Réflexions Martiales d’un Hypnofighter #75 : Arts Martiaux et Racisme ?

Il est assez rare de penser aux discriminations lorsque nous sommes au dojo. Nous portons un Gi et nous combattons avec un apprenti comme nous. Le karaté et mes instructeurs m’ont rapidement expliqué qu’une fois dans le dojo, toutes nos convictions idéologiques et autres sont laissées à la porte, le temps de l’entraînement.

Pourtant, nous sommes des êtres humains, et il est donc fort possible que certaines personnes puissent généraliser leurs pensées au sein du lieu d’entraînement. C’est regrettable, mais je pense que c’est à nous, les professeurs, de tenter de régler le problème. Et si cela n’est pas possible, il faut envisager de renvoyer du club ceux qui ne correspondent pas à l’étiquette.

C’est d’ailleurs l’un des avantages des clubs privés non subventionnés, qui peuvent avoir une politique d’exclusion plus souple que les clubs associatifs.

Dans mes recherches actuelles, je constate à quel point le monde du karaté japonais peut être marqué par le racisme. Certains vont même jusqu’à critiquer de manière incessante Oyama et Matsui du Kyokushin parce qu’ils sont d’origine coréenne. Il semble que la mafia coréenne soit particulièrement présente dans les arts martiaux japonais, alors que je pensais que ce problème était réservé aux yakuzas.

Il est étonnant d’entendre des Shihan plaisanter en disant que tel athlète de Taiwan ou de Corée n’est pas digne de confiance parce qu’il n’est pas japonais, que les non-Japonais ne peuvent pas vraiment comprendre les arts martiaux, et ainsi de suite. Ces remarques sont faites avec une tranquillité déconcertante, alors que nous savons que le Japon est un pays aux tendances politiques d’extrême droite, voire d’ultra-droite. Ce que nous, étrangers dans ce pays, aimons particulièrement, c’est précisément le mélange entre la culture et la modernité, même si cela a un coût social élevé.

Imaginez quand un Willy Williams est venu aux premiers et seconds championnats du monde de Kyokushinkai, comment il a été perçu : Afro-Américain, imposant, pratiquant la boxe japonaise. C’était à une époque où Sosai clamait tranquillement que jamais de son vivant un étranger ne deviendrait champion du monde, et Andy Hug en a payé le prix.

Nous aimons parler de l’universalisme des arts martiaux, mais heureusement, c’est le marketing et le besoin d’argent ont permis à ces disciplines de se propager, créant ainsi un véritable métissage culturel dans le karaté.

Oyama n’était pas Kano, qui voyait le monde, l’éducation, le partage. Sosai était un diffuseur, un excellent commercial, qui s’est brouillé avec de nombreux élèves pour des questions d’argent. Quand les représentants de la World Oyama Federation expliquent que c’était principalement un problème administratif, avec plus d’informations, il apparaît que l’argent était surtout le vrai souci.

Le racisme est profondément enraciné dans le pays du soleil levant, et nous, occidentaux qui aimons l’orientalisme, pouvons facilement ne pas y prêter attention, car notre séjour est souvent de passage, et l’éducation de façade ne laisse entrevoir qu’une image courtoise du peuple nippon. Pourtant, au dojo, la réalité est paradoxalement différente, et il arrive parfois que les Gaijin, les étrangers, soient refusés dans des dojos (j’ai pu le constater une année en cherchant des académies de karaté plein contact qui m’ont dit « Japanese only »).

Il est utile de remettre en question nos croyances et de prendre conscience des réalités culturelles associées à l’histoire des différents pays où nos disciplines sont nées. Helio Gracie, au Brésil, a lui aussi fait partie de l’AIB pendant une période.

Pour nous, génération d’enseignants et de pratiquants, il est essentiel de créer un lieu aussi neutre que possible pour se concentrer sur une seule chose : le combat.

Ne prenez que ce qui est bon et juste pour vous, 

Be one

Pank 

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