Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #73 : L’Histoire de l’Affrontement entre Shorinji Kempo et Karate Kyokushinkai #2

Au début des années 1970, Token Taniguchi, une personnalité singulière de l’époque, officiellement spécialiste en Wushu, entama une série d’articles dans le magazine Gendai Karate (le magazine du Kyokushinkai) au sujet du Shorinji Kempo (SK). Il prétendit que le SK était une imposture, n’ayant aucun lien avec les techniques de Shaolin. Il raviva la polémique en citant les écrits de So Doshin pour discréditer les casses en karaté.

Entre 1970 et 1972, pendant la période du 4e championnat du Japon de Kyokushin, une guerre de mots s’engagea, avec des lettres ou des critiques par voie d’articles. De nombreuses personnes critiquèrent Oyama pour son manque d’engagement combattif (je rédigerai ultérieurement une série d’articles concernant les critiques sur le véritable niveau d’Oyama). Cependant, Oyama capitalisait sur la notoriété de son école qui rencontrait un immense succès au Japon.

Le 5 novembre 1972, les tensions semblèrent atteindre leur paroxysme lorsque le Shorinji Kempo lança un défi au Kyokushinkai dans le Honbu Dojo d’Oyama. Les règles n’avaient pas encore été établies, mais le pratiquant de Kempo proposa de se revoir deux jours plus tard pour les définir.

Le lendemain, Suzuki Sihan, l’un des hauts gradés du SK, tenta d’apaiser la situation en rencontrant le magazine Gendai et en demandant des excuses ainsi que l’annulation de la série d’articles intitulée « SK est une fraude ».

De manière plutôt confuse, Suzuki apprit le jour suivant que le Kyokushinkai s’apprêtait à affronter les pratiquants de Shorinji. Il est important de noter qu’à cette époque, les réseaux sociaux n’existaient pas et que la diffusion d’informations était beaucoup plus lente.

L’équipe du Kyokushinkai était prête, avec des combattants renommés pour leurs performances aux All Japan : Miura, Sato, Collins, Kishi et Oishi. Tout semblait être en ordre. Cependant, il semblerait que les combattants du SK (4e-5e dan) soient venus affirmer que tout était réglé, et que Suzuki Shihan les attendait dans la voiture. Ils prirent la fuite, poursuivis par Soeno qui tenta de les empêcher d’entrer dans le véhicule pour les agresser. Soeno affirma avoir tenté de saisir Suzuki, mais il ne l’aurait que pincé, sans le frapper.

Il convient de noter que Sosai Oyama était volontairement absent, ce qui déconcerta bon nombre de ses élèves seniors. Il imposa à Token une lettre de promesse de ne plus écrire sur le SK. La situation sembla se calmer…

Cependant, en décembre de la même année, à la suite d’un article évoquant la fuite des pratiquants de SK (dans le journal Sports Nippon), les jeunes du style, connus pour leur esprit d’action, furent pris d’une violente envie de riposter, cette fois-ci avec des cocktails Molotov et des armes. L’article précisait qu’à cette époque, dans la région du Kanto, il y avait plus de 5000 pratiquants de SK.

Comme je l’ai mentionné dans mon précédent article, à cette époque, le Kyokushinkai comptait seulement une centaine d’élèves. Ce qui a propulsé le karaté, c’est la diffusion d’un manga (qui n’est pas parvenu en France) : « Karate Baka Ichidai », qui racontait la vie d’Oyama, de son école, et nous en verrons davantage dans d’autres articles, celle d’Ashihara. Il est important de souligner que le Kyokushinkai était ravi lorsqu’il atteignait 56 élèves lors des entraînements d’hiver à midi et 31 le soir. Nous sommes loin du karaté qui comptait jusqu’à 12 millions de pratiquants, avec des séminaires complets.

Par la suite, environ 80 élèves du SK se rassemblèrent près du Honbu de Ikebukuro, armés de bokken et de barres de fer, prêts à en découdre…

À suivre.

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be one

Pank 

#Mythe #histoire #marketing #réalité #vérité #SosaiOyama #ShorinjiKempo #SoDoshin #Kyokushinkai #Ashihara #Recherche #conflit


English Version

Martial Musings of an Hypnofighter #73: The History of the Confrontation between Shorinji Kempo and Kyokushinkai Karate #2

In the early 1970s, Token Taniguchi, a rather unique figure of that era who officially specialized in Wushu, began writing a series of articles in Gendai Karate magazine (the Kyokushinkai’s magazine) about Shorinji Kempo (SK). He claimed that SK was a fraud and had nothing to do with Shaolin techniques. He added fuel to the fire by highlighting So Doshin’s writings on the absurdity of breaking in karate.

Between approximately 1970 and 1972, during the 4th Kyokushin Japan Championship period, there were letters and critical articles exchanged. Many criticized Oyama for not being more of a fighter (I will write a series of articles on the critiques regarding Oyama’s real level), but he was leveraging the school’s popularity, which was experiencing significant success in the country.

On November 5, 1972, things seemed to escalate as a challenge was issued by SK to Kyokushinkai at Oyama’s Honbu Dojo. The rules were not decided, but the Kempo practitioner suggested returning in two days to work things out.

The next day, Suzuki Sihan (one of SK’s high-ranking members) attempted to defuse the situation politically by meeting with Gendai Magazine and demanding apologies and the cancellation of the article series titled « SK is a Fraud. »

For reasons that remain unclear, Suzuki learned the following day that Kyokushin was preparing to confront Shorinji practitioners. It’s important to note that at that time, we weren’t in the era of social media, and information didn’t spread as rapidly.

Kyokushin’s team was well-prepared with recognized fighters (known for their performance in the All Japan tournaments): Miura, Sato, Collins, Kishi, and Oishi. While everything appeared ready, it seems that the SK fighters (4th-5th dan) came to claim that everything had been settled, and Suzuki Shihan was waiting in the car. They fled, pursued by Soeno, who attempted to prevent them from entering the vehicle to attack them. Soeno claimed he tried to grab Suzuki but only managed to pinch him and didn’t strike him.

It’s worth noting that Sosai Oyama intentionally remained absent, which puzzled many of his senior students. He forced Token to sign a letter promising not to write about SK anymore, and things seemed to calm down.

However, in December of the same year, following an article about SK practitioners fleeing (in the Sports Nippon newspaper), the young practitioners of the style, known for their proactivity, felt a strong desire to take action, this time armed with Molotov cocktails and weapons. The article noted that at that time, there were more than 5000 SK practitioners in the Kanto region.

As I mentioned in my previous article, Kyokushinkai had only about a hundred students during this period. What propelled karate was the spread of a manga (which never made it to France): « Karate Baka Ichidai, » which portrayed Oyama’s life, his school, and, as we will see in future articles, Ashihara’s life. It’s important to mention that Kyokushinkai was thrilled when they had 56 students attending the noon training and 31 in the evening. This was a far cry from karate’s peak, with up to 12 million practitioners and seminars bursting at the seams.

Subsequently, around 80 SK students gathered around the Ikebukuro Honbu, armed with bokken and iron bars, ready to face off…

To be continued.

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #72 : L’Histoire de l’Affrontement entre Shorinji Kempo et Karate Kyokushinkai #1

En parcourant Internet et en écoutant les enseignants que j’ai toujours admirés dans le Kyokushin et ses affiliés, ainsi que dans le monde du Shorinji Kempo (SK), je suis tombé sur une histoire qui est revenue à plusieurs reprises dans des vidéos et des articles. Je n’ai pas pu trouver d’informations en français, donc ce que je vous propose est un récit certainement subjectif basé sur ce que j’ai pu recueillir.

Il est à noter que l’on trouve plus d’informations du côté du Karate que du Kempo. Ce qui est intéressant, c’est que nous avons des confirmations de Sugihara Kancho, fondateur du Byakuren Kenpo Karate, 6e dan de Shorinji et garde du corps de So Doshin.

Replongeons-nous dans la fin des années 70, une époque marquée par une petite révolution similaire à celle qui se déroulait en Europe, notamment parmi les étudiants. Il est important de se rappeler qu’après la guerre, le Japon connaissait un fort mouvement nationaliste, et cela se reflète même dans de nombreux articles axés sur les arts martiaux, avec des références aux affiliations politiques.

Il faut également tenir compte du fait que So Doshin, le fondateur du Shorinji Kempo, était lui-même un ultra-nationaliste, tout comme Ryoichi Sasakawa, et qu’il était dix ans plus âgé que Masutatsu Oyama (Sosai). En ce qui concerne ce dernier, il semblait également plutôt nationaliste, malgré le paradoxe d’être d’origine coréenne.

Cette histoire commence apparemment avec des tensions dans les universités où le Shorinji Kempo est particulièrement bien implanté. Pour simplifier, le Shorinji s’était enraciné dans différentes couches de la population japonaise. Il est important de se rappeler qu’à cette époque, le Kyokushin comptait environ 400 écoles dans le monde pour seulement 80 au Japon.

Suite à des conflits entre des étudiants de différentes facultés et des attaques de militants plutôt de gauche (progressistes), le Shorinji a joué un rôle de protecteur des écoles. Il y avait de nombreux pratiquants dans les lycées et les universités, et certains articles expliquent qu’en cas de conflit entre deux universités, plusieurs centaines de membres du Shorinji (j’ai même lu plus de mille étudiants) assuraient la sécurité et étaient prêts à affronter les manifestants.

Comme vous le savez, le sport universitaire, et en général dans les écoles, était très populaire. C’est alors qu’un petit groupe de karatékas a commencé à émerger, ayant déjà organisé des compétitions ouvertes, notamment à l’université de Josai. Les rivalités entre ces sections étaient courantes, surtout lorsque l’un des étudiants était Yoshiji Soeno, le « tigre du Kyokushin, » qui plus tard fondera le Shidokan Karate.

Il semble qu’il y ait eu des tensions et des combats pendant cette période des années 60, mais rien de très grave jusqu’à présent. Ce qui semble avoir mis le feu aux poudres, ce sont des textes dans un ouvrage de So Doshin qui se moquaient ouvertement d’Oyama, notamment en se moquant qu’il brise des cornes de vachette. En 1968, par exemple, Sosai répondit à cette provocation dans « Modern Karate ».

Imaginez les tensions qui ont pu s’accumuler au fil des publications, avec des paragraphes critiques envers d’autres styles sans jamais les nommer directement. Comme le dit Soeno dans des interviews récentes, les gars du Kyokushin étaient comme une meute de loups sauvages, comparés à la génération actuelle de Kyokushin, qu’il qualifie d’agneaux (j’adore les piques gratuites qu’il lance).

Il va sans dire que nous avions affaire à des jeunes hommes pas particulièrement calmes d’un côté, et de l’autre, Kancho So, qui mêlait le bouddhisme, l’action sociale et les arts martiaux dans le Shorinji, avec de nombreux adeptes. Il y a d’ailleurs eu un affrontement en interne qui a eu lieu des années plus tard entre des factions religieuses : le Fudo Zen Shorinji contre le Kongo Zen Shorinji. Cela reste assez obscur, mais je vais me pencher dessus.

Au passage, si vous avez des contacts avec Shihan Aosaka (un maître extraordinaire du SK en France), j’aimerais beaucoup l’interviewer.

La force d’intervention Shorinji semblait être assez souvent sollicitée et bénéficiait du soutien de personnalités politiques et religieuses. Du côté de Sosai, il semble que les Yakuzas étaient proches de son cercle.

Il y avait une guerre médiatique et des affrontements sporadiques dans certaines universités, mais cela était encore loin de ce qui allait se passer dans les mois et les années à venir. Il est à noter qu’Oyama estimait que cette confrontation avec le Shorinji avait été très bénéfique pour le marketing de son école. Et oui, Sosai était un véritable créateur de revenus 🙂

Appréciez-vous ce genre d’histoires ? Je continuerai ce texte après-demain.

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous. 

Be One. 

Pank

#Mythe #histoire #marketing #réalité #vérité #SosaiOyama #ShorinjiKempo #SoDoshin #Kyokushinkai #Ashihara #Recherche 

Sources : http://www.masoyama.net/

https://www.youtube.com/@kazushischannel

https://www.youtube.com/@user-sv9ku9cm3m

https://m-dojo.hatenadiary.com/

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #71 : À la recherche de la vérité dans les récits des arts martiaux

Le partage de mes réflexions et de mes observations sur les sports de combat et les arts martiaux que j’apprécie me pousse à explorer le web à la recherche de pépites d’informations. En général, je visite des sites japonais. Pour les vidéos, je les enregistre en tant qu’audios, puis je les fais transcrire. Cependant, bien que je comprenne les idées dans leur ensemble, la clarté n’est pas toujours au rendez-vous.

Je me focalise principalement sur le karaté et le jiu-jitsu. Comme je vous ai partagé quelques informations sur le Shorinji Kempo, je me suis penché davantage dessus, notamment la nuit dernière. Et devinez ce que j’ai découvert ? Des histoires plutôt obscures impliquant le Shorinji et le Kyokushin.

Je prévois de présenter ces éléments dans les futurs articles. Cependant, cela m’a aussi ramené à la période tendue du Japon d’après la Seconde Guerre mondiale. Nous avons souvent une vision romancée des arts martiaux. En réalité, de nombreux professeurs et écoles, tels que le Kyokushin et le Shorinji, étaient liés soit à la mafia, à la politique, soit aux affaires religieuses.
Nous sommes bien loin des duels de samouraïs que nous imaginons. Pour sourire un peu, un grand pratiquant de Kyokushin qui avait quitté Oyama en est venu à « empoisonner » Oyama, ce qui l’a conduit à passer la soirée aux toilettes. C’est amusant, mais cela diffère grandement des affrontements entre samouraïs.

En tout cas, plus je lis et écoute de documents, plus je me rends compte que nos magazines et livres pré-internet nous ont fourni des informations, mais que celles-ci étaient souvent teintées de marketing pour les disciplines. La réalité était souvent bien moins fantastique, et même de nombreux Japonais, notamment dans le Kyokushin, savaient que bon nombre des affirmations de Sosai (Mas Oyama) étaient mensongères.

Un exemple partagé par Kancho Saiko Oyama (du World Oyama Karate), qui était Ushi Deshi et parmi les premiers élèves de Sosai, est qu’ils ont lu un livre tout juste publié par Mas Oyama, où il prétendait pouvoir courir le 100 mètres en moins de 10 secondes. Lui et son camarade de formation ont éclaté de rire en imaginant le physique de Mas Oyama se déplaçant à cette vitesse.

Comme je l’ai partagé précédemment, Kurosaki est parti à cause du marketing excessif de Sosai. En conclusion, nous sommes les enfants de ces mythes. Même si l’ère d’internet pourrait nous offrir des « vérités », de nombreux auteurs spécialisés dans les arts martiaux expliquent que les niveaux de fiabilité des informations sont faibles. Tout est plus ou moins embelli, voire effacé de l’histoire des écoles. Que l’on apprécie ou non Bluming, il a tout de même voulu dévoiler les fraudes d’Oyama sur de nombreux points. Même en écoutant les élèves qu’il a eus, tous disaient qu’Oyama était fort, mais clairement bien moins que Kurosaki.

En tout cas, je suis encore loin de découvrir « la vérité ultime » dans les profondeurs d’internet. Néanmoins, c’est une réorientation merveilleuse. Cela nous rappelle que nous aussi, en Occident, avec les Gracie, avons eu notre lot de mystifications.

Et vous, comment étudiez-vous l’histoire de vos écoles en dehors de la pratique physique ?

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank

#Mythe #histoire #marketing #réalité #vérité #SosaiOyama #ShorinjiKempo #SoDoshin #Kyokushinkai #Ashihara #Recherche

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #70 : Le Renouveau dans l’Air 

Nous sommes plongés dans une période des plus agréables. On perçoit que les vacances touchent à leur fin pour beaucoup d’entre nous, et déjà l’énergie du quotidien entame sa métamorphose. Même si nous n’avons pas pris part aux congés estivaux, l’atmosphère se teinte différemment en cette saison. 

Pour les passionnés de sport, et en ce qui me concerne, d’arts martiaux, il est particulièrement gratifiant de savoir que le dojo nous ouvre à nouveau ses portes après ces quelques semaines de repos bien méritées. 

Cette ambiance singulière qui règne dans le monde axé sur la violence, où le combat se mêle parfois à diverses formes de souffrance. Ce retour à un langage purement primitif : les coups, les projections au sol, les clés articulaires, les étranglements. C’est un instant à la fois mental et absolument physique. 

Il y a ceux qui ont consacré tout l’été à s’entraîner en vue des compétitions inaugurales de la nouvelle année. D’autres n’auront peut-être pas accompli grand-chose, mais ils ne manqueront pas de prétendre avoir fait quelques exercices. Cependant, nous savons tous que leur principale activité était de trinquer et de festoyer. 

Pour certains, cette période représente un nouveau départ. Peut-être ont-ils exploré divers clubs et disciplines au cours des dernières semaines. Parmi ces nouveaux apprenants, se cachent peut-être les champions en herbe de demain. 

Il est également envisageable que cette saison soit révélatrice pour certains, marquant un tournant, une étape décisive atteinte. Il y a tant de possibilités en ce début de saison. Il y a ceux qui viendront assidûment trois fois par semaine, et il y a les « papys » qui renoueront avec leur passion. 

Le dojo doit une fois de plus retrouver son ambiance caractéristique, intégrer de nouvelles recrues et rappeler les règles que chacun a peut-être un peu négligées. Il y a cette certaine attente de sentir à nouveau la présence des nouveaux venus, notamment pour ceux qui ont passé leur première saison. 

Ils se souviennent encore de leur arrivée, de cette envie de mesurer leurs compétences face à des débutants. Une certaine fierté émane de cette première saison, même si elle fut parsemée de difficultés, et par moments, il semblait que nous jouions davantage les serpillères que les combattants en devenir. 

La rentrée, c’est aussi le moment de retrouver les amis. C’est reprendre ses habitudes, se fixer de nouveaux objectifs, et surtout, c’est l’opportunité de poursuivre notre mission de protection. 

Chacun a ses aspirations, chacun vise ses propres objectifs. 

Et vous, comment abordez-vous cette période pré-rentrée ? Quelles émotions cela suscite-t-il en vous ? Une part d’excitation mêlée à une pointe de mélancolie ? Ou peut-être êtes-vous empli d’une détermination sans faille pour saisir les opportunités que cette nouvelle saison apportera ? Quoi qu’il en soit, le cycle perpétuel de l’apprentissage et de la croissance reprend, offrant à chacun une toile vierge sur laquelle peindre de nouvelles expériences martiales. 

 
Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.  

Be One.  

Pank 

#Rentrée2023 #Artsmartiaux #dojo #retour #plaisir #joie #amitié #efforts 

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #68 : Le Mumonkai de Yoshimoto Togashi #1 – Une Plongée dans l’Univers du Karaté

En tant que passionné du karaté, je suis toujours intrigué par la multitude de mythes qui entourent ce domaine, bien plus qu’on ne le voit dans le monde du BJJ ou de la Luta. Les Japonais semblent particulièrement enclins à créer tout un engouement autour de pratiquants qui, parfois, ne brillent que sur le papier.

Un exemple marquant de cette tendance est apparu lorsque le défi de combattre Rickson Gracie a été lancé, à l’époque, et que le nom de Nobuhiko Takada a été avancé comme le combattant le plus redoutable pour relever ce défi. Les souvenirs de cette époque m’amènent à l’époque des balbutiements d’Internet dans les années 90, où la quête d’informations sur des figures telles que Takada se résumait à des recherches fastidieuses sur des forums et des sites obscurs, laissant beaucoup d’entre nous perplexes quant à ses origines et à son parcours.

Ce qui distingue magnifiquement le Jiujitsu, la Luta et les MMA, c’est que dans l’ère d’Internet, les mystères sont moins nombreux. Lorsque nous assistons à l’émergence d’un prodige comme Helena Crevar, formée par Danaher, et la voyons écraser la concurrence sur le circuit, ses prouesses sont déjà partagées abondamment sur les réseaux sociaux.

Dans ce premier volet consacré à Yoshimoto Togashi, je souhaite partager les informations que j’ai pu récolter. Actuellement, je me plonge dans sa biographie (rédigée en japonais, ce qui ajoute une touche de complexité à la tâche). Pourquoi ai-je choisi de parler de lui ? Parce que dans l’univers du karaté full contact, celui qui trouve son origine chez Oyama (et peut-être chez Motobu, bien que sous une forme de compétition différente de celle que nous connaissons aujourd’hui), Togashi occupe une place singulière.

Autodidacte, il n’a jamais eu de maître (sensei). Suite à la lecture d’un livre (dont je vous fournirai le titre ultérieurement, dès que possible), il s’est engagé dans l’apprentissage du karaté. Doté d’une grande athléticité dès son enfance et ayant grandi à proximité d’une montagne, il a décidé d’emboîter le pas à Mas Oyama en s’isolant pour s’entraîner en solitaire en pleine nature montagneuse.

Après un laps de temps significatif, il a relevé le défi de se mesurer au karaté Kyokushin sur son propre terrain, en participant à des tournois de ce style. D’après les vidéos que j’ai visionnées, ses performances ne sont pas époustouflantes, car il enfreint fréquemment les règles en utilisant des saisies et même des frappes au visage avec les poings.

Cependant, ce qui dépasse l’entendement, c’est qu’il parvient à se hisser à un niveau respectable pour l’époque en terminant cinquième lors du All Japan de 1973. Il s’incline face à celui qui deviendra le premier champion du monde en 1975, après une prolongation intense et un score de 2 à 1. Ce qui étonne davantage, c’est l’éloge d’Oyama lui-même, commentateur de l’événement, qui trouve Togashi impressionnant, bien que les faits sur le tatami ne penchent pas en sa faveur, et Sato le domine clairement.

Toutefois, la reconnaissance d’Oyama et la réussite de Togashi à élaborer de toutes pièces, ou presque, un système pédagogique et technique pour son propre style, sont des victoires en soi. À l’opposé de nombreux adeptes du karaté centrés sur le knockout, Togashi explore les possibilités des frappes au poing.

En effet, son approche se focalise sur les ichigeki, ces coups capables de conclure un combat en une seule frappe, comme nous avons pu le voir récemment avec O’Malley. Sa stratégie s’appuie moins sur les contre-attaques que sur des principes offensifs, avec une emphase claire sur le sen no sen. Ses frappes dégagent une énergie totale, évoquant presque des superman punches.
Les combats se déroulent avec les mêmes casques que ceux utilisés en daido juku. L’aspect fascinant réside dans sa recherche d’une symbiose entre défense et contre-attaque. À l’heure actuelle, alors que j’explore plusieurs styles moins populaires de karaté au Japon, je remarque fréquemment cette idée, qui bien que classique, trouve peu d’application concrète.

Mon exploration de sa vie se poursuit, et je ne manquerai pas de rédiger un prochain article pour vous en faire part.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#karate #masoyama #kyokushin #momunkai #yoshimototogashi #fullcontact #sato #alljapan #creation

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #66 : Changement de Style et Disparition des Fondateurs

Il est indéniable que les fondateurs de toutes les disciplines possèdent des recherches et des philosophies spécifiques qu’ils partagent et enseignent peu à peu à ceux qui les suivront. Souvent, les successeurs apportent de nombreuses modifications ; il suffit de regarder les postures relativement hautes de Gichin Funakoshi en Karaté Shotokan et les postures bien plus basses actuellement associées à son fils Yoshitaka. On pourrait dire que le Jiu-Jitsu de Helio n’est plus tout à fait le même que celui pratiqué au quotidien dans le monde.

Il y a un style qui m’a particulièrement marqué par sa transformation, un style qui me plaisait beaucoup mais que je n’ai pas exploré au-delà de quelques stages en raison des changements survenus. Ce style est le Shorinji Kempo. Une forme de Kempo organisée par So Doshin, qui, à l’instar du Judo à son époque, visait à former des individus solides et capables pour leurs familles et la société.

Pour y parvenir, tout comme Oyama l’a fait avec le Kyokushin, les combattants étaient des pratiquants considérés comme forts, bien que le fondateur recherchait un chemin spirituel à travers un courant bouddhiste reflété dans la pratique de cet art martial. Cela a frustré certains élèves, dont le fondateur du ByakurenKaikan, Sugihara, qui a décidé de se tester dans une compétition ouverte en Seidokaikan (fondé par Ishii, le créateur du K1). Sa victoire dans le tournoi a perturbé un peu l’organisation, le poussant à créer sa propre école.

Fait intéressant, les Kempoka de cette école étaient considérés comme particulièrement axés sur le combat. Il y a environ deux décennies, après avoir vu des vidéos et des démonstrations d’Aosaka, je me suis retrouvé à visiter le dojo historique du Chesnay pour sparrer avec eux. J’avais clairement indiqué dès mon arrivée que j’avais l’intention de sparrer avec eux pour voir si ce que j’avais lu était vrai. Après seulement 3 combats avec les pratiquants avancés, j’ai réalisé que le style était bien différent de ce que j’avais imaginé. Cependant, la discussion qui a suivi était très enrichissante.

Ils m’ont expliqué qu’après le décès du fondateur, le style, qui compte de nombreux adeptes au Japon, a subi un changement philosophique complet. C’est en quelque sorte similaire au Kyokushin ou à d’autres styles durs qui ont cessé de pratiquer avec d’autres écoles ; eux ont choisi de se concentrer davantage sur l’aspect philosophique. Si un style a été reconnu comme étant fort pendant des années, il peut perdre cette reconnaissance lorsque les descendants cessent l’orientation initiale et jouent avec les « légendes » du passé.

Je trouve cela regrettable que, au lieu d’évoluer au sein du système, les pratiquants qui prennent des rôles de leadership altèrent les fondements. Je comprends que parfois l’adaptation soit nécessaire, comme l’a fait l’IKO 1 en intégrant des règles de non-contact dans les compétitions en contact complet, mais l’essence est perdue. Il est naturel que les élèves ne se retrouvent parfois pas avec la philosophie et la direction initiales de leur instructeur ou de leur style ; rien ne les empêche d’initier quelque chose qui leur correspond, et cela pourrait même potentiellement révolutionner certains aspects.

Avez-vous observé des changements significatifs dans vos écoles par rapport à la philosophie initiale de la discipline ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank

#karate #shorinjikempo #sodoshin #Combat #IKO #Byakurenkaikan #Funakoshi #oyama #Sugihara #kenpo

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #65 : Quand il y a tension, restez vigilant.

Dans le tourbillon des vacances ou lors de moments de détente après une soirée, il est facile de supposer que notre environnement adopte le même rythme que nous. Cependant, il est important de reconnaître que notre monde intérieur peut être très différent de celui qui nous entoure. Les situations qui paraissent bénignes peuvent rapidement dégénérer, que ce soit en raison de l’influence de l’alcool ou de la fausse impression de force que procure parfois le groupe.

Pourtant, il est crucial de garder à l’esprit que les prédateurs ou les individus cherchant à asseoir leur domination réagissent rarement conformément aux attentes. Par exemple, recadrer quelqu’un qui a affiché un comportement agressif, puis rester à proximité sans considérer la possibilité qu’il puisse revenir, constitue une grave erreur.

Dans l’univers de la défense personnelle, il est enseigné qu’en cas d’agression ou de situation agressive, il est impératif de quitter les lieux aussi rapidement que possible, même si l’on pense que la situation est sous contrôle. Les événements peuvent se dérouler à une vitesse fulgurante : un retour armé, un coup de couteau, une attaque surprise ou même un tir. L’idée que des jeunes se calmeront après un simple avertissement est parfois bien éloignée de la réalité. Il suffit d’une minute pour passer des remontrances aux coups de poing ou aux attaques au couteau.

Les médias regorgent actuellement de récits de personnes tentant d’apaiser des situations, de calmer des foules ou de venir en aide à des individus, et aboutissant parfois à des situations tragiques à l’hôpital ou à la morgue.

Être vigilant est toujours recommandé. Si vous vous trouvez dans une telle situation et que vous choisissez d’intervenir, ce qui est un acte civique, il est essentiel de maintenir une distance appropriée, de ne pas vous approcher trop près et de rester en alerte pendant plusieurs dizaines de minutes après que la tension soit retombée.
Certains de vos proches, qui ne sont pas familiers avec les arts martiaux, pourraient vous accuser de paranoïa. Bien sûr, il est important de ne pas devenir obsédé par cette idée. Cependant, ceux qui sous-estiment les dangers potentiels, qui pensent que tout est réglé ou que certains individus ne sont pas capables d’actes violents, ignorent de nombreuses réalités urbaines.

En général, il est judicieux de prêter attention aux situations et aux différents acteurs impliqués. Observez les individus agités, agressifs ou sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. Les compétences martiales ne se limitent pas à l’entraînement en salle, mais nécessitent également une dose d’attention en dehors de celle-ci.
L’objectif est d’éviter l’affrontement. Cependant, la phase rituelle de l’agression doit également être prise en compte. Si une action ou une menace verbale se produit, il est essentiel d’observer et de rester vigilant pour les minutes à venir.

En plus d’appeler la police si nécessaire, il est important de se rappeler que les forces de l’ordre ont rarement la possibilité d’agir tant qu’une infraction n’a pas été commise.

Comment avez-vous réagi lors de situations tendues ou d’agressions que vous avez personnellement vécues ? Vos expériences peuvent apporter des perspectives précieuses pour la compréhension de ces moments critiques.

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank Hno

#agression #vigilance #selfdenfense #défensepersonnelle #étatdesprit #attention

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #64 : Pas de pitié à l’académie.

Un titre aussi percutant pourrait laisser croire que mon dojo est une émanation de Cobra Kai. Et c’est précisément ce que c’est ! Récemment, après une séance d’entraînement à la bagarre avec Guillaume, nous avons évoqué ces hommes qui se montrent un peu trop agressifs envers les femmes pendant les séances. Étant moi-même un de ces gars-là, je trouve que c’est une observation intéressante. Cela m’a rappelé pourquoi je n’éprouve aucune pitié lors de l’entraînement avec les femmes ou les autres. J’ai grandi dans le monde du karaté où le symbolisme du gi et du salut revêt une grande importance à mes yeux.

Lorsque l’on franchit les portes du dojo, notre gi ou tenue de combat symbolise la neutralité. C’est d’ailleurs pourquoi, de saison en saison, je me dis qu’un jour je pourrais simplifier les choses en imposant une seule couleur de gi et une tenue similaire en Luta. Lorsque nous enfilons notre gi et que nous saluons pour débuter le cours, nous laissons derrière nous nos opinions politiques, religieuses, genrées, etc. Cela me pousse simplement à prendre en compte un aspect : le gabarit avec lequel je vais évoluer. Néanmoins, je conserve une approche martiale du karaté : celui qui possède le grade le plus bas donne le niveau d’intensité de son adversaire, au risque d’avoir un retour intense. L’idée sous-jacente est de travailler dans un esprit de coopération et d’intelligence.

Lorsqu’une femme m’invite à un combat ou que je m’entraîne avec elle en randori, je la considère comme une combattante. Elle est une personne qui cherche à me vaincre et à me soumettre, et je vais respecter cette intention et y répondre en conséquence. Personne n’est fragile, et si c’est le cas, normalement après quelques séances, ces individus ne persévèrent pas dans la discipline. Mettre K.O. une femme n’est pas un souci non plus. Toutefois, selon moi, le K.O. doit se faire en visant le corps ou les jambes, pour éviter d’infliger des blessures sévères à l’autre.

Les clés et étranglements, comme avec tout autre combattant, sont recherchés, et s’il y a une situation de danger, on signale martialement que cela pourrait provoquer une douleur réelle ou une blessure (rappelez-vous, on ne parle pas en randori).

L’avantage du Luta et du Bjj, c’est que si nous souhaitons nous investir pleinement dans chaque combat, il est possible de s’orienter vers des thèmes spécifiques lorsque les gabarits ou les niveaux diffèrent trop. Cela permet de focaliser sur des techniques spécifiques, des sorties ou des mouvements. Cela ajoute de la complexité et permet également aux partenaires de donner leur maximum.

Une fois le cours terminé, chacun retourne au monde civil du quotidien. Chacun est ce qu’il souhaite être, comme il le souhaite. Les précieux moments passés lors des séances sont uniques. C’est un monde exceptionnel qui dépend bien sûr de l’académie, des senseis et  surtout des élèves qui y participent. Dans certaines académies, les hommes peuvent se limiter à combattre entre eux, ou bien il y a des catégories de poids inférieures à 80 kg d’un côté et +80 de l’autre. Chacun a sa propre manière d’appréhender les choses, et comme je crois que chaque dojo est unique, une discipline que nous avons adorée en un endroit peut ne pas nous convenir dans un autre.

Dans mon dojo, garder à l’esprit que nous sommes simplement des combattants, réunis dans un esprit de discipline et de dépassement, est essentiel. Peu importe qui vous êtes, vous prendrez et donnerez autant que les autres. Si cela ne vous convient pas, il existe une multitude de dojos qui pourraient répondre à vos attentes. Cependant, cela m’amène à revenir à l’article que j’ai écrit sur mon dojo, ma propre dictature.

Et vous, avez-vous déjà ressenti que les gens vous traitaient différemment en fonction de votre sexe, de votre genre, de votre taille ou de votre poids ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

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Réflexions martiales d’un Hypnofighter #63 : L’Erreur de la Lutte en France 

Lors de mon passage à la Fédération de Lutte, au moment où nous avons créé le comité de grappling, j’assistais à des réunions mensuelles où la lutte occupait 97% du temps, le sambo 2%, et le grappling seulement 1%. Autant dire que ma discipline était peu mise en avant. Cependant, profitant de ces occasions, je consacrais les fins de réunion à questionner les anciens sur la lutte.

Parmi eux, un vieil homme, champion de France de lutte dans les années 50, a suscité une rencontre marquante. Il m’a livré sa perspective sur les raisons pour lesquelles la discipline n’a pas prospéré et a même été largement négligée. Actuellement, la lutte reprend de la vigueur grâce au MMA, bien que cela ne suscite pas nécessairement un engouement massif chez les Français pour intégrer des clubs. Alors, qu’est-ce qui a causé le déclin de la lutte ? Le judo.

Pourtant, la lutte avait été la fédération dominante au sein de laquelle le judo des années 50 avait fait ses premiers pas. Mais c’est la version japonaise de la lutte qui a rapidement pris le dessus, pour une raison fort simple : le gi et le code moral. Il est crucial de noter que la lutte, à l’instar de la boxe, était parfois perçue négativement. Des lutteurs se produisaient dans des foires et leur image n’était pas toujours favorable. De surcroît, le catch apportait une dimension « moins sérieuse » à la discipline.

Le judo a frappé dans le mille en présentant un aspect exotique, mais surtout en insistant sur les valeurs de respect et de rigueur, des notions qui ont rapidement conquis les Français. De plus, grâce à l’école éducative mise en place par Kano, le judo était fortement orienté vers un public enfant. Rien de mieux que d’inscrire ses enfants à des cours de judo pour leur inculquer la rigueur et la force, alors que les lutteurs pouvaient sembler quelque peu brutaux.

À partir de ce moment-là, et même si la lutte est une discipline olympique, elle a été en grande partie délaissée. Sa survie est essentiellement due aux subventions accordées aux disciplines olympiques.

En observant les éloges actuels envers les lutteurs russes ou américains, je me rappelle que nous étions également une nation de lutteurs. Nous étions passionnés par cette discipline, formant des champions et allant jusqu’à développer la lutte gréco-romaine.

Ce qui est troublant, c’est que le sport aurait pu capitaliser sur le phénomène MMA. Cependant, la fédération s’est montrée timorée en n’offrant que peu d’opportunités. Elle laisse ainsi les combattants MMA rejoindre les États-Unis ou le Dagestan pour intégrer des équipes jugées de qualité.

Avec le temps, nos compétences pédagogiques et techniques risquent de s’effacer, comme c’est également le cas en judo avec nos experts du sol ayant émigré en Russie. Il est regrettable de constater que des disciplines historiques s’éteignent, précisément à un moment où elles pourraient renaître de leurs cendres… et lutter.

Et vous, quelle perception avez-vous de la lutte par rapport au judo ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#Lutte #judo #FFL #FFJ #education #transition #MMA #Fin #renaissance

Réflexions martiales d’un Hypnofighter #62 : Revenir à du connu quand l’incertitude règne.

Dans les styles d’oppositions, nous devons partir avec des stratégies et, comme je le répète souvent au dojo, les imposer. Que ce soit dans les Kumikata ou dans les cadres pour les frappes, nous devons exercer une pression afin que la première étape de notre stratégie et de notre technique soit validée.

Nous pouvons toujours prétendre avoir une multitude de réponses en BJJ ou en Luta, mais si cela peut être vrai sur le papier, ce n’est que rarement la réalité en situation de combat. Lorsque nous n’arrivons pas à mettre en place notre jeu, c’est-à-dire là où nous excellons le plus, il est fort probable que le retard que nous avons pris s’accumule.

Plus nous nous éloignons de ce que nous voulons mettre en place, plus notre partenaire peut potentiellement non seulement empêcher notre progression, mais aussi travailler lui-même vers différents objectifs stratégiques et techniques. À mesure que le retard s’accroît, les notions moins maîtrisées, les plans de secours, les « au cas où » risquent de faire appel à des éléments que nous maîtrisons moins. Par conséquent, il y a un risque que notre adversaire profite de l’occasion pour affirmer sa position dominante.

Lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu, il est crucial de revenir là où nous sommes le plus forts afin de repartir de zéro. Une chose est certaine : nos fondamentaux. Nous savons que ce sont les exercices et les formes corporelles qui sont la réponse à presque tout. Tout le monde les a utilisés et répétés pendant des milliers d’heures. Cela signifie que les mouvements sont assez naturels et qu’ils sont également efficaces. Les millions de randoris depuis les années 20 ont prouvé que cela fonctionnait, et ce, peu importe les gabarits.

Cela ne signifie pas que cela sera facile, car notre adversaire connaît lui aussi les bases et sait vers quoi vous voulez revenir. Les choses peuvent se faire de deux manières : en restant totalement calme soit en explosant. Les deux solutions vont puiser dans nos réserves physiques.

Il est important de comprendre que le BJJ et la Luta permettent de créer des leviers avec notre force, mais plus notre adversaire est solide dans certaines positions, plus notre force et nos aptitudes physiques devront être mises à l’épreuve. Nous espérons que la combinaison de la technique et de la puissance pourrait déjouer notre opposant.

Ce retour à zéro laissera probablement une sensation de fatigue, surtout dans les positions de base comme la garde fermée, où il sera difficile de bouger et d’ouvrir. Cela nécessitera encore plus d’énergie pour retourner vers nos points forts et notre stratégie, désormais connue de notre adversaire.

Et vous, retournez-vous souvent à vos bases quand rien ne va ou tentez-vous de nouvelles choses ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.
Be One.
Pank

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