Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #112 : Les objectifs

De façon générale, dans mon métier, être focalisé sur les objectifs est essentiel pour permettre aux consultants d’avancer session après session. Quand on parle d’arts martiaux et de sports de combat, les intentions sont propres à chacun.

C’est néanmoins important de définir ses objectifs lorsqu’on participe à une compétition. Chacun y va pour des buts différents, mais souvent, ces buts ne sont pas assez clairs. Beaucoup de compétiteurs veulent gagner, d’autres cherchent à passer un bon moment, et certains utilisent ce moment pour tester leurs techniques.

C’est pour cette raison que l’expérience de la compétition est unique à chacun. Pour un professeur, il est important de prendre en compte ce que l’élève souhaite, car en fonction de cela, on va les motiver ou juste les apaiser, rester sérieux ou simplement rire avec eux.

Quand nous montons sur le tatami ou dans le ring, cet état d’esprit peut être déterminant dans notre façon de combattre. Même si chacun donne de son mieux en fonction de ce qu’il souhaite obtenir, il est facile de réaliser qu’un combattant qui veut absolument gagner ne sera pas dans le même état d’esprit que celui qui vient juste pour se tester, notamment dans les phases qui peuvent être déterminantes.

Ces moments où il faut mettre un petit coup de fouet en plus, celui qui est dans l’objectif de résultats va sûrement mettre cette énergie, alors que celui qui se teste, va simplement tenter de rester dans son plan de jeu.

Cela se voit aussi dans la façon d’aborder les victoires, mais surtout les défaites. Combien de personnes semblent désespérées et peinent à rationaliser les échecs, alors que d’un autre côté, on voit des participants aller voir leurs amis et boire un açaí.

Bien définir son objectif changera l’expérience et donnera plus ou moins de valeur au résultat.

#compétition #objectif #réussite #échec #PREM #intention

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank


English Version

Martial Reflections of a Hypnofighter #112: Objectives

Generally speaking, in my profession, being focused on objectives is essential to enable consultants to progress session after session. When it comes to martial arts and combat sports, intentions vary from person to person.

Nevertheless, it’s important to define one’s objectives when participating in a competition. Everyone has different goals, but often these goals are not clear enough. Many competitors want to win, others aim to have a good time, and some use the opportunity to test their techniques.

That’s why the competition experience is unique for each individual. For a teacher, it’s important to take into account what the student wants, because based on that, we will either motivate them or simply calm them, stay serious or just laugh with them.

When we step onto the tatami or into the ring, this mindset can be crucial in how we fight. Even though everyone does their best based on what they want to achieve, it’s easy to see that a fighter who is determined to win will not be in the same mindset as someone who is just there to test themselves, especially in critical phases.

In those moments where an extra push is needed, the one who is focused on results will surely put in that energy, while the one who is testing themselves will simply try to stick to their game plan.

This is also evident in the way victories are approached, but especially defeats. How many people seem desperate and struggle to rationalize failures, while on the other hand, you see participants going to see their friends and drinking açaí.

Defining your objective well will change the experience and give more or less value to the outcome.

#competition #objective #success #failure #PREM #intention

Take only what is good and right for you, Be One Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #111 : Se classer Numéro 4 au Championnat du Monde Kyokushin IKO

En France, nous avons une culture de karaté dit traditionnel, un terme mis en avant dans les années 70 par un journaliste pratiquant le Kyokushin. Ce terme servait à différencier le style de karaté sans contact de celui avec Ko, qui commençait alors à gagner en popularité. Comme dans 90% des sports de combat, nous ne sommes pas dans un monde de professionnels. Les passionnés s’entraînent comme ils peuvent, avec les moyens du bord, et dans le Kyokushin, sans organisation pour les accompagner.

Pourtant, en France, nous produisons des champions. Un des prodiges de la discipline est Antonio Tusseau, qui a été trois fois champion d’Europe et deux fois vainqueur de l’American Open, sans parler de sa dizaine de titres de champion de France. Il y a une semaine, Tonio a pris la quatrième place au Championnat du Monde, qui a lieu tous les quatre ans. La spécificité, sans catégorie de poids et au KO.

Les médias n’en parlent pas, ce n’est pas aussi tendance que le MMA, pourtant notre champion a participé à un tournoi avec plus de 160 combattants. Il a perdu en demi-finale face au champion du monde. Revenons quelques instants sur sa préparation : pas d’INSEP, pas de nutritionniste de la FFK, juste ses amis de l’ACBB et d’autres clubs pour préparer l’échéance.

Ce n’est pas un style de vie où il ne se focalise que sur la compétition, contrairement aux Russes ou aux Japonais qui dominent souvent le top 10. Non, il a dû gérer ses cours et ses différentes obligations pour gagner sa vie. Ce qui est triste, c’est que des combattants qui s’investissent autant ne sont que très rarement mis en avant par la Fédération Française de Karaté (https://www.ffkarate.fr/les-actualites/). À ce jour (26/11/2023), rien sur les actualités, le Kyokushin est un style de Karaté, étrange.

Nous devons saluer les performances de personnes comme Tonio, ainsi que celles de nombreux passionnés d’arts martiaux dans leur discipline, et les mettre en avant, sachant que les fédérations, qui n’hésitent pas à demander 40€ pour une licence proposant seulement deux compétitions par an, passeront à côté. C’est cela, l’esprit des arts martiaux…

Bravo pour cette étape dans ton aventure martiale.

Osu

#kyokushin #IKO #karate #13thWorldOpenKarateChampionship #MasOyama #ACBB #AntonioTusseau #ko #ChampionnatDuMonde

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #110 : Trouver son style avec sa personnalité.

À l’académie, nous pratiquons du Jiu-Jitsu, de la Luta Livre et une forme de grappling avec frappe. Mes cours sont organisés par semaine, alternant entre une semaine de Jiu-Jitsu et une semaine de Luta. Les élèves vont donc expérimenter les deux et petit à petit s’orienter vers leurs préférences. Avant-hier, en fin de cours, je m’entraînais avec des compétiteurs.

Certains veulent jouer dans les deux styles, d’autres en choisissent juste un. C’est intéressant de voir que, sans être rédhibitoire, il y a vraiment moins de plaisir à pratiquer une forme pour ceux qui se sont “spécialisés”. On remarque que ce que certains aiment dans un style est justement ce qui déplaît dans l’autre.

L’IBJJF, ayant naturellement mis en avant le Jiu-Jitsu depuis leurs origines et intégrant des gros tournois en Luta seulement à partir de 2014 (premier European No Gi), crée une préférence assez naturelle pour ce que l’on a le plus pratiqué. De plus, le Jiu-Jitsu, à l’inverse de la Luta, est rassurant ; on y trouve des fondamentaux plus simples à assimiler grâce au grip, qui, même si nous ne savons pas faire grand-chose, nous permet de moins subir.

Inversement, ceux qui n’aiment pas cette notion de contrôle, ou plus clairement de se faire contrôler, se sentir incapables de faire quoi que ce soit, vont plus facilement se diriger vers la Luta Livre.

Je trouve cette offre équilibrée de Gi/No-Gi une véritable opportunité pour les pratiquants de vraiment choisir. Cela entraîne automatiquement la perte de certains apprenants qui voudront pratiquer soit uniquement de la Luta, soit du Jiu-Jitsu. Je les invite alors à se diriger vers des académies qui leur offriront une meilleure expérience.

La discipline inverse à son style de base peut être une véritable redécouverte de sa passion. J’aime voir mes amis ceintures noires de Luta un jour porter un Gi et retrouver le plaisir de la découverte, de la remise en question. Inversement, des pratiquants de Jiu-Jitsu qui, d’un coup, se rendent compte de la beauté de la mobilité dans leur découverte du No-Gi.

C’est vraiment une bonne chose que ces disciplines, qui commencent à se séparer clairement à haut niveau, restent encore en corrélation à notre échelle avec des pratiquants aimant les deux.

#JiuJitsu #LutaLivre #Bjj #Règles #Styles #Caractères #Plaisir #Apprentissage

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #108 : Retour aux Bases des Combats Professionnels

Vous le savez, je n’apprécie pas le MMA lorsqu’il se rapproche trop de la promotion à la manière du catch. Je comprends que le trash-talk, les vues, les likes et les followers sont désormais monnaie courante. Cependant, ce qui m’intéresse, c’est le combat en lui-même. Je n’ai peut-être jamais été professionnel, mais j’ai participé à des centaines de compétitions. Lorsqu’il fallait être prêt pour un jour J, nous l’étions, sans détour.

Aujourd’hui, certains combattants se perdent dans la création de vlogs, donnent des cours de philosophie et veulent montrer leurs efforts. Mais ils oublient parfois que l’essentiel est d’être prêt à se retrouver face à face au début de l’affrontement.

Je suis conscient que les réseaux sociaux amplifient les émotions, les croyances et les projections. Les combattants peuvent facilement se laisser distraire entre satisfaire leurs fans, en gagner de nouveaux, contenter les sponsors, et répondre aux attentes des organisations qui préfèrent un buzz à un investissement conséquent.

Viser haut est louable, mais il est primordial de prouver ses capacités à son propre niveau. Même si parfois des passe-droits sont accordés sur des critères externes au combat, ne pas paraître professionnel peut entraver la progression.

Ne pas faire le poids ou se blesser peu avant une échéance, ce n’est pas être un guerrier, mais plutôt rester un amateur rêvant de gloire et de succès. Revenir aux fondamentaux, avec sérieux et discipline par rapport à ses échéances, est le minimum que l’on puisse attendre. Les fans et spectateurs ne s’intéresseront pas si tout ce « show » ne débouche sur aucun résultat concret, ni même sur un combat.

#Professionnel #Amateur #MMA #FMMAF #UFC #RéseauxSociaux #Ares #Poids #Championnat #Discipline #Bases

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous,
Be One
Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #107 : La Primauté de la Technique ou de la Force Physique ? #2

Suite à mon dernier article, j’ai reçu une question qui a été fréquemment posée, notamment suite à un incident typique impliquant X. Un YouTuber spécialisé en musculation, Marvel, a remis en question le niveau de Manon Fioriot, combattante de l’UFC qui est probablement une future prétendante au titre mondial.

Classiquement, il est communément admis que les femmes, même combattantes et s’entraînant depuis des années, se feraient battre par un homme « noob » mais robuste. Dans mon article précédent, j’expliquais que la technique pouvait être moins « utile » que l’aspect athlétique.

Cependant, je faisais une distinction entre les systèmes de frappe et les systèmes de préhension. Un combattant totalement débutant a de fortes chances de se faire battre dans les styles de préhension : Judo, BJJ, Luta Livre, Lutte. Cela peut d’ailleurs se voir sur YouTube : Bodybuilder vs JIU JITSU bodybuilder gets owned by a jiu jitsu black belt.

Il est donc tout à fait possible qu’une femme plus frêle batte un homme. Cependant, une fois que l’entraînement et l’expérience entrent en jeu, cela devient plus difficile. Même si elle est techniquement un peu supérieure, la puissance de l’homme pourrait annuler cet avantage.

Dans les sports de combat, il est difficile pour une femme plus légère de mettre KO un homme robuste. Toutefois, si elle possède un gros punch (ce qui revient à la puissance physique), elle pourrait battre un homme non-boxeur. Dans un cadre sportif basé sur les points, elle gagnerait probablement la majorité des rounds, voire tous, grâce à sa technique, sa stratégie et un excellent cardio.

Je suis favorable à ce que les femmes pratiquent les arts martiaux pour surpasser les hommes prétentieux. 🙂

#femmevshomme #combat #challenge #physiquevstechnique #boxe #judo #jiujitsu #lutte

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #106 : La Primauté de la Technique ou de la Force Physique

Hier, après une session d’entraînement intense, je me suis retrouvé au cœur d’un débat captivant entre des pratiquants de Muay Thai. Leur questionnement : quelle est la prépondérance entre la technique et la force physique dans les arts martiaux ? Cette interrogation résonne en chacun de nous, passionnés des arts de combat. Fort de mes années d’expérience, j’ai observé qu’un combattant au physique/athlétique détient souvent un avantage sur celui plus axé sur la technique.

Dans l’univers complexe et diversifié des styles de combat, prenons l’exemple de la frappe. Le « lucky punch » est un phénomène remarquable, où un combattant moins doué techniquement peut déstabiliser ou surpasser un adversaire supérieur par un coup imprévu. Cela a été manifeste lors de l’UFC 295, où Jiri Prochazka, adoptant une posture prudente, hésitait à s’engager, craignant un contre décisif de son adversaire – un contre qui a finalement scellé la victoire.

Dans le domaine spécifique du MMA, Jiri Prochazka est considéré comme un combattant plus complet que Alex Pereira. Pourtant, Pereira, avec son impressionnant « KO punch », se distingue dans la boxe à un niveau exceptionnel. En matière de lutte et d’autres formes de grappling, la technique est certes cruciale pour dominer un adversaire non initié, mais elle perd de son efficacité face à quelqu’un qui maîtrise quelques techniques clés et une posture solide.

Maurice Smith fut l’un des premiers dans le MMA à démontrer cette réalité, en apprenant à « sprawler » efficacement. Malgré un niveau de lutte plutôt modeste, il a su bouleverser une génération de grapplers avec un seul concept. Ceci illustre qu’une maîtrise technique exceptionnelle n’est pas toujours nécessaire pour triompher dans certains aspects du combat face à des adversaires hautement qualifiés.

D’autre part, un combattant à la fois athlétique (fort et agile) peut infliger de sérieux dommages. Prenons l’exemple de St Denis à l’UFC 295 : sa confiance en son physique et ses compétences techniques lui permettent de combattre avec intensité. Il sait que son endurance et sa force compenseront ses éventuelles faiblesses techniques, comme ce fut le cas lors de sa tentative ratée de guillotine.

Idéalement, un combattant devrait exceller à tous les niveaux, bien que cela reste rare. Souvent, ceux qui possèdent un physique avantageux se concentrent moins sur la technique, n’ayant pas à compenser un manque de force, tandis que les techniciens tendent à être moins physiques que les athlètes naturellement forts.

#ufc295 #TechniqueVsForce #BenoitStDenis #JiriProchazka #AlexPereira #Physique #KOPunch

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #104 : Le Sanda, le combat libre chinois

Il est intéressant de voir à quel point les styles chinois, dotés d’un patrimoine énorme, ont été mis de côté à partir des années 20 avec la création du Sanda. Il semble que le wushu permettait aux pratiquants de s’affronter dans des formats de « compétitions » nommés Lei Tai.

La surface de combat explique pourquoi, dans le Sanda actuel, nous retrouvons la plateforme : ces combats anciens admettaient une fin si le participant était projeté hors de la surface de combat.

Ce qui m’intéresse dans le Sanda, c’est de comprendre que les Chinois ont jugé les styles anciens inefficaces pour l’armée. Ils ont donc regroupé les formes de combats compétitifs, modernisé les méthodes d’entraînement, et permis une expression à travers des tournois avec des protections telles que les gants de boxe.

Nous aimons les arts martiaux, tout comme le Sensei Michiozuki qui a fondé le Yoseikan Budo en synthétisant les disciplines incroyables étudiées par son père. Il a également modernisé les formes d’entraînement, ajoutant des protections même aux armes pour permettre une pratique ludique et continue.

Le Sanda forme de plus en plus de combattants vraiment forts. Les Chinois organisent souvent des confrontations avec des Thaïlandais ou des Japonais pour tenter de démontrer la « force » de cette boxe.

Ce n’est pas encore l’arme ultime, notamment pour « battre » le Muay Thai, qui reste probablement la boxe la plus « forte ». Cependant, face à l’ensemble des styles plus traditionnels, même le Wing Chun ou le Shaolin Fa, très populaires dans les films, le Sanda les jette en l’air (peut-être grâce au Shuai Jiao :).

Il est toujours intéressant de comprendre que les arts « traditionnels » ne sont pas aussi dangereux que les histoires des maîtres obscurs nous l’enseignent ; la preuve, le propre pays aux centaines de styles a estimé qu’aucune école ne répondait aux besoins militaires modernes…

#wushu #sanda #shuaijiao #kungfu #combat #artsmartiaux #combatlibre #mma

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous,

Be One

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #103 : Les contraintes à l’entraînement

Hier, on parlait avec les copains du Kyokushin et des Jiujitsukas. Quentin, ceinture jaune de Kyokushin et élève d’Antonio Tusseau, nous partageait les entraînements que Gino (un champion d’Europe, également élève de Tonio) avait vécus au Japon. Quatre heures particulièrement difficiles entre répétitions et combats.

Quand on se rend compte de ce que donne ce type de training, à quel point c’est épuisant et difficile à tenir, Alex, un de mes gars, qui pratique le MMA et est ancien du Wushu, partage une réflexion : tout ça pour juste 2 minutes de combat.

C’est vrai que cela peut sembler complètement fou de se donner autant de mal pour quelques combats très courts. Pourtant, c’est un des éléments clés des sports en général : entrer dans des contraintes physiques et psychiques, se contraindre pour peut-être gagner en compétition, mais pour 90% des participants, c’est simplement pour subir une défaite.

Les efforts que nous pouvons fournir quotidiennement à notre humble niveau dans le dojo sont quelque chose qui nous permet de nous dire que nous sommes capables de le faire également dans des moments de notre quotidien. La contrainte devient rarement un plaisir, mais les bénéfices que nous pouvons obtenir sont, eux, positifs.

Nous allons au dojo pour des motivations différentes, que ce soit pour se mesurer en compétition, pour s’améliorer physiquement, ou pour prendre plus de confiance. Entrer dans une salle d’arts martiaux est un geste qui peut être vraiment difficile à faire, sachant que la douleur et la défaite suivront pendant longtemps celui qui s’initie.

Donner de la valeur à cet effort, observer sa progression, comprendre que les heures de tapis et de contraintes apportent des grades, des niveaux ou des réussites, voilà une voie du quotidien pour les combattants de chaque dojo.

#Contraintes #Entraînement #Efforts #Douleurs #Réussite #Échec #Budo #StepByStep

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #102 : L’art du sparring

S’il y a une chose difficile à mettre en place, ce sont les sparrings. Hier, je participais avec les copains de la section MMA et sambo du Fushan Kwoon à une heure et demie de petits randoris. En écoutant Serge, l’instructeur de MMA, et David, celui du Sambo, répéter les règles de la rencontre, je me suis dit une nouvelle fois que c’est complexe de faire comprendre à de jeunes combattants qu’il n’y a pas de compétition.

Le sparring peut être un jeu et un moment d’apprentissage, même avec des niveaux très différents. Le plus compliqué est de faire comprendre aux moins expérimentés qu’ils n’ont rien à gagner à frapper fort, projeter à pleine force ou soumettre au risque de blesser. Comme je le partage souvent avec mes gars, si vous avez de l’énergie pour faire mal à des amis avec qui on s’entraîne tous les jours, redirigez cette énergie pendant les compétitions.

Le seul endroit où on peut s’exprimer librement, c’est la compétition, pas le dojo. À la salle, on doit pouvoir chercher le plaisir et la progression, tout en pensant aussi à celle du partenaire en face.

Toutes les semaines, Serge, qui est plus léger de plusieurs dizaines de kilos que moi, et moi-même, nous nous faisons des heures de sparring et pourtant, nous ne nous blessons jamais. Il est donc possible d’avoir un échange sérieux sans traumatiser le corps. Dans le jiu-jitsu, c’est aussi très compliqué, parce que les partenaires néophytes ne se rendent pas compte qu’ils peuvent être dangereux.

Avec eux, parfois c’est même plus risqué qu’avec leur senpai. Ces derniers, d’ailleurs, peuvent se blesser en faisant attention que le débutant fougueux ne se fasse pas mal. C’est toujours une question d’attention envers ceux avec qui nous combattons. Nous sommes avant tout des partenaires et des amis qui cherchent à progresser.

Oser parler, dire que c’est trop, oser savoir que ce n’est pas nécessaire de répondre avec une agressivité momentanée (je dis cela mais même après des milliers de sparrings, il m’arrive de m’échauffer rapidement), parfois il suffit juste d’arrêter et d’attendre le prochain combat, c’est souvent la meilleure chose à faire.

On peut être des combattants sans être des brutes obsédées par la virilité. Préserver la valeur de l’amitié est un point important.

#sparring #mma #jiujitsu #sambo #échange #amitié #partage #compétition

 Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank

Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #101 : Qu’est-ce que le Karaté ?

Nous avons en France une culture du karaté liée aux styles traditionnels et non contact : Shotokan, Shito-ryu, Goju-ryu, Wado-ryu. Nous avons donc une perspective qui ne partage qu’une facette de la richesse martiale qui s’est développée au Japon. On peut se demander, par exemple, si le style de Oyama Sosai, le Kyokushin, pourrait être considéré comme du karaté.

En lisant de nombreux articles sur le karaté sur des blogs japonais, je constate une chose : le moment crucial pour l’histoire du karaté est souvent associé à la défaite des Japonais en 1972 au second championnat du monde de karaté non contact. Imaginez l’humiliation : aucun Japonais, ni en individuel, ni en équipe (que la France a remportée), n’était parmi les 5 premières places.

Cet échec a engendré de fortes tensions, car pour les fondateurs du karaté, cette discipline était celle qui maintenait la véritable essence de l’esprit japonais. Cela explique pourquoi Oyama avait déclaré que jamais de son vivant un étranger ne remporterait un championnat du monde de Kyokushin, chose qui est arrivée l’année suivant sa mort.

Le Kyokushin était le dernier bastion que les étrangers n’avaient pas encore ébranlé, et c’est pourquoi, avec les ambitions olympiques de la fédération traditionnelle, les frappes réelles leur semblaient complètement inappropriées pour diffuser cet art martial.

Kogawa, un membre de la fédération japonaise de karaté, avait même demandé à Sosai de nommer son style « l’école Oyama d’arts martiaux », sans référence au karaté. Et même le fondateur du Wado-ryu, Otsuka, avait déclaré : « Nous devons trouver un moyen de renverser nos adversaires. Ce serait bien si le gouvernement interdisait ce type de karaté. »

Imaginez à quel point la guerre politique et la définition même de ce qu’est le karaté étaient au cœur des années 70. La défaite de 72 explique aussi pourquoi Oyama a accéléré la démarche pour proposer le premier championnat du monde de Kyokushin, pour montrer que son karaté était un véritable style japonais, dominé par les Japonais. Sa stratégie d’expansion, avant même de bien développer le style au Japon, a dû être réorientée pour s’implanter solidement sur l’archipel, afin de combattre le karaté qui se voulait olympique. Sosai, à l’inverse de Matsui (son successeur à la tête du Kyokushin), ne souhaitait pas particulièrement voir le karaté aux Jeux Olympiques…

#Kyokushin #Karate #MasOyama #Wadoryu #conflit #politique

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be One 

Pank