporté par Funakoshi, Mabuni et d’autres est revenu avec la forme la plus dure, modifiée par Oyama.

Cela nous pousse également à réfléchir sur le Karaté de base, qui pour beaucoup n’est qu’un exercice sportif et pas vraiment un art de combat. Itosu, l’un des vulgarisateurs du Te, est celui qui l’a orienté vers un système de cours de masse pour le renforcement, s’éloignant ainsi de la self-défense ou du combat sportif.

En France, nous avons beaucoup acheté de mysticisme à travers les maîtres et les démonstrations, mais la réalité, celle que Kinjo a vécue dans sa chair, c’est que pendant longtemps, sur de nombreux aspects, le Karaté d’Okinawa n’avait que peu de pratiquants vraiment forts et efficaces. Funakoshi en est un exemple, Motobu l’a constaté après son défi.

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#karate #okinawa #ryuseikan #KenichiKinjo #meibukan #oyama #kyokushin

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #80 : Royler Gracie, l’un des plus grands combattants de la famille Gracie

Dans la constellation d’athlètes légendaires de la famille Gracie, deux étoiles brillent d’un éclat exceptionnel. D’un côté, Royce, jeté dans l’arène impitoyable du Vale Tudo de l’UFC sans avoir jamais combattu dans ces styles de sa vie. De l’autre, Rickson, nous plongeant dans un monde digne d’une série Netflix. Parmi cette pléiade de combattants fabuleux, deux autres se détachent indiscutablement : Roger Gracie, 10 fois Champion du Monde de Jiujitsu avec un record MMA de 10-2, une véritable légende. Et celui sur lequel je souhaite aujourd’hui braquer les projecteurs : Royler Gracie.

Malheureusement, dans le monde des sports de combat, les catégories légères sont souvent négligées, malgré des niveaux techniques exceptionnels. À mes yeux, le plus grand combattant MMA de tous les temps demeure Demetrious Johnson, mais le public n’a malheureusement que peu d’égards pour lui, comme en témoigne son départ  de l’UFC.

Royler Gracie, quant à lui, a accumulé 4 titres de Champion du Monde de Jiujitsu et 3 titres aux prestigieux ADCC. En MMA, son bilan de 5 victoires pour 5 défaites dans la catégorie des moins de 65 kg. Tout comme Musumeci et Caio Terra par la suite, il a osé se frotter à des adversaires de toutes catégories, décrochant même une médaille de bronze aux World Championships.

Royler se distingue par sa technicité et sa grosse pression, même si son nom n’est pas entouré du mythe d’invincibilité qui entoure Rickson. Il a également formé d’excellents combattants au sein de son académie Gracie Humaita, parmi lesquels Saulo Ribeiro, l’un des plus connus..

Ce qui séduit particulièrement chez Royler, c’est son esprit martial. Alors que son père Hélio n’était pas porté vers la compétition, Royler a courageusement porté le nom des Gracie au cœur de l’ère moderne du Jiujitsu. Il a démontré sa force sans succomber aux exagérations habituelles associées à sa famille.

Il a également accepté les défis lancés dans les dojos. On se souvient notamment de sa mémorable confrontation avec Eugénio Tadeu de la Luta Livre (https://www.youtube.com/watch?v=jp-4dU6Wh9s). Il s’est aventuré dans le monde du MMA, même à une époque où ses méthodes étaient considérées comme « old school ».

Royler Gracie incarne véritablement l’archétype de l’artiste martial. Il a combattu à la fois sur le tapis et dans la « rue », tout en se distinguant comme un enseignant discret, rappelant les senseis orientaux.

En ce qui concerne son Jiujitsu, malgré sa petite stature, il a développé un jeu axé sur la pression qui forçait le respect de ses adversaires. Bien que son style puisse sembler moins sophistiqué comparé aux standards actuels, il était incontestablement au-dessus de la majorité à son époque.

Il est également remarquable qu’il ait été l’un des plus proches sparrings de Rickson lors de la préparation de ses combats, malgré la pléthore de talents au service de la tête d’affiche de la famille Gracie.

En somme, nous avons la chance de disposer de vidéos, de victoires et de défaites d’un combattant qui a contribué à écrire l’histoire du Jiujitsu et des arts martiaux modernes. Tout cela, sans la surexposition médiatique des réseaux sociaux d’aujourd’hui, ce qui ajoute une dimension d’authenticité à son héritage. Royler Gracie, un nom qui perdurera dans les annales des arts martiaux.

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Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #78 : Les Jeunes Combattants Sont Incroyables

L’ère d’Internet a véritablement révolutionné le paysage des arts martiaux. Les jeunes générations passent des années à visionner des vidéos, à consulter des tutoriels et à regarder des combats de MMA et d’arts martiaux modernes. Cette avancée a propulsé la nouvelle génération vers des niveaux de compétence inédits.

J’ai la chance d’affronter régulièrement de jeunes combattants en BJJ, en Luta, en MMA et en boxe. Et franchement, ils sont nettement meilleurs que moi. C’est incroyable de voir comment, en l’espace de quelques années, ils développent des aptitudes naturelles, accumulent des connaissances provenant de diverses sources en plus de leurs cours, et atteignent des niveaux de condition physique impressionnants.

Nous avons également la chance de compter parmi nous des jeunes dotés d’une grande détermination. Les médias dépeignent souvent la nouvelle génération comme étant paresseuse et dépourvue de courage. Rien n’est plus éloigné de la vérité pour ceux qui ont choisi de s’investir dans les arts martiaux modernes. Ils s’entraînent bien plus assidûment que les générations précédentes.

Ils disposent de davantage de salles d’entraînement, de séances de pratique libre, d’open mat, et peuvent se rassembler facilement grâce aux réseaux sociaux. Ils s’investissent pleinement lors des cours, parfois en suivant plusieurs séances dans la même journée.

En ce qui concerne les disciplines récentes, ils bénéficient également de structures de progression et de cours de qualité, ce qui représente un atout indéniable. Les premières générations devaient parfois se débrouiller seules pour s’entraîner en MMA. Aujourd’hui, des programmes de formation de haut niveau sont disponibles.

Les fédérations elles-mêmes sont de plus en plus actives. Que ce soit pour nous, avec la CFJJB (Confédération Française de Jiu-Jitsu Brésilien) ou la FMMAF (Fédération de Mixed Martial Arts Française), nous avons désormais de nombreuses compétitions et rassemblements. Cela crée un cadre fédéral qui permet de mesurer réellement les progrès et suscite l’envie de s’impliquer davantage, que ce soit en arbitrage, en organisation, etc.

Dans les années à venir, nous verrons émerger de véritables talents. En tant que passionnés et enseignants, il est essentiel que nous prenions en considération les désirs de nos jeunes élèves. Comme je le mentionnais à Dao, parfois, lorsque nous rencontrons des prodiges en herbe, nous avons tendance à les pousser, alors qu’ils ne souhaitent peut-être que passer des moments agréables entre amis, pratiquer simplement un sport et prendre du plaisir.

Nous devons simplement proposer sans imposer. Même si ces prodiges ne brillent pas nécessairement en compétition, ils trouveront en notre communauté un lieu de vie et de socialisation sportive qui les mettra en valeur. Être doué et passionné ne signifie pas obligatoirement vouloir faire de la compétition.

Pour nous, les anciens, il est également enrichissant de partager avec cette génération qui nous dépasse, car elle nous pousse à progresser et à monter en compétence. Cela nous incite à élaborer de nouvelles stratégies et à offrir une résistance accrue.

Vivement la maturité de nos disciplines contemporaines.

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