Nous, thérapeutes, avons nous peur d’être hypnotisés ?

peur

Mes rencontres avec de nombreux pratiquants et thérapeutes en Hypnose m’ont mis en évidence que beaucoup d’entre eux n’ont jamais été hypnotisés.

Pour être plus précis , ils n’ont jamais eu l’impression de l’être.
Le fait que je travaille avec ‘des instant’ me donne la chance d’avoir beaucoup de professionnels qui passent ‘tester’

Pour beaucoup d’entre eux, ils s’estiment ‘non hypnotisables’.
Ne pensez vous pas qu’il y a une incompréhension entre être en transe et vivre des phénomènes hypnotiques ?
Dans ma perception de l’hypnose, l’opérateur ne propose au sujet que de récupérer un état qu’il vit naturellement au quotidien.

Que se soit une rêverie comme une catalepsie mineure, un catalepsie majeure quand on est à la machine à café, le gobelet en l’air pendant 15 min. Un oubli éphémère quand on a la réponse sur le bout de la langue. Une analgésie quand on se cogne dans un mur et que l’on s’aperçoit du bleu quelques heures plus tard. Ou diverses choses que l’on est persuadé d’avoir vu ou entendu alors que ce n’est pas le cas, ainsi que son inverse.

En somme des choses qui arrivent à tous et toutes.
Alors certains dans le cadre d’une session ne lâcheront pas et ne vivront pas de phénomènes hypnotique. Et alors pour autant le principe de suggestions restera ouvert. L’impact sur le subconscient également.
Il est intéressant de constater que les personnes en résistance sont souvent celles qui ont le plus peur de lâcher les émotions et maux cumulés dans le subconscient. Une forme de résistance qui bien souvent est vaine.
Si effectivement pendant la séance la personne ne veut pas exprimer, voir ou entendre, la plupart du temps le corps ou les comportements sont emplis de réactions subconscientes qui ‘ pourrissent’ la vie, des compulsions, des phobies, des angoisses.

Pour d’autres il y a cette notion qu’en transe il n’y a rien de différent à leurs états quotidiens, vous en connaissez sûrement, n’est ce pas ?. Ce qui sous entend que pour leur part ils sont en transe quasiment tout le temps…

Ne prennent-ils pas les suggestions du monde sans les filtrer ? Ce qui explique qu’ils tentent sans cesse d’être dans le contrôle, leur vie étant sous contrôle. Cela donne souvent des obsessionnels, ils vont facilement être passionnés pour cloisonner ces transes incontrôlées vers un seul point pour arriver à maîtriser au maximum. Ils deviendront maître d’un système et par conséquent chercheront à contrôler les inputs et les outputs.

Je ne maitrise pas assez les neurosciences que j’estime de plus trop ‘instable’ dans leur conclusion pour ‘admettre’ ce qu’elles mettent en avant.. Je ne me fie qu’à ma pratique en cabinet et dans la rue. Chacun à leurs manières partent dans une ‘conscience modifiée’ ne serait ce que par l’apparition d’une émotion nouvelle. La plupart du temps du rire. Ou le retour d’un analytique exagéré comme pour se rattraper d’avoir lâcher.

Plus les personnes rationalisent leurs expériences surtout pour dire que cela n’a pas fonctionné et plus cela met en avant que leur équilibre de contrôle a été rompu.
Pour un praticien ne pas se lâcher en transe signifie quoi ? Quel contrôle veut il avoir ? Quelle peur garde t il ? Ne devons nous pas découvrir le plus profond de nous même ? Y a t il des parts de nous que nous ne souhaitons pas travailler ?

J’entends que de toute façon l’auto hypnose permet de travailler de la même façon… Je suis fan d’auto hypnose, mais je pense que c’est une belle ‘lâcheté’ que de vouloir tout gérer ‘seul’. Nous n’irons jamais aussi loin qu’avec un opérateur bienveillant. Qu’est ce qui fait que nous ne laisserons pas le Subconscient pleinement s’exprimer ?
Est ce en ce cas l’absence d’opérateurs d’hypnose que l’on estime bienveillant pour permettre un vrai lâché prise ? Est ce le fait que nous n’avons que si peu d’estime en nous que nous n’en donnons pas aux autres ? Ou inversement tellement d’orgueil que nous ne souhaitons pas montrer notre faiblesse ?

Il est si simple d’opérer un travail avec nos patients, mais nous sommes nous capables du courage de nos clients ? Non pas quelques mois pendant des études, mais jusqu’à la fin ?
Aujourd’hui je ne crois pas à la personne qu’on ne peut pas mettre en transe, chacun l’a perçois à sa manière.

Je crois en la peur de se laisser aller même si l’envie est là. N’oublions pas la force d’une peur, on peut vouloir de tout coeur passer de l’autre côté du pont mais le vide nous empêchera d’avancer.

Nous, hypnos, ne sommes nous pas pour beaucoup devenus des experts de la transe pour avoir la belle illusion de la contrôler ?

Prenez soin de vous

Pank

 

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