Nous savons tous que le Karaté est né sur les îles RyuKyu au Sud du Japon. Il existe de nombreuses théories sur la manière dont ce style est arrivé, mais nous pouvons être certains qu’il trouve ses origines dans le Sud de la Chine. Jesse Enkamp, un passionné d’arts martiaux et de Karaté, explique qu’il est possible que des influences philippines aient également intégré le style de combat d’Okinawa.
On aime créer des légendes autour des grands combattants de l’île, mais factuellement, à part Motobu qui semblait être le « badass » de la première période connue du Karaté, ou plutôt du Kenpo, il n’y a pas eu de gros combattants reconnus.
L’un de ses élèves, ou du moins un pratiquant influencé par son travail, Shigeru Nakamura, a mis en place un style d’Okinawa Kenpo avec des protections pour permettre aux combattants de s’affronter à pleine puissance. Parmi ses élèves, il y avait un ancien pratiquant de Judo, Kenichi Kinjo. Il s’entraînait avec Nakamura et puis un jour, il découvre le Kyokushin à travers une annonce.
En effet, à l’époque, Oyama promettait aux vainqueurs des All Japan un poste d’instructeur à l’étranger. Il faut se souvenir que ce dernier a davantage développé le Kyokushin à l’étranger qu’au Japon. En 1971, il n’y avait qu’environ 80 dojos nippons contre près de 400 dans le monde.
Kinjo, jeune et vaillant, se rend au Hombu Dojo d’Oyama et défie les pratiquants. C’est Shigeru Oyama, le head instructeur, qui relève le défi. Et il met Kinjo à sa place. Ce dernier est tellement frustré du temps qu’il a passé à répéter les katas et autres méthodes traditionnelles d’Okinawa qu’il décide de rester à Tokyo.
Il s’entraîne quelques mois en tant qu’ushi deshi, est sélectionné par le Hombu pour participer au 3e championnat du Japon, et se classe 5e. Ce qui est remarquable pour un pratiquant qui ne pratiquait le Kyokushin que depuis quelques mois.
Après cette période, il décide de retourner sur son île natale et de créer son propre style de Karaté : le RyuSeikan, entre la tradition et le combat au Ko du Kyokushin. C’est Kinjo qui a importé la forme japonaise du combat sur l’île. D’ailleurs, il a été très critique du fait que les pratiquants d’Okinawa étaient faibles et que la forme de Karaté sans combat dur n’avait pas de sens.
C’est pour cette raison que maintenant nous avons des dojos comme le Goju-ryu Meibu-kan des Yagi qui offrent des entraînements en combat en forme de plein contact.
Il est intéressant de se dire que le Karaté qui a été exporté par Funakoshi, Mabuni et d’autres est revenu avec la forme la plus dure, modifiée par Oyama.
Cela nous pousse également à réfléchir sur le Karaté de base, qui pour beaucoup n’est qu’un exercice sportif et pas vraiment un art de combat. Itosu, l’un des vulgarisateurs du Te, est celui qui l’a orienté vers un système de cours de masse pour le renforcement, s’éloignant ainsi de la self-défense ou du combat sportif.
En France, nous avons beaucoup acheté de mysticisme à travers les maîtres et les démonstrations, mais la réalité, celle que Kinjo a vécue dans sa chair, c’est que pendant longtemps, sur de nombreux aspects, le Karaté d’Okinawa n’avait que peu de pratiquants vraiment forts et efficaces. Funakoshi en est un exemple, Motobu l’a constaté après son défi.
Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous,
Be one
Pank
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