Réflexions martiales d’un Hypnofighter #48 : Regarder des débutants

Grâce à l’un de mes élèves, pompier à Paris, j’ai animé deux petites sessions de Luta Livre à sa caserne. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est d’observer comment des jeunes pleins de ressources et athlétiques combattent instinctivement.

J’explique régulièrement à mes élèves que la Luta Livre est issue de la Lutte et du catch Wrestling. Contrairement au Jiujitsu ou au Judo, il n’y a pas de gi. Cela confère à cette discipline un aspect plus primitif et moins raffiné que les options offertes par d’autres arts martiaux. C’est justement cet aspect qui s’exprime lorsque des personnes sans peur des blessures utilisent leur puissance instinctivement, même sans une grande expérience des combats au sol.

En général, que ce soit debout ou au sol, ils ont tendance à chercher à agripper la tête en guillotine ou en collier, puis à faire tomber leur adversaire en se retournant, comme dans un ogoshi en judo. On peut remarquer que ni l’un ni l’autre ne souhaite se retrouver sur le dos, ils ont instinctivement conscience du danger de cette position.

C’est là que réside tout le génie du BJJ, qui a donné de la valeur au travail au sol et a développé un processus cohérent pour une position qui n’est pas naturelle.

L’idée de chercher à étrangler ou à arracher la tête de l’adversaire est également particulièrement instinctive chez ces apprentis lutadors pleins d’énergie. Ils ne recherchent pas la passe de garde ou le contrôle. Ce qui compte pour eux, c’est de terminer le combat le plus rapidement possible.

Dès qu’ils ont l’opportunité de se redresser, que ce soit à genoux ou en se levant, celui qui est en position défavorable met toute son énergie pour y parvenir. C’est là qu’on comprend aisément pourquoi, à travers le monde, les cultures et les civilisations, la lutte est le modèle le plus classique et traditionnel de l’être humain. Nous revenons à un modèle beaucoup plus naturel que la frappe, voire même que les systèmes basés sur la boxe. Même si tout le monde sait donner des coups, il est encore plus simple et protecteur de s’approcher et de saisir son adversaire.

Si nous reprenons l’histoire de la Luta Livre, il est compréhensible d’avoir développé une forme qui cherche à être dominante avec des techniques de guillotine ou de clefs de jambes. Cela s’explique par la filiation naturelle avec la Lutte, mais aussi par le fait de pratiquer torse nu. Bien sûr, il existe également des spécialistes de la garde dans les compétitions no-gi, mais comme l’a souligné Melqui Galvao, pour se préparer aux ADCC, c’est surtout le travail debout et le passage de garde qui sont importants.

De nos jours, grâce au grand pas en avant réalisé par Danaher dans la communauté du BJJ no-gi, le travail depuis le dessous pour chercher les clefs de jambes a permis de fusionner la culture des clefs de jambes avec celle des guardeiros.

La lutte gréco-romaine, bien que difficile et exigeante physiquement, représente véritablement l’essence même de l’art du combat. Même si, de nos jours, il est normal pour nous de plonger vers les jambes, la plupart des néophytes auront naturellement tendance à vouloir contrôler les bras et la tête de leur adversaire. C’est pourquoi la forme Judo est en quelque sorte une forme de Gréco en gi.

Et vous, qu’apprenez-vous des néophytes qui pratiquent vos disciplines ?

Ne prenez ce qui est bon et juste pour vous.

Be One.

Pank

#LutaLivre #ArtMartial #Jiujitsu #Judo #CatchWrestling #BJJ #BrésilianJiuJitsu #Guillotine #Ogoshi #Lutadors #Combat #NoGi #ADCC #Danaher #Guardeiros #LutteGrécoRomaine #Judo #Enseignement #Apprentissage

Laisser un commentaire